Bulletin hebdo Isère du 4 octobre 2013

vendredi 4 octobre 2013

1- Temps d’accueil dans les écoles :

Comme nous vous l’annoncions il y a quinze jours, nous avons rencontré aujourd’hui M. Bouteille, DASEN-adjoint de l’Isère qui représentait le Recteur d’Académie. Nous demandions audience afin que le Rectorat apporte des éléments quant à sa manière de tenir compte des temps d’accueil du matin et de l’après-midi. En effet, nous passons chaque jour 10 minutes le matin (à 8H20), 10 minutes en début d’après-midi (à 13H20) pour l’accueil des élèves.

- Pour celles et ceux d’entre nous qui travaillent 4 jours, cela fait 80 minutes hebdomadaires, soit un total de 48 heures par année scolaire.

- Pour les autres, passés à la semaine de 5 jours, ce temps passe à 90 minutes hebdomadaires ce qui fait 54 heures par an.

D’abord surpris de nous voir mettre sur la table un tel dossier, M. Bouteille a été forcé d’entendre que si nous demandions éclaircissement à ce sujet ce n’était pas seulement par esprit tatillon mais bien parce que :

- il est toujours demandé plus aux collègues et que les pressions hiérarchiques se multiplient,

- le problème de la responsabilité en cas d’accident d’un élève sur ces temps reste en suspens,

- nous considérons qu’il s’agit d’un temps de travail et, qu’à ce titre, il doit être rémunéré.

Nous avions pour nous l’expérience de nos camarades de Sud éducation Paris qui ont saisi le Tribunal Administratif sur cette question. Ce même tribunal a estimé que ces temps d’accueil n’étaient pas suffisamment encadré par les textes. Le DASEN parisien lui-même a avoué à un représentant sudiste que Sud éducation avait « levé un lièvre ». Bien embêté, ce même DASEN a passé le relais au Ministère de l’Education Nationale (MEN).

Nous attendons donc, bien sûr, des nouvelles du MEN...

Les seules réponses qu’a pu nous faire le Rectorat de Grenoble aujourd’hui sont les suivantes :

- nous avons confirmation que ces temps d’accueil ne rentrent effectivement pas dans les obligations de service,

- le Rectorat compte sur la conscience professionnelle des enseignants (NDLR : ça ne coûte pas trop cher et ça rapporte gros),

- il doit y avoir moyen d’effectuer des bricolages au sein des écoles pour que les collègues s’y retrouvent...

- adressez-vous aux collectivités locales ! On parlait de « patate chaude » il y a quinze jours, ça n’a pas raté.

- notre démarche est un tantinet "couarde" et ne va pas dans le sens de l’école qu’il faut construire pour un glorieux XXI ème siècle. (Le terme « glorieux » n’a pas été prononcé, il reflète simplement notre analyse objective des propos qui nous ont été tenus).

2- Grève contre les « rythmes scolaires » :

Nous vous faisons part ci-dessous du communiqué de presse des personnels grévistes d’Aubervilliers hier 3 octobre. Il reflète à nos yeux assez bien le climat dans lequel se trouve certaines communes. Il sert également de contre-point à tous ceux (Ministres, syndicats, élus PS, …) qui nous disent que tout va bien.

Les enseignant-es d’Aubervilliers ont été massivement en grève, jeudi 3 octobre (95% de grévistes sur la ville). Ils et elles demandent la suspension de la réforme des rythmes scolaires sur Aubervilliers.

Grâce à cette forte mobilisation et avec le soutien des parents d’élèves, des ATSEM, personnels territoriaux et animateurs de la ville, nous avons été reçus par le maire d’Aubervilliers.

Celui-ci n’a apporté aucune réponse à nos demandes légitimes que ce soit sur les problèmes de locaux scolaires ou bien sur cette organisation absurde qui livre les élèves, déjà épuisés, à des rythmes infernaux,détériorant leurs conditions d’apprentissages et compromettant leur sécurité.

Le directeur académique de la Seine Saint-Denis qui a reçu l’intersyndicale des enseignant-es dans l’après midi a indiqué qu’il n’avait pas le pouvoir de suspendre la réforme sur la ville mais qu’il en réfèrerait au ministre, dès ce soir, et qu’il informerait rapidement les enseignant-es des résultats de cet entretien.

L’ensemble des participant-es (parents, enseignant-es, ATSEM, animateurs-trices...) réunis en assemblée générale de ville jeudi soir, a décidé de maintenir la pression sur la municipalité d’Aubervilliers et sur le ministère de l’Education Nationale en organisant, à partir de demain, vendredi 4 octobre, des blocages d’école et des rassemblements bruyants. Nous restons déterminé-es et demandons toujours la suspension de la mise en place de la réforme à Aubervilliers.

Aubervilliers, le 3 octobre 2013,

L’intersyndicale CGT’éduc’action, SNUDI FO, SNUIPP/FSU, SUD éducation des enseignant-es d’Aubervilliers.

3- T’APC en CLIS ?

Les nouveaux horaires des écoles à 4 jours et demi ont poussé les familles, les collègues et les élèves à se réorganiser. Pour les CLIS cela a rajouté un aller-retour en en taxi et a influé sur les temps de prises en charges des partenaires de soin (SESSAD, CMPP, ...).

Certains collègues de CLIS nous ont fait part de petites « pressions hiérarchiques » pour faire aussi les APC dans leurs écoles, alors petite mise au point...

Les APC ont remplacé les heures d’aide personnalisée que les collègues faisaient l’année dernière (ceci est rappelé dans les note de servie de rentrée des circo).

Nous rappelons que les enseignant de CLIS ne les faisaient pas, comme d’ailleurs les animations pédagogiques... Ces collègues peuvent s’y inscrire mais il n’y a pas d’obligation.

