Bulletin mensuel Haute Savoie octobre 2015

mardi 13 octobre 2015
par  Laure

Au sommaire :

*Mobilisation des AVS-AESH le 4 novembre
*Luttes à l’ESPé
*Évaluations CE2

AVS-AESH – Mobilisation nationale le 4 novembre 2015 : en grève pour revendiquer la titularisation de tou-te-s dans le cadre d’emplois statutaires !

Le sigle change, la précarité reste ! Le décret du 27 juin 2014, créant les contrats d’Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap (AESH) n’a apporté de solution satisfaisante ni pour les personnels, ni pour les élèves et parents d’élèves concerné-e-s. En dépit d’une demande sociale forte, la professionnalisation annoncée n’a été qu’un feu de paille.

L’essentiel des contrats sont à temps partiel, au prétexte que les élèves n’ont pas 35 heures de cours ; or, le temps de travail des AESH ne prend pas en compte le temps de préparation et de concertation.
Les contrats AESH sont annualisés  : 1607 heures réparties sur 39 à 45 semaines.
Les salaires sont scandaleusement bas : entre 590 et 940 euros pour les années de CDD à temps partiel !
Seules les années effectuées sous contrat AESH sont prises en compte pour la CDIsation, ce qui fait que les personnels accompagnants peuvent attendre 8 à 11 ans avant d’espérer un CDI, et subissent en attendant les pressions liées à la crainte du non-renouvellement.
La formation diplômante annoncée n’est toujours pas mise en place.

Par ailleurs, dans une logique d’austérité budgétaire, le nombre des accompagnant‑e-s d’élèves en situation de handicap est très insuffisant pour couvrir les besoins des élèves et la majorité de ces acccompagnant-e-s est toujours en Contrat unique d’insertion (CUI). Les CUI ont en effet le double avantage d’être moins cher pour l’employeur – qui touche des subventions sur ces contrats – et de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage ! Or, ces personnels subissent des conditions de travail intolérables, et l’employeur va toujours plus loin dans l’inacceptable.
Ainsi, dans la plupart des académies, les CUI se voient imposer des services de 24 heures payés 20 heures, sous prétexte de faire rattraper les vacances scolaires, ce qui est illégal. Par ailleurs, les personnels sous CUI sont loin de se voir systématiquement proposer un contrat AESH à l’issue de leur contrat aidé, supposé pourtant déboