après le 24 novembre

vendredi 11 décembre 2009

En grève le 24 novembre, et après ?

Force est de constater que la journée du 24 novembre a été un demi-échec. Le contraire eût été étonnant : elle avait été conçue, par la FSU, comme une traditionnelle journée budgétaire (dans la routine syndicale, ces journées rythment l’année avec la même régularité lénifiante que les jours fériés et autres fêtes patronales).
Sud éducation avait accepté de se joindre à cet appel à la seule condition que des AG de grévistes soient organisées afin de débattre des suites à donner au mouvement.
Qu’en est-il ressorti ? La situation a été très variable selon les départements :
- dans certaines villes, on a pu assister à des jonctions avec les postiers en grève ou avec les lycéens ;
- dans d’autres, on n’a pas pu dépasser le stade de la sinistre procession catégorielle (même si, par endroits, les bureaucrates faisaient des efforts d’imagination pour tenter de déguiser un enterrement en un rassemblement festif).
Des AG ont pu se tenir un peu partout. Elles ont certes permis de débattre, mais n’ont abouti à aucune proposition concrète d’extension ou de radicalisation des luttes. Et pour cause : pour étendre une lutte, pour la radicaliser, encore faut-il qu’elle existe !
Or, cette journée du 24 novembre nous imposait ses propres limites : une grève décidée d’en haut, à froid, sans réelle préparation sur le terrain. Il n’est pas étonnant que les propositions émanant des AG qui se sont tenues ce jour-là aient été dérisoires : votation citoyenne, états généraux de l’Éducation, etc.
Nous devons en tirer les leçons :
- ne nous laissons pas prendre au piège de l’unité syndicale de façade avec des organisations syndicales qui ont déjà commencé à négocier des miettes avec le pouvoir (sur la réforme des lycées, sur la mastérisation, etc.) ;
- démarquons-nous du scoutisme citoyenniste qui tente de faire croire qu’il suffit d’envoyer une carte postale ou de glisser un bulletin dans une urne pour faire reculer le pouvoir ; non seulement ces « actions » sont inefficaces, mais elles visent à empêcher toute lutte réellement offensive.
La Fédération des syndicats Sud éducation
- réaffirme que seule une grève générale interprofessionnelle permettra d’empêcher la destruction délibérée des services publics ;
- appelle à organiser des assemblées générales pour construire progressivement un vrai rapport de forces .

La lutte appartient à celles et à ceux qui la mènent !


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