Ces 60 heures d’aide personnalisées ont été divisées en deux : 36h en APC et 24H en concertation d’équipe. En tout état de cause aucun IEN ne peut obliger les enseignants de CLIS de faire des heures qu’ils ne doivent pas faire... Seules restent les 24H de conseil des maîtres et les 6h de conseil d’école.

Le texte de référence (circulaire n° 2009-087 du 17-7-2009) donne un cadre à l’utilisation des 108h pour les enseignant-es de CLIS : "En tout état de cause, le temps consacré par les maîtres des CLIS à la concertation, aux travaux en équipe pédagogique, aux relations avec les parents ou aux participations aux conseils d’écoles est fixé à 108 heures annuelles, soit une moyenne de 3 heures hebdomadaires").

4- Chasse aux migrants : Valls à pas de Guéant !

Communiqué de la CISEM - Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants.

Un an et demi après l’arrivée du nouveau gouvernement, les organisations membres de la CISEM* ont désormais les moyens de tirer un bilan clair de la politique engagée en matière d’immigration. Celui-ci est atterrant. Non seulement la situation des personnes sans-papiers ne s’est pas améliorée, mais sur bien des points, elle s’est même encore dégradée en termes d’hébergement et de logement, de scolarisation, de maintien de plus en plus épuisant de familles, de couples et d’isolés dans l’attente.

Pour ce qui est des conséquences de la circulaire Valls, le bilan local fait apparaître très peu de régularisations, que ce soit pour les familles ayant des enfants scolarisés ou pour les travailleurs. La préfecture continue de multiplier les entraves, souvent illégales, au dépôt des dossiers, et il y aurait 8 à 9 mois de retard dans leur traitement. Les personnes sans papiers sont ainsi ancrées dans des situations d’immense précarité et d’insécurité, et doivent multiplier les démarches (comme le passage au tribunal administratif pour gagner le droit de franchir chaque étape de dépôt et de suivi de dossier). Quant aux autorisations de séjour pour « étranger malade », même quand les personnes sont très gravement malades, elles sont de moins en moins renouvelées, et le refus est très souvent accompagné d’une obligation de quitter le territoire (OQTF).

La situation de l’hébergement est également catastrophique. En Isère, l’action concertée de la Préfecture et du Conseil général envers les étrangers porte ses fruits, créant une situation sans précédent.

L’enveloppe attribuée à l’hébergement par le Conseil général a été revue à la baisse et décision a été prise de sortir des chambres d’hôtel 500 personnes sur 600. Le Conseil général « recentre ses missions » sur les situations les plus cruciales et n’hébergera plus qu’une centaine de personnes. Le suivi social des familles a, de façon générale, été réduit à peau de chagrin. Le Conseil général prétend ainsi inciter l’État à prendre le relais et à assumer ses responsabilités.

La Préfecture, en guise de relais, a annoncé qu’elle hébergerait, humanité oblige, mais seulement les personnes en situation régulière. Après avoir prolongé le dispositif d’hébergement hivernal de quelques mois, elle a fini par annoncer fin juin la fermeture presque totale des structures restées ouvertes, ce qui signifie la remise à la rue d’environ 600 personnes de plus. Une forte mobilisation militante a certes permis d’obtenir une rallonge budgétaire début juillet. Mais ça n’a pas empêché la préfecture de vider progressivement les centres d’hébergement.

Ainsi, tout l’été, nous avons été témoins du harcèlement subi par les sans-papiers : distribution massive d’OQTF, présence policière dans les centres d’hébergement, régime de la terreur destiné à les inciter à fuir. On voit se mettre en place, avec la distribution d’assignations à résidence, un nouveau système de rétention « à domicile »... En cette rentrée scolaire, nous ne pouvons même plus compter les chaises vides dans les classes laissées vacantes par des enfants qui suivent leurs familles expulsées, en fuite ou cachées pour échapper à la police. Pendant ce temps, les expulsions de campements de Rroms continuent.

La « gauche » gouvernementale n’a donc pas rompu avec la politique pratiquée ces dernières années. Elle mène au contraire une action cohérente à diverses échelles (État, collectivités territoriales) visant clairement à terroriser les personnes sans-papiers, à les épuiser et, à terme, à renvoyer le plus possible d’étrangers dans leur pays. Le chiffre record de 38 200 reconduites à la frontière a été atteint pour l’année 2012, et il n’inclut pas les expulsions dans les DOM, ni les personnes qui ont fui le harcèlement en quittant d’elles-mêmes la France.

Cette politique inhumaine ne respecte ni les droits fondamentaux, ni bien souvent la légalité elle-même. Qui plus est, elle nourrit un climat xénophobe et fait ainsi le jeu de l’extrême-droite.

Plus que jamais, la CISEM est décidée à se battre pour soutenir les étrangers migrants en Isère, et appelle à une large mobilisation pour faire reculer les politiques xénophobes qui menacent à terme nos droits à toutes et tous.

Grenoble, le 28 septembre 2013.

* Cisem 38 c/o CIIP Maison des Associations 6 bis, rue Berthe de Boissieux, 38000 Grenoble, Tel / fax : 04 76 87 59 79, Mail : cisem.isere@gmail.com

Les organisations de la CISEM :

Associations : AC ! Agir contre le chômage - APARDAP - CIIP - CSRA (Collectif de soutien aux réfugiés algériens) - Collectif La Patate Chaude - Ligue des Droits de l’Homme - RESF 38

Syndicats : PAS 38 (Pour une Alternative syndicale) - Solidaires 38 - Syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans papiers

Organisations politiques : Europe-Ecologie/Les Verts - Les Alternatifs - NPA - Parti de Gauche - PCF - PCOF

Soutiens : FSU 38 – Ras l’Front 38


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