« L’ECOLE DE LA CONFIANCE » DE BLANQUER EST LIBERALE ET AUTORITAIRE

vendredi 22 février 2019
par  PY

Rappelons que « l’école de la confiance » est basée sur le gel de point d’indice depuis 10 ans, les fermetures de classes voire d’écoles, l’explosion des effectifs...
Mais la loi Blanquer n’est pas qu’une loi fourre-tout de plus teintée d’annonces gadgets et rétrogrades (présence des drapeaux dans toutes les classes). Elle incarne une volonté de transformer le service public d’éducation en un système d’éducation libérale et autoritaire, renforçant les inégalités sociales et entre les territoires.

Art. 1 : Volonté de museler les personnels

L’article 1 du projet de loi est une tentative de museler les personnels pour s’attaquer à leur liberté d’expression au titre de l’exemplarité et d’une prétendue « atteinte portée à l’institution ». Cette mesure est probablement anticonstitutionnelle et démontre que « l’école de la confiance » passe par l’intimidation, les sanctions et le mépris de nos droits fondamentaux et le délit d’opinion. « L’école de la confiance » c’est le droit de licencier pour ses opinions comme chez Amazon.

Scolarisation obligatoire à 3 ans : un alibi pour financer le privé

La scolarisation obligatoire à 3 ans prévue par l’article 3 n’est pas une mesure progressiste. En effet, plus de 98% des enfants de cette tranche d’âge sont déjà scolarisé-e-s. L’article 4 de la loi prévoit le financement des écoles maternelles privées dès 3 ans par les collectivités territoriales, ce qui représentera un transfert de plus de 100 millions d’euros au secteur privé. « L’école de la confiance » c’est toujours plus de fric pour le privé.

Former une élite, financée par le privé

L’Art. 6 institue des établissements publics locaux d’enseignement international, qui pourront bénéficier de subsides privés et de l’UE. Ces établissements (1 par académie) prépareront à l’option international du bac et permettront donc aux plus privilégiés d’accéder aux grandes écoles. « L’école de la confiance » est élitiste et inégalitaire.

Dans la continuité de la réforme territoriale : poursuite des fermetures d’écoles

Un amendement adopté (article 6 quater) prévoit désormais la création « d’établissements publics des savoirs fondamentaux ». Les collectivités territoriales auront désormais la possibilité de regrouper les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles situées dans « le même bassin de vie ». Après les regroupements d’écoles, il s’agit d’une étape de plus vers la fermeture de 2.000 écoles rurales.
Ce projet est en cohérence avec le projet de réforme des directions d’écoles. Les enseignant-e-s des écoles seraient placé-e-s sous l’autorité hiérarchique de la direction du collège. « L’école de la confiance » est celle de la pénurie budgétaire.

Assistant-e-s d’éducation : bas salaire et casse des statuts

L’article 14 du projet de loi prévoit que les assistant-e-s d’éducation qui préparent les concours de l’enseignement pourront se voir confier des tâches d’enseignement. SUD éducation refuse catégoriquement cette évolution, pour plusieurs raisons :
- elle conduit à un renforcement de la précarisation de l’éducation nationale, avec la création d’un sous-statut de professeur-e ;
- elle s’inscrit dans un projet de casse du concours et du statut, avec la mise en œuvre d’une formation destinée à déboucher sur un recrutement direct par les chef-fe-s d’établissement ;
- elle décline une forme inédite d’austérité budgétaire, avec une rémunération de l’heure de cours scandaleusement basse. « L’école de la confiance » est celle du précariat généralisé.

Reprise en main autoritaire de la formation

Parallèlement, la loi prévoit la reprise en main par le ministère de la formation des enseignant-e-s avec l’établissement d’instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPÉ). Ces « instituts » dont les directeurs et directrices ne seront plus désigné-e-s par les enseignant-e-s mais par l’autorité rectorale traduit le tropisme autoritaire de cette réforme et la volonté d’imposer les dogmes ministériels en matière pédagogique dès la formation.
SUD éducation revendique au contraire la titularisation immédiate de tous les personnels, et un recrutement sur concours avec une entrée progressive dans le métier avec le statut de fonctionnaire. Dans ce cadre, SUD éducation revendique une formation initiale et continue de qualité des enseignant-e-s, respectueuse de la liberté pédagogique et s’appuyant sur les échanges entre pairs.

Des évaluations... sauf pour Blanquer

Suppression du CNESCO, instance impartiale chargée d’évaluer l’efficacité des politiques édu-catives. Blanquer aurait-il peur d’être lui-même évalué ?
Pour se soustraire aux évaluations, il remplace le CNESCO, par le CEE qui aura pour mission de faire des synthèses des différents travaux d’évaluation ; et pour l’indépendance, on repassera, les membres du CEE sont choisis par le ministre...
Une fois encore l’expérimentation sera possible pour des aspects « pédagogiques ou horaires », en clair une inégalité territoriale de plus dans la formation qu’offre le service public d’éducation. De plus, avec l’article 9 le ministre se créée un outil d’évaluation politique en dehors de toute indépendance. Son but : valider les choix libéraux et autoritaire. « L’école de la confiance » sera totalitaire.

La confiance par ordonnance

L’article 18 de ce projet de loi permet au gouvernement de légiférer par ordonnances sur les Conseils académiques et départementaux de l’Éducation nationale. C’est dans ces conseils que l’administration est obligée d’informer personnels et associations de parents d’élèves des projets concernant la carte scolaire. Il est vraisemblable qu’une modification par voie d’ordonnance changera largement la composition et les attributions de ces instances de manière à enlever une épine dans le pied des DASEN et des rectorats. Alors que la fusion des académies semble ponctuellement écartée, le ministre aura la possibilité de le faire par ordonnance.

En somme, cette loi est d’une grande cohérence. Elle articule l’autoritarisme du gouvernement et du ministre de l’Éducation nationale avec leur dogme libéral.
À l’opposé de ces réformes délétères du système éducatif, SUD éducation revendique une école laïque, égalitaire et émancipatrice pour toutes et tous, ce qui suppose avant tout un plan massif d’investissement pour l’école et les recrutements à hauteur des besoins.


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