L’enseignement Professionnel à la casse !

mardi 29 janvier 2008

Xavier DARCOS nous avait prévenus dès sa nomination : "l’Éducation nationale peut faire mieux avec moins de personnels". Ce sont donc 11 200 emplois qui doivent être supprimés dès la rentrée de septembre 2008 (dont 8 800 postes d’enseignants), puis 20 000 chaque année jusqu’à la fin du quinquennat !
Pour tenir ces objectifs budgétaires, tous les moyens sont bons et tout le monde devra "passer à la caisse" ! Dans notre secteur, souvent sollicité pour expérimenter les réformes qu’on hésite à généraliser (l’annualisation du temps de travail des enseignants par exemple), ça passe par l’extinction progressive des classes de BEP et la généralisation d’un nouveau bac professionnel en 3 ans censé remplacer l’actuel cursus de 4 années (2 années de BEP, puis première et terminale Bac Pro).
Cette réforme dont la mise en place est programmée sur les trois prochaines années devrait permettre en effet de réaliser de substantielles économies : une année d’étude supprimée, ce ne seront pas moins de 25% des postes d’enseignants en section professionnelle qui vont disparaître !
Pour pallier la suppression du BEP et proposer une "porte de sortie" aux élèves qui n’auraient pas la possibilité de "décrocher" le Bac Pro, il est prévu d’augmenter le nombre de CAP. Une « bonne affaire » de plus pour les caisses de l’État puisque aucune création de postes n’accompagnera cette mesure (c’est l’apprentissage, donc le secteur privé, qui est censé prendre le relais) et qu’on économisera les dépenses relatives à l’organisation des examens (contrairement au BEP, le CAP se prépare en contrôle continu). Décidemment, il n’y a pas de petits profits !
Malgré les efforts du ministère pour tenter de nous vendre son projet, cette nouvelle réforme n’a aucune espèce de justification pédagogique. Au contraire, elle méprise totalement les intérêts de nos élèves, qui comptent souvent parmi les plus défavorisés et qu’on sacrifie sur l’autel de la rigueur budgétaire.
Aujourd’hui, la moitié de nos jeunes ne vont pas jusqu’au bac professionnel. Ils entrent en première année de BEP, le plus souvent orientés par défaut et après avoir connu de vraies difficultés au collège. Ils ont besoin de prendre confiance en eux et de retrouver une place qui les valorise dans le système scolaire. Cela demande de la part des enseignants un travail long et un an au moins est nécessaire. La poursuite d’études post-BEP permet en outre à certains de se réorienter pour enfin trouver leur voie.
L’insertion professionnelle de ces jeunes dépend, on le voit, de la qualité de la formation générale et professionnelle qui leur a été donnée. Comment la maintenir en diminuant le parcours scolaire d’un an ? Et que vont devenir les élèves qui parviennent difficilement à obtenir leur BEP ?
Parmi ceux qui décrochent finalement le bac pro actuel, en quatre ans, 20% ont redoublé une fois et ont donc eu besoin d’une cinquième année pour réussir. Comment feront-ils avec un diplôme ramené à trois ans ?


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