Stage les 30 et 31 janvier 2014 à Paris "Subvertir les pratiques pédagogiques"

Quelle école : pour qui ? Pour quoi ?
mercredi 20 novembre 2013

Les 30 et 31 janvier 2014 se déroulera la troisième édition de la formation syndicale dédiée aux pédagogies alternatives et aux syndicalismes d’émancipation, organisée conjointement cette année par SUD éducation Paris et 92, la CNT et sa revue N’autre école, l’ICEM et le site Questions de classe(s). Cette formation sera placée sous le signe de la subversion des pratiques pédagogiques. L’occasion de se poser des questions totalement oubliées en cette période de « refondation » : quelle école : pour qui ? Pour quoi ? (en fin de mail et en PJ nous vous proposons le texte d’introduction de ce stage)

Un numéro de la revue N’Autre école (revue de la CNT) émanera de ce stage, rédigé en collaboration avec Q2C, SUD éducation 92 et les participants au stage. Nous proposons d’ailleurs à celles et ceux qui souhaiteraient s’impliquer dans ce projet au-delà du stage, d’organiser une demie journée de débriefing. Cette rencontre pourrait s’organiser le lendemain matin (afin de faciliter la présence des personnes venant de loin) ou le mercredi suivant (pour se laisser un peu de recul). Vous pouvez d’ores et déjà nous faire savoir si vous seriez intéressé par cette perspective, et votre préférence pour l’une des deux dates.

Le stage aura lieu à la Bourse du travail, 3 rue du château d’eau à Paris, métro République, dans la salle Jean Jaurès. Il est ouvert à tous, personnels de l’éducation, titulaires ou non, syndiqués ou pas.

Nous avons droit à 12 jours de formation syndicale par an, fractionnable à volonté (une journée minimum).

Ce type de stage permet de créer du collectif, quand parfois on se retrouve bien isolé dans son établissement ; de rencontrer des militants pédagogiques et syndicaux ; de remonter le moral parfois mis à rude épreuve. L’occasion également d’échanger sur ses pratiques pédagogiques, de réfléchir ensemble, bref, de se prendre un temps de formation que l’Education Nationale ne permet plus.

Il est donc important de profiter au maximum de ces formations syndicales.

Toujours dans ce souci de créer du lien, mais également pour des raisons financières évidentes, il est possible pour celles et ceux qui le désirent d’être hébergé-e-s par des militants sur Paris ou sa banlieue. Précisez, au moment de votre inscription auprès de nous, si c’est le cas. Enfin, les conducteurs qui auraient des places à proposer, peuvent nous indiquer dans le même mail le nombre, le trajet et des coordonnées. Nous centraliserons les offres et mettrons les camarades en relation.

La demande doit être faite au plus tard un mois avant le stage, soit avant les vacances de Noël (n’attendez pas !) par la voie hiérarchique, auprès de l’autorité compétente (recteur, inspecteur d’Académie…). Par ailleurs, nous vous remercions de nous informer de votre inscription à l’adresse suivante :
organisationstage@pase.fr
, afin d’avoir une estimation du nombre de participants.

A défaut de réponse expresse au plus tard le quinzième jour qui précède le stage, le congé pour formation est réputé accordé. Les décisions exceptionnelles qui le refuseraient doivent être motivées par les nécessités de fonctionnement du service et communiquées avec le motif à la commission administrative paritaire qui suit.

L’administration ne peut exiger ni convocation ou autre document, ni information sur l’objet de ce stage.

PDF - 56.5 ko
Demande de stage

Enjeu de pouvoir et de luttes entre des intérêts contradictoires, l’école - n’en déplaise à ceux qui rêvent de sa « sanctuarisation » - est le reflet de notre société : dérives autoritaires, arrestation et fichage de sans-papiers, marchandisation, intrusions publicitaires, reconduction et légitimation des inégalités sociales...

L’école et la pédagogie au service de qui et de quoi ?

