Journal Académique N°46

mardi 1er avril 2008

PDF - 181.6 ko
Journal Académique N°46

ROME NE S’EST PAS FAITE EN UN JOUR

Voilà trois ans que le Médef roule dans la farine les représentants des grandes centrales syndicales sur la question « de la pénibilité du travail ».
Il ne reste qu’une réunion le 21 avril, et tout le monde est d’accord pour dire que les discussions n’auront abouti à rien ! Fini maintenant d’amuser la galerie, les choses sérieuses vont pouvoir recommencer : le passage aux 41
annuités de cotisation pour tous. Et tant pis pour ceux que les conditions de travail font crever dix ans avant les autres : ils n’avaient qu’à mieux travailler à l’école ! Qu’ils ne comptent pas sur les inspecteurs du travail pour faire respecter les consignes de sécurité et autres protections. On tolère déjà qu’ils
soient quelques milliers (on vient d’en saquer quatre, juste après leur formation) pour s’occuper de millions de travailleurs.
Mais maintenant, s’ils veulent faire sérieusement leur job, et sanctionner le non-respect par la quasi-totalité des patrons de ce qu’il reste du code du travail, où va-ton ?
Nos prisons ne sont-elles pas assez pleines ? Non, il est clair qu’il faut arrêter de brider le potentiel de notre pays avec toutes ces lois et règles forcément rétrogrades qui empêchent les patrons de toutes natures (privées et
publiques) de traiter leurs salariés comme bon leur semble.
Ce qui est en train de se profiler à l’horizon, c’est un retour au XIXe siècle. Surexploiter sans entrave quand la conjoncture est bonne, licencier comme on veut quand cette dernière se retourne et devient moins profitable.
Le nouveau contrat de travail qui facilite les licenciements est une première étape. Nous sommes persuadés que le patronat n’en restera pas là. Il a compris qu’il valait mieux agir par paliers, surtout qu’il sait pouvoir compter, à
chacun de ceux-ci, sur l’appui des principaux syndicats. Et le fait que dans le grand orchestre de la collaboration sociale, chaque instrument ne joue pas la même partition ne change rien à l’affaire. Au contraire, toujours laisser l’illusion que l’un d’entre eux (le plus souvent la CGT, mais quelquefois FO, plus rarement la CFDT), au moment du solo, pourrait jouer un autre air. Il faut reconnaître que chaque fois cela se termine par un couac. La preuve : face au passage annoncé aux 41 années de cotisation pour la retraite, nos grands machins représentatifs ne proposent que des manifs un samedi (le
29 mars.) Une sorte de service minimum en grand, appliqué à soi-même.
Quant à l’Education nationale, c’est pareil. Les suppressions de dizaines de milliers de postes et la fin des garanties statutaires programmée via le rapport Pochard vont transformer les enseignants en véritables galériens des préaux.
Jusqu’à maintenant, la riposte n’a donné lieu qu’à quelques journées de mobilisation, isolées les unes des autres, sans cohérence.
Soyons clairs : il n’est même plus nécessaire de faire le détail de ce que pourrait devenir le métier d’enseignant demain si nous étions dans l’incapacité de résister au véritable tsunami qui s’annonce.
Le truc, c’est de faire faire le même travail avec à terme (quatre ans maximum) 80 000 enseignants en moins. Il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour se rendre compte que la charge de travail de chacun des survivants ne pourra être que considérablement alourdie.
Il faut que nous coûtions moins cher, tous les secteurs de l’Education nationale sont visés (primaire, secondaire, technologique etc.) tout en continuant à bourrer le crâne de nos chères petites têtes blondes
(recentrage sur les savoirs soi-disant fondamentaux, dans le primaire notamment).

Comment réagir ?

Face aux enjeux et à la détermination de nos dirigeants, il n’y a pas cinquante solutions. Il va falloir se réapproprier les moyens de la lutte et ne plus gaspiller notre temps si l’on veut refroidir les ardeurs de ceux qui se voient en fossoyeurs de l’école publique. Il n’y a rien d’étonnant à
ce que les établissements les plus touchés, souvent installés dans les zones les plus déshéritées (notamment le 93), aient réagi les premiers. En se jetant dans la bataille et en n’hésitant pas à recourir à la grève reconductible, ces collègues nous indiquent la voie à suivre.
Qu’attendons-nous pour rejoindre les milliers d’élèves, souvent issus des filières techniques, qui n’hésitent pas à descendre dans la rue pour crier leur rejet des économies que l’on s’apprête à faire sur leurs dos ?
Suivons ces exemples pour aboutir à une vraie mobilisation qui refusera toutes les suppressions de postes et exigera le maintien de la totalité des moyens ainsi que le retrait de toutes les pseudos réformes. Sur ces bases, créons un mouvement d’ampleur nationale et imposons le rapport de force nécessaire pour stopper le rouleau compresseur néolibéral.
Voilà l’objectif que doivent se fixer tous ceux pour qui ce que l’on nous prépare est intolérable.
Nos sages anciens savaient que : « Nihil novi sub sole ».


Agenda

<<

2018

 

<<

Décembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      
Aucun évènement à venir d’ici la fin du mois

Statistiques

Dernière mise à jour

jeudi 13 décembre 2018

Publication

669 Articles
Aucun album photo
Aucune brève
4 Sites Web
13 Auteurs

Visites

53 aujourd’hui
107 hier
199409 depuis le début
5 visiteurs actuellement connectés