Bulletin hebdomadaire du 15 juin 2012

dimanche 17 juin 2012

« Il y a pire que de braquer une banque, c’est d’en fonder une. » Bertolt Brecht.

1.Geneviève Fioraso et la L.R.U, une illustration du changement, c’est maintenant mais pas tout de suite, enfin…jamais.

Nous sommes un peu chagrin, un brin cynique et l’ambiance d’apaisement général prônée par le nouveau président, nous irrite. Certains gobent ses promesses comme ils goberaient des flans, ce n’est pas notre cas.

Il faut dire qu’il a su s’entourer, et que parmi les maîtres de l’illusion il a choisi une collaboratrice de premier ordre, Mme Fioraso, en charge depuis la révolution de velours, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Il faut l’avouer en toute modestie, nous n’aurons pas, la concernant, la paternité du taillage de costard. La visionnaire équipe du Postillon (journal acide et de qualité distribué dans l’agglo Grenobloise) est passée par là avant nous. Mais une interview accordée récemment par l’élue iséroise au quotidien Le Monde a réveillé notre instinct iconoclaste. Cet entretien est révélateur du grand tour de passe-passe de la perestroïka hollandaise.

Le titre choisi par les deux journalistes du quotidien : Geneviève Fioraso : "La loi sur l’autonomie a été un leurre total" est plutôt accrocheur .On se dit elle va régler son compte à la L.R.U et aux immondices posés par Valérie Pécresse dans l’enseignement supérieur mais au bout de quelques lignes, un vilain arrière-gout vient gâcher tout notre plaisir.

Pas question de revenir sur l’autonomie des universités. On va faire autrement mais on va faire autonome. Madame Fioraso évoque la nécessité de concertation mais il y a fort à parier que sur ces bases-là, on sera loin du compte. Aujourd’hui 8 universités sont en faillite, la part des étudiants issus des classes populaires a chuté de quatre points entre 2007 et 2011.

Et que dire des ANR et AERES*, agences d’évaluation de la recherche et qui ont multiplié les dérives clientélistes, assumant la mise en concurrence des chercheurs et des disciplines, mettant en péril quelques-unes d’entre elles en se comportant comme des cabinets d’audits. Pour Mme Fioraso ce n’est pas un problème, ces officines n’ont pas fonctionné par manque de moyens mais elle ne remet pas en cause l’essence de leur mission.

Cette manière d’envisager l’enseignement supérieur en dit long sur la volonté farouche de M. Hollande et de son équipe à combattre le néo-libéralisme dont la L.R.U est un avatar.
La mobilisation des étudiants québécois contre la dérégulation des universités est là pour nous le rappeler. L’augmentation des frais de scolarité est le corollaire du désengagement de l’Etat. Il n’y a pas de moyens termes dans la marchandisation de l’enseignement. Les socialistes poursuivent ainsi la logique dans laquelle ils se sont inscrits en ratifiant le traité de Lisbonne et en donnant leur agrément aux accords de Bologne.

A ce tarif-là ceux qui espèrent que le changement c’est maintenant, vont devoir se retrousser les manches car ils n’obtiendront que ce qu’ils prendront.

*Agence nationale de la recherche (ANR), Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres)

2. Le soleil brille, allons pique-niquer !

La Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants vous invite à un Grand Pique-nique solidaire et partagé en solidarité avec les demandeurs d’asile et les sans papiers :

Mercredi 20 juin 2012 18H30-21H30 Place de Verdun à Grenoble

-  18h30 : accueil (stands, expos, premiers contacts….)

-  19h : prises de parole au nom de l’ensemble des organisations, du syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans papiers, de l’intersyndicale 38 CGT/FSU/SOLIDAIRES/ /UNEF /UNL…

-  19H45 : expressions musicales, Combatucada, Chorale des Barricades…

Ce grand pique-nique est un moment fort de solidarité avec les étrangers victimes d’une politique inhumaine et totalement inacceptable.

Tous ensemble, nous rappellerons la volonté exprimée par le président d’une "une autre politique migratoire" respectant "la dignité de tous les êtres humains". Elle impose la refonte du CESEDA. Il serait dès lors inacceptable que des hommes, des femmes, des enfants continuent à être expulsés sur la base de textes hérités du sarkozysme et promis à la corbeille très vite.

Pour le rétablissement d’un véritable droit d’asile, pour la régularisation des étrangers demandeurs d’un titre de séjour… le changement, c’est maintenant !

3. Va ta faire voir chez les grecs !

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Xavier Gorce dessine dans Le Monde. Interpellé par un lecteur au sujet de ce dessin, il répond que « la part de responsabilité de la situation n’incombe pas qu’au système ou aux élites grecques : c’est toute la société qui vit au-delà de ses moyens, qui travaille au noir ou biaise avec l’impôt. Les plus riches certes – et donc les plus responsables – mais aussi l’ensemble des citoyens… ou je suis très mal informé. »

Mal informé certainement. Regrettable de la part d’un dessinateur avec une aussi bonne place dans le quotidien du soir...

Car non, les Grecs ne passent pas leur temps à glander. Et tous les Français n’ont pas non plus un béret et une baguette sous le bras. Ils bossent dans des conditions souvent plus difficiles que nous, ou s’ils ne bossent pas, c’est qu’ils passent leur temps à chercher du boulot en vain.

Dans sa réponse, le passage sur la société qui « biaise avec l’impôt » est tout à fait caractéristique de ce que tentent de nous faire gober les médias capitalistes, valets des riches qui les détiennent pour la plupart. Nous en avons déjà parlé dans notre Bulletin Hebdomadaire du 1er juin, ce dessin vient démontrer une fois de plus que les mythes perdurent... quand ils viennent justifier les nécessaires cures d’austérités visant principalement les plus fragiles.

Les salariés en Grèce, aussi bien du public que du privé, ont toujours payé leurs impôts, eux. Il est également important de noter que le niveau d’imposition indirecte, particulièrement injuste, est l’un de plus élevé en Europe (le taux standard y est de 23% aujourd’hui).

Par contre (et cette information n’est visiblement pas arrivée aux oreilles de notre gribouilleur), l’exemption et l’évasion fiscales ont toujours été l’apanage du capital. Concernant l’évasion fiscale, c’est l’essentiel du problème (contrairement à ce qu’on laisse souvent entendre...), et l’Etat ferme systématiquement les yeux dessus. Les exemptions d’impôts touchent légalement, aussi bien les agriculteurs que les armateurs. Quant aux impôts sur les sociétés, déjà faible, il a drastiquement diminué avec les politiques néolibérales poursuivies avec acharnement depuis le milieu des années 1990.

C’est donc tout ce modèle socio-économique qui s’effondre aujourd’hui. Mais la fainéantise intellectuelle de la majeur partie des journalistes pourrait, si nous n’y prenons pas garde, nous faire croire que ces fainéants-roublards de Grecs sont tous responsables.


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