Bulletin Hebdo Isère du 12 septembre 2014

mardi 16 septembre 2014

1- On vous l’avait bien dit !
Vous ne l’avez peut-être pas vu passé début juillet, mais la DEGESCO (Direction générale des affaires scolaires) a remis à B. Hamon au moment de sa prise de fonction un « dossier », pour le tenir informé de l’état du ministère et des politiques en cours. Et ben c’est pas fameux fameux...
Sur le budget et les postes, c’est éclairant. Enfin, ce sera éclairant pour qui accorde peu de crédit au discours syndical que nous tenons depuis le début du processus dit de « refondation » ; pour les autres il ne s’agira que de confirmations.
La DEGESCO explique ainsi que les postes créés ne permettent pas de faire face à la croissance démographique et à la restauration d’une année de formation professionnelle. Elle confirme qu’en 2013, les « créations de postes » n’ont eu aucun effet sur le ratio entre nombre d’enseignants et nombre d’élèves. Elle prévoit qu’en 2014 cela va être encore pire ! Dans le secondaire l’équivalent de 1 000 emplois en heures supplémentaires sont prévus pour faire face aux besoins non satisfaits par des postes. Et la baisse continue des crédits de fonctionnement au primaire se poursuit, avec en première ligne les frais de déplacements.
Sur le quinquennat, la DEGESCO explique que la programmation de + 60 000 postes prévue par la loi de « refondation » ne sera pas réalisée (quelle surprise !). Il manquera 3 200 postes de professeurs des écoles. Dans le second degré c’est le recours aux contrats précaires qui essaiera de colmater les manques mais cela ne suffira même pas : d’ici 2017, pour simplement maintenir le taux d’encadrement, il faudrait dans le secondaire 11 608 emplois supplémentaires alors que seulement 6280 sont financés. Rien n’est prévu pour faire face à l’accroissement du nombre d’élèves en termes de postes de surveillants, CPE, infirmier-es, etc. Au passage, on a confirmation que le ministère a l’intention de créer un statut à part pour les directeurs et directrices d’école, avec dès 2015 des emplois de direction au primaire.
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la réforme des rythmes scolaires dans les écoles, dont la mise en œuvre se généralise en cette rentrée, avec des effets qui sont déjà connus : conditions de travail dégradées, élèves toujours plus désorientés et fatigués, inégalités accrues. L’exemple de Nice est peut-être caricatural, il n’en est pas moins parlant : le maire UMP/droite extrême Estrosi a tarifé le périscolaire à 15€/mois et par enfant, sans progressivité ni quotient familial.
Rien dans la réforme Peillon/Hamon/Vallaud-Belkacem ne l’interdit... Vive la justice sociale.

2- Salaires : Les professeurs des écoles français sont sous-payés, selon l’OCDE
En France, on croyait le salaire des enseignants proportionnel à leur ancienneté. Il est aussi proportionnel… à l’âge des élèves. L’OCDE, dans son panorama annuel, Regards sur l’éducation, paru mardi 9 septembre, a mis au jour cette loi étrange qui veut qu’un maître du primaire gagne 30 % de moins qu’un professeur de lycée.
« Pour la première fois, nous avons pu disposer des documents pour établir nos statistiques sur le salaire réel des professeurs, c’est-à-dire la somme inscrite au bas des feuilles de paye », indique Eric Charbonnier, expert à l’OCDE.
Cette fois, les calculs montrent que « le salaire moyen des professeurs des écoles français est de 17 % inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE alors que celui des professeurs de collège se situe 3 % en dessous et celui des professeurs de lycée 2 % en dessous de cette moyenne »
Les mauvais esprits se réjouiront du fait que moins payer les enseignants permet d’économiser de l’argent public ! Sans corréler directement les deux indicateurs, l’organisation internationale note que « les systèmes performants sont aussi ceux qui offrent des salaires élevés à leurs enseignants, surtout dans les pays au niveau de vie élevé ».
Voilà une réponse sudéducationesque à faire à votre chef s’il vient vous bassiner avec les mauvais résultats aux tests PISA : « file nous du pognon, tu verras ça ira mieux ! »

3- Ils bloquent nos salaires mais augmentent leurs dividendes de 30%
30,3% exactement... C’est l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires des grands groupes et des banques françaises entre 2013 et 2014. La crise pour une majorité d’entre nous, le pactole pour les autres !
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Le gavage continue. Les capitalistes continuent à se gaver sur le dos des salariés et chômeurs. Comme si nous n’en avions déjà pas les preuves concrètes et quotidiennes par la dégradation de nos conditions de travail dans tous les secteurs, des services publics, etc.
Comme toujours, en France, quelques irréductibles gaulois résistent à la crise et à ses prétendues inéluctables conséquences... Les grands groupes français côtés en bourse ont donc augmenté leurs dividendes de 30,3% au deuxième trimestre sur un an, pour un total de 40,7 milliards de dollars. Un record européen pour un patronat toujours plus arrogant !
Nous trinquons, ils s’enrichissent. La hausse des dividendes versés aux actionnaires n’est malheureusement pas une situation isolée ou fortuite mais bel et bien le résultat d’une politique économique soutenue également par le gouvernement. En accordant plusieurs mesures fiscales favorables au patronat, le gouvernement refuse indéniablement de protéger l’emploi, les salariés, et choisit sa classe.

4- Le mot de la semaine : phobie.
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Exemple manifeste de phobie des femmes.

Phobie, n.fem. : Du grec ancien phobos (φόβος), frayeur ou crainte. Ce mot désigne dans la langue courante une peur démesurée d’un objet ou d’une situation précise, par exemple l’herpétophobie* (peur des serpents et autres reptiles), l’arachnophobie (peur des araignées), la poulpophobie (peur du poulpe), l’Omophobie (peur d’une lessive qui en aime une autre) ou encore, chez certains dignitaires du PS, l’impôtphobie (peur de payer ses impôts).
Les conséquences d’une phobie sont très diverses : troubles mentaux persistants, prurit, démission du gouvernement, cris stridents, … ou tout à la fois.
On notera toutefois que le terme de « phobie » ne peut s’appliquer aux inspecteurs car ils ne doivent pas être craints.

* Sud éducation, le syndicat qui vous apprend des mots.

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