Bulletin hebdomadaire du 1er juin 2012

vendredi 1er juin 2012

1- Annulation de la journée de stage intersyndical RESF :

Malheureusement, faute de participants annoncés, la journée de formation syndicale du 5 juin avec RESF, prévue dans le Nord-Isère, n’aura pas lieu. Nous le regrettons bien sûr mais ne perdons pas espoir de pouvoir reproposer ce type de stage prochainement.

2- Expulsion des Roms : le PS plus fort que l’UMP !

A Saint-Martin-le-Vinoux, dans la banlieue grenobloise, le Conseil Général de l’Isère (dirigé par M. Vallini et à majorité socialiste) a fait expulser d’une maison lui appartenant, par la police, le mardi 29 mai au matin trois familles roms (14 personnes dont des enfants) qui l’habitaient depuis dix huit mois.

Cette maison ainsi que cinq autres avait été "rachetée" par le Conseil Général de l’Isère dans le cadre du projet pharaonique d’une rocade de contournement de la ville de Grenoble, projet abandonné vu son coût de réalisation et était donc vide jusqu’à l’installation des trois familles roms expulsées le 29 mai.

Il faut souligner aussi les conditions particulièrement ignobles du "rachat" de ces maisons sous la pression ("si vous ne vendez pas maintenant vos maisons ne vaudront bientôt plus rien...") maisons que certains de leurs propriétaires, pas spécialement fortunés, ont quitté en larmes et tout ça pour rien.

Alors que ces familles n’avaient pas été inquiétées jusque là il pourrait sembler curieux de constater qu’une telle décision soit prise alors qu’un président soi-disant de gauche vient d’être élu.

Il est également curieux de constater, alors que jusqu’ici les élus locaux de gauche à de très rares exceptions s’étaient avec acharnement défaussés sur l’Etat et le préfet, la rapidité avec laquelle cette décision a été prise.

L’expulsion d’un camp de l’agglomération grenobloise est également prévue la semaine prochaine. Aujourd’hui l’Etat c’est eux, quelle excuse vont-ils bien pouvoir trouver ?

Le changement c’est maintenant, le PS est effectivement en avance sur le calendrier traditionnel de l’été.

3- Eliminer la mauvaise Grèce...

Christine Lagarde a provoqué vendredi 25 mai un véritable tollé en conseillant aux Grecs, dans un entretien au quotidien britannique The Guardian, de « s’entraider mutuellement" en "payant tous leurs impôts". Mme Lagarde, a encore une fois perdu l’occasion de se taire. Car il nous faut préciser que la directrice générale du Fond monétaire international (FMI) ne paie elle-même pas d’impôt sur le revenu, malgré un salaire annuel de 380 939 €... Mme Lagarde bénéficie en effet d’un statut fiscal spécifique en qualité de fonctionnaire internationale. Tous ses revenus et traitements issus du FMI ne sont pas imposables. Cette situation est définie par les articles 34 et 38 de la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques qui affirment que "l’agent diplomatique est exempt de tous impôts et taxes, personnels ou réels nationaux, régionaux ou communaux".

Ça c’est dit...

Pour aller un peu plus loin, un petit rappel des faits. Il nous paraît, pour commencer, plus que nécessaire de rappeler le rôle de la France et de l’Allemagne (avec le concours des marchés boursiers) dans les problèmes actuels de la Grèce. Ils n’ont eu de cesse de faire augmenter le prix des dettes de la Grèce à un niveau intolérable. Depuis trois ans, la Grèce a donc subi les programmes d’austérité les plus punitifs jamais implantés en Europe depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Il serait de bon ton également de ré-expliquer qui sont les grecs « qui ne paient pas d’impôts et que c’est mal et qu’il faut que ça change ». Pourquoi est-ce que la Grèce est devenue le maillon faible de la zone Euro ?

La réponse se trouve dans l’histoire de son développement. Le renversement de la junte militaire, « le régime des Colonels », en 1974 marque la fin d’un cycle répressif qui avait commencé avec la guerre civile de 1946. (On peut même remonter encore plus loin, au régime de Metaxas à la fin des années trente). Malgré ce changement majeur, les fondations sociales de l’ancien régime sont demeurées largement en place. Il n’y a alors pas d’État providence en Grèce, le niveau des salaires y est désespérément bas et les conditions de travail sont très répressives. La syndicalisation était pour ainsi dire impossible dans le secteur privé et les syndicats officiels dans le secteur public étaient sous forte contrainte. La Grèce a aussi connu une « modernisation » capitaliste particulièrement brutale. Le pacte social qui a régit les gouvernements grecs dans l’immédiat après guerre a exclut la classe ouvrière et la paysannerie et reposait sur la petite bourgeoisie : les entreprises familiales, les professionnels indépendants et depuis les années soixante, les petits propriétaires du secteur touristique en développement à l’époque.

C’était la base des partis conservateurs qui ont été aux affaires dans les années cinquante et soixante ; elle s’est vue offrir des avantages au détriment des autres couches de la société, dont des exemptions de taxes ou l’accès aux postes du secteur public. C’est grâce à ce contrat que la structure de classe grecque s’est singularisée dans l’espace européen : l’ampleur de la petite bourgeoisie a fait que c’est seulement dans les années soixante-dix que les salariés y sont devenus majoritaires. Reste qu’à l’époque, une des principales caractéristiques du pays est le faible développement de la structure fiscale et la faiblesse du système de protection sociale.

Quand la Junte a quitté le pouvoir, le chômage avait pris des proportions énormes et était devenu chronique. Les défaillances du modèle existant étaient devenues évidentes. Si l’ancien régime avait pu contenir les tensions et les conflits, ce n’était plus possibles sous le nouveau gouvernement démocratique. Le gouvernement conservateur de 1974 a commencé à introduire des compromis sociaux et le PASOK (équivalent du PS actuel en France) qui a pris le pouvoir en 1981 a poursuivi et étendu ces réformes. Le maigre État providence a été quelque peu élargi : un système national d’assurance santé a été introduit, les salaires et les pensions ont été largement augmentés, les services publics ont été étendus aux campagnes, le système d’éducation a été élargi. Le PASOK a aussi introduit de nouvelles législations progressistes concernant la syndicalisation et a réformé les universités. Dans les années quatre-vingt, la Grèce développait un État social-démocrate alors qu’ailleurs en Europe, les gouvernements prenaient le virage néo libéral. Toutefois, le PASOK des années quatre-vingt n’a pas modifié les piliers fondamentaux du vieux compromis social. Non seulement le grand capital mais même les couches modérément riches et les classes moyennes n’ont pas subit le poids de l’impôt. Le PASOK a, en fait, ajouté la sociale démocratie à la vieille structure sociale et a financé les réformes grâce aux fonds d’ajustement de l’Union européenne. Le gouvernement a tenté de contrôler les budgets à diverses reprises mais il s’est frappé à l’inévitable héritage de la dette publique apparue avec le développement de la plus généreuse phase sociale démocrate qui avait aidé le pays à se sortir de décennies d’autoritarisme et de sous développement.

Christine, une simple précision à ta déclaration t’aurait certainement évité le ridicule. Si seulement tu avais demandé aux « grecs riches » de payer leurs impôts...
Ce simple épithète aurait suffi, venant de ta part, à notre bonheur.


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