Pour certains, c’est un gisement financier encore trop inexploré. Mais c’est aussi une entreprise de promotion de valeurs et de comportements (de soumission, d’individualisme et de consommation). Ces stratégies s’affichent ouvertement (les cours de soutien privés) mais avancent aussi de manière plus insidieuse : injonctions économiques, discours et pratiques pédagogiques mieux à même de répondre aux « nouvelles exigences » patronales (compétences, « employabilité », etc.). Pour ne pas en être les complices involontaires ou, pire, impuissants, nous devons les comprendre et les combattre. Non pas en suivant le vent réactionnaire qui souffle sur l’école... ce serait faire peu de cas de cette réalité, déjà dénoncée par Célestin Freinet : « l’école est fille et servante du capitalisme ». Si l’on réalise combien l’école se prête à cet investissement par le libéralisme, « on en vient aussi à se demander si le mode de gouvernement néolibéral ne doit pas beaucoup à la logique scolaire […] et aux modalités de gouvernement qui ont été développées et perfectionnées au sein de l’institution scolaire. » Avec « son » École, Ferry ne déclarait-il vouloir « clore l’ère des révolutions » ?

Alors, quelles pratiques voulons et pouvons-nous mettre en place ?

Si l’école n’a pas seulement été un lieu de domination mais a pu œuvrer à une certaine émancipation, c’est parce que « le choix d’une éducation libératrice des classes dominées s’inscrit, bien sûr, dans une histoire collective : ce choix ne peut émerger que parce qu’on développe avec d’autres, et pas seulement des enseignants, l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent. » Que ces efforts et ces tâtonnements soient aujourd’hui détournés par ceux-là même qu’ils entendaient combattre (ainsi, la Chambre de commerce de Paris propose une filière de formation des managers se revendiquant des techniques Freinet), doit-il nous conduire à abandonner toute ambition de travailler « l’intérêt, la participation, l’activité, la créativité de l’élève » ? Au-delà de la récupération de formules jumelles, il ne s’agit certainement pas du même projet. Et on ne voit pas que le dogme transmissif lié au capitalisme « d’avant » (encore bien présent !) soit préférable pour les élèves ni qu’une école autoritaire prépare à la démocratie.

Pédagogie et transformation sociale : pratiques de terrain

La pédagogie, définie comme « l’ensemble des conditions de développement qui permettent à un individu d’accéder à la conscience des rapports sociaux qui le déterminent. », doit nous inviter à mettre en place des dispositifs qui développent des recherches actions autour d’une école :
· à participation collective,
· tissant des liens avec l’extérieur,
· mettant en avant la production de différents langages (corporels, oraux, écrits)
· dans laquelle l’intervention des acteurs sociaux (parents, assos de quartier...) va de soi
· et qui rompt avec l’idée qu’il n’y a que l’école qui produit du savoir.

« La pédagogie n’étant jamais neutre, nos pratiques seront ce qu’elles sont en fonction de choix : préparer les jeunes à occuper leur place dans la société ou les préparer à la transformer en transformant déjà le plus petit et le plus proche. Ce choix se fait tous les jours ; parfois, à propos de détails. Mettre en place des dispositifs qui permettent aux dominés de prendre la parole, organiser des cours en partant des intérêts des élèves, chercher à les outiller au mieux, c’est faire aussi autre chose que du pédagogique. C’est faire du « social » et du politique, au sens fort du terme. Celui qui contient l’idée d’un projet de société vu dans sa globalité et à l’intérieur de conflits entre les classes, les peuples, les sexes, les générations. C’est en prenant parti dans ce conflit, sur le plan personnel et collectif, que l’éducation se définit. »


Ni « réacpublicains » ni « pédabobos », syndicats de lutte et mouvements pédagogiques ont vocation à engager le débat et explorer des pratiques avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer l’ordre social et scolaire.

Charlotte Nordmann, « À propos de La Nouvelle école capitaliste, Peut-on défendre l’école sans la critiquer ? La Revue des livres n° 2 novembre – décembre 2011, repris dans Changer l’école. De la critique aux pratiques, collection N’Autre École, Libertalia (à paraître).

Jacques Berchadsky, Actes de lecture n° 109 mars 2010.

D’après (le texte a été légèrement remanié syntaxiquement) Noëlle De Smet, Au front des classes, face à la classe, aux côtés des élèves, dans les luttes sociales, Noëlle De Smet, Couleur livre et Cgé, coll. L’école au quotidien, 2009.

Pistes avancées lors du stage de Gennevilliers d’avril 2013 organisé par l’AFL, N’Autre école, Questions de classe(s), Sud éducation et CNT éducation.


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