Bulletin hedomadaire Isère du 28 juin 2013

lundi 1er juillet 2013

1- Zéro de conduite

La fédération Sud éducation ainsi que des syndicats locaux, dont le nôtre, ont été saisis par des candidats au concours de professeur des écoles ayant eu une note de 0/20 lors de l’épreuve d’entretien. Ce n’est pas une blague, vous ne rêvez pas ! Un jury peut coller un 0... et même plusieurs puisque les cas ne sont pas restés marginaux. C’est certainement là que le bât blesse. Ces jurés n’ont pas éliminé de dangereux individus à la moralité douteuse. Ceux-là, à en juger par les affaires sordides qui ont émaillé notre profession, savent passer sous les fourches caudines et sont parfois très bien vus par notre hiérarchie.

Nos malheureux ex-futurs collègues ont sans doute dérogé à cette fameuse compétence « Agir en fonctionnaire éthique et responsable ». Autrement dit ils n’ont pas offert les garanties de servitude suffisante. Ils ne seront pas des fonctionnaires dociles, disposés à avaler les inepties des inspecteurs qui changent de casaque à chaque élection.

Le pire est sans doute la participation de collègues à cet écrémage, car les jurys sont composés outre d’incurables inspecteurs, de conseillers pédagogiques et d’IMF qui sont, rappelons-le, « des collègues ». C’est donc de leur éthique qu’il faudrait s’inquiéter car leur participation aux basses œuvres de la hiérarchie les éloignent de la solidarité de classe à laquelle ils devraient se tenir.
Souvenons-nous en outre des conséquences désastreuses de ce dégommage de jeunes collègues comme en témoigne le dramatique suicide qui a endeuillé notre académie il y a deux ans.

Nous le disons franchement, nous soutiendrons ces collègues sans conditions et nous nous rangerons toujours du côté de ceux qui subissent la férule des chefaillons et des censeurs en tout genre.

2- Collèges de Pont-de-Claix (Plateforme chimique) : Une fusion, une fission, et... L’explosion !

« Le pire n’est jamais certain ! » se plaît à déclarer Mme Lesko, Directrice académique de l’Isère. Cette petite chronique du quotidien des collègues des Iles de Mars cette année désavoue encore une fois ces propos. A vous de juger mais, pour les masochistes, sachez qu’il n’est pas trop tard pour demander un poste là-bas.

Le constat :

La fusion des collèges Moucherotte et Iles de Mars, décidée en 2012 par la Directrice académique et qui prévoyait que leséroulentest un échec. Ni les moyens promis ni leur mise en oeuvre ne sont à la hauteur.

En effet, depuis la rentrée de septembre 2012 :

- Les personnels de direction (principal et principal adjoint) sont pratiquement toujours sur le site du collège Moucherotte, tout comme le CPE que les élèves croisent lors de la pause méridienne quand il vient se restaurer...

- Seul le directeur de SEGPA a gardé son bureau sur le site Iles de Mars, mais, celui-ci étant très souvent en mission hors de l’établissement, il ne reste souvent plus aucun responsable administratif sur le site du collège des Iles de Mars.

- Tous les personnels administratifs se trouvent sur le site Moucherotte (secrétaire, intendante, loge,…)

- Les tracasseries matérielles se rajoutent à cela : Il est difficile d’avoir des crédits pour la photocopieuse, des ramettes de papier, des feutres pour tableaux, car tout est fermé !

- Il n’y a plus de personnel d’accueil sur le site Iles de Mars.

Les conséquences :

- Lorsque l’incendie de la haie du logement de fonction du directeur de SEGPA s’est déclenché, il a été éteint par un AED, un agent de service et un enseignant... Les pompiers, eux, n’ont pu accéder au foyer d’incendie, car personne dans l’établissement Iles de Mars ne possède les clés du portail ouvrant aux logements de fonction...

- Le nombre d’incivilités se multiplie. Pour exemple, certains élèves s’amusent régulièrement à déclencher les alarmes à incendie (Record de huit en une seule journée ! Livre des records en vue, ça c’est la bonne nouvelle...). Bien sûr, aucune fiche de recensement des élèves n’est relevée après ces alertes puisqu’aucun responsable administratif.

- Le jour où une adolescente est trouvée inconsciente dans la cour, aucun personnel de direction présent. C’est une enseignante ayant suivi une formation de secourisme qui a géré les premiers soins au lieu de prendre sa classe. Là encore, impossibilité d’ouvrir le portail à proximité de l’élève. Les pompiers ont dû passer par un portail plus éloigné, ce qui a retardé les secours. Enfin, aucune possibilité d’imprimer les renseignements sur l’élève demandés par les pompiers, l’imprimante de la vie scolaire ne fonctionnant pas depuis le début de l’année.

