Bulletin Hebdo Isère du 18 avril 2014

mercredi 30 avril 2014

1- Rythmes scolaires : Trente maires écrivent à Benoît Hamon :
Nous sommes actuellement en train de préparer un courrier intersyndical à destination des Maires de l’académie de Grenoble afin de leur demander de s’opposer à la mise en place du décret Peillon dans leur commune comme déjà plus de 2300 communes l’ont décidé au niveau national.
Nous vous transmettrons rapidement ce courrier finalisé.

En attendant, dans de nombreuses communes, ce sont les Maires eux-mêmes qui interpellent le nouveau Ministre, Benoit Hamon. Voici ci-dessus, leur courrier :

Monsieur le Ministre, revenez sur la réforme des rythmes éducatifs !
Appel publié dans L’Humanité du 7 avril.

Monsieur le Ministre,
Vous venez d’être nommé ministre de l’éducation nationale dans un contexte difficile pour la gauche. En répondant aux attentes populaires, en portant une refondation de l’école au service de la réussite de tous, vous pouvez donner un nouveau souffle à la gauche. Dès maintenant, vous pouvez faire un geste fort pour montrer que vous avez entendu la déception et la colère des enseignants, des parents et de l’ensemble des acteurs de l’éducation : revenez sur la réforme des rythmes éducatifs imposée par le précédent gouvernement.
Cette réforme ne permet pas de répondre aux aspirations de nos concitoyens à une éducation ambitieuse pour leurs enfants. Cette réforme n’est tout simplement pas une réforme de gauche.

En tant que maires, nous sommes confrontés aux difficultés et aux contradictions de cette réforme. Malgré l’engagement des habitants de nos communes, des élus, de l’ensemble des acteurs de l’éducation et du loisir éducatif nous ne pouvons trouver une manière satisfaisante de l’appliquer. C’est pourquoi nous vous demandons de ne pas nous en imposer l’application à la rentrée 2014. Le chantier de la réflexion sur les temps éducatifs doit être réouvert dans une clarification des spécificités et des fonctions de chaque espace, dans le dialogue et la négociation avec l’ensemble des acteurs concernés.
Nous en sommes convaincus, l’école de la réussite de tous doit se faire durant le temps scolaire obligatoire assuré par l’éducation nationale. C’est la condition de l’égalité sur tout le territoire national. Au contraire, la réforme des rythmes éducatifs favorise la territorialisation de l’éducation et porte en elle l’accroissement des inégalités entre les communes et donc entre les enfants du pays. Elle installe la confusion entre les missions du service public d’éducation nationale et celles du périscolaire, la concurrence entre les enseignants et les animateurs, au détriment de la qualité de l’éducation apportée à nos enfants.

Elle prétend œuvrer pour que tous les enfants aient accès à un loisir éducatif de qualité. C’est une belle ambition, mais que cette réforme ne permet en rien de réaliser. Elle fait en effet du temps périscolaire un substitut aux heures d’écoles supprimées par la droite. Or, les loisirs éducatifs sont un domaine spécifique, différent de l’éducation scolaire. Enseignant et animateur sont deux métiers distincts qui ne doivent pas être mis en concurrence.
En outre, sur ce plan du loisir éducatif aussi, la réforme des rythmes entérine les inégalités entre les communes. D’autant qu’elle nous est imposée à l’heure où les collectivités ont de plus en plus de difficultés à établir leur budget pour faire face aux besoins et aux attentes d’une population touchée par la crise.
Dans nos villes, nous agissons et continuerons à agir pour assurer à tous les enfants l’accès à un loisir éducatif de qualité et leur permettre de se construire dans un environnement culturel riche. Pour assurer l’égalité sur tout le territoire, c’est à l’État d’intervenir : à partir de ce que font déjà les communes, construisons ensemble un grand service public national déconcentré du loisir éducatif.
Depuis des mois, nous échangeons avec la population de nos villes sur cette réforme. Nous en retenons trois choses : le grand attachement de nos populations au caractère national de l’éducation scolaire et à la réussite de leurs enfants, leur « non de gauche » à la déstructuration libérale de l’éducation qu’on veut nous imposer, et la richesse de leurs propositions pour construire enfin l’école de la réussite de tous. Entendez-les !

2- Mal-formation :
Nous vous en avons déjà parlé dans ce bulletin hebdo, nous revenons aujourd’hui encore sur le nouveau joujou du Ministère : M@gistère !
Former les enseignants sans dépenser un centime ? C’est possible.
Former les enseignants à distance ? Tous et toutes à vos ordinateurs ! C’est la nouvelle recette miracle... Cela s’appelle M@gistère (avec un arobase dans le mot, ça fait moderne) et c’est à la pointe du progrès pédagogique selon l’Education nationale.
En terme de com’, on fait aussi dans le moderne : « la formation des enseignants connait une nouvelle orientation dite « hybride » (NDLR : gloups...),mêlant temps présentiels et distanciels »

M@gistère, le nouveau plan de formation arrive ! Les maîtres mots de cette réforme de la formation sont liberté et innovation. Les grands principes du Ministère. Si on gratte un peu, on découvre vite que liberté signifie liberté dans un cadre bien rigide : le cadre de l’école libérale... Pour l’innovation, on y verra une manière de former les professeurs sans que cela ne coûte un centime de plus.
M@gistère c’est quoi ? Une formation numérique à distance « tutorée et interactive ». Pour les enseignants du primaire cela signifie que 9 heures sur les 18 consacrées aux animations pédagogiques (qui parfois ne sont ni animées, ni pédagogiques, mais ça c’est un autre débat) devront être dédiées à des formations sur l’outil numérique. L’enseignant se connecte du lieu de son choix (Liberté on vous dit !) et a accès à des modules de formation proposés par les IEN, en fonction de l’évaluation des besoins qu’ils ont fait pour leur circonscription.
Notre formation continue est non seulement un droit que nous entendons défendre, mais elle est aussi la condition nécessaire à l’exercice de notre métier. Avec ce nouvel épisode, on devine plus clairement la vision pour l’éducation tracée par l’OCDE, la Commission Européenne et le Medef, sans ambition, aux projets minimalistes, bridés par l’austérité.
Nous voulons du changement ? Il va falloir retrousser nos manches et par nos luttes obtenir satisfaction, pour une école égalitaire et émancipatrice.
Pour finir sachez que dans un département, un IEN a envoyé à tout-e-s les directeur-rice-s de sa circonscription la liste de celles et ceux, qui à ce jour, ne se sont pas encore connectés à M@gistere, juste pour signaler qu’on les connaît, qu’on a les noms de ceux qui ne se sont pas connectés... édifiant !

3- Pout toi le jeune, un métier d’avenir : esclave !

Depuis plusieurs jours, de nombreuses personnalités du monde économique se prononcent pour une évolution du SMIC. Le 2 avril, Pascal Lamy* (voir notre BH de la semaine dernière), une voix très écoutée par les socialistes, n’a pas hésité à déclarer qu’il trouvait « qu’à ce niveau de chômage il faut aller vers davantage de flexibilité, et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au SMIC. »
Pierre Gattaz, patron du Medef, n’est pas homme à laisser traîner un nonoss pareil ! Ce mardi 15 avril, c’était donc son tour de réclamer une réforme du SMIC. Il s’est prononcé pour « l’instauration à titre temporaire d’un salaire transitoire inférieur au salaire minimum ».
Plus surprenante, l’intervention sur Twitter de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, visiblement en quête de rédemption, qui juge que « proposer un salaire en dessous du SMIC s’apparente à une logique esclavagiste ». Pas mieux !
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*D’ailleurs, en passant, bon-week-end !


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