- Ce sont donc seuls que, la plupart du temps, les AED assurent, du mieux qu’ils peuvent, la surveillance et la sécurité sur le site Iles de Mars, sans avoir forcément compétence et autorité pour ce faire.

- Certains conseils de classe se sont déroulés sans personne de la direction (CPE, directeur ou principal)

- Les carnets de correspondances ne sont plus demandés à l’entrée (volonté du chef d’établissement pour ne pas faire de différence entre les 2 sites...). Du coup, les élèves peuvent rentrer et sortir comme dans un moulin.

- Des parents énervés sont rentrés dans le collège des Iles de Mars sans problème, allant même jusqu’à interrompre le cours d’un professeur. Il a fallu attendre la moitié de l’année scolaire pour avoir un visiophone à l’entrée du site.

- Dernièrement, un enseignant de SEGPA a été agressé physiquement, menacé de viol et de mort par un élève. C’est la justice qui s’est occupé de l’élève, aucun conseil de discipline n’a eu lieu à ce jour... et le principal a dit qu il n’en ferait pas car « il n’a pas le temps » (sic)

- Dégradation importante des conditions de travail : Les enseignants multiplient les allers-retours entre les deux sites (et l’hiver fut long cette année !) pendant les temps de pauses (récréations, repas), entraînant ainsi des difficultés pour se rencontrer, communiquer, travailler en équipe, …

La conclusion :

Une situation plus qu’alarmante... les enseignants de la SEGPA, qui ont pourtant un long passé commun, voient les effets néfastes de la mauvaise gestion des élèves et souffrent de se sentir en permanence en insécurité. Finalement, l’autre bonne nouvelle (pour ceux qui suivent) c’est que leur profil de poste s’est sacrément enrichi : gendarme, surveillant, agent d’accueil, pompier, secouriste, …
Récemment et à leur demande, quatre enseignants de la SEGPA, accompagnés de délégués syndicaux, ont été reçus en audience par l’adjoint de la Directrice académique pour discuter de ces dysfonctionnements.

Aujourd’hui, la plupart des enseignants souhaitent la convocation d’un CHSCT pour régler tous ces problèmes de sécurité. Car au final, si aucun drame ne s’est produit cette année au collège des Iles de Mars ce n’est certainement pas grâce aux responsables administratifs compétents en la matière.
Une chose est certaine pour les personnels, rentrer dans ces conditions en septembre prochain n’est pas imaginable.

3- « Vous ne mettrez plus vos enfants à l’école par hasard... »

Pour les quelques communes qui ont décidé de passer à la semaine de 4 jours ½ dès la rentrée prochaine, d’importants problèmes organisationnels se posent déjà. Rien n’a été anticipé, les budgets promis se font attendre... Pour parler franc, c’est le bazar.

Se rajoute à cela un fait que vous avez peut-être raté début juin. Bizarre, notre bon Ministre s’est bien gardé de tout tapage médiatique pour l’affaire suivante : le 7 juin 2013, un « accord cadre » a été signé entre l’Etat et TOTAL pour un montant de 16,7 millions d’euros. Rien que ça.

La majeure partie des fonds que TOTAL engage est consacré à « l’accompagnement des jeunes par des structures associatives », « le développement du recrutement ».

Mais le plus drôle ce sont les 4 millions d’euros qui « assureront le développement d’activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré ». * Tiens tiens...

Celles et ceux qui pensent encore que cette réforme est une question de « rythme de l’enfant » ont certainement un paquet d’actions chez le pompiste. Pour nous, c’est une preuve de plus de tout ce que nous avancions pendant la lutte de cet hiver : cette réforme est une attaque contre le service public d’éducation, une porte d’entrée aux entreprises qui lorgnent sur un marché juteux (nos gamins), aidé par l’Etat et les collectivités locales. Merci le changement !


Il n’est bien sûr pas question de perdre espoir. Nous vous parlions récemment de l’ assemblée générale des personnels enseignants et communaux qui, à Paris, a rassemblé 1000 personnes ! C’est bien le signe que malgré les choix de nos politiques, la résignation n’est pas d’actualité. Nous devons également, dans toute l’académie, être convaincus que cette soit disant réforme-pour-respecter-le-rythme-de-l’enfant peut encore être foulée au pied et organiser la lutte !

*source : http://www.total.com/fr/groupe/actualites/actualites-820005.html&idActu=2997&xtor=RSS-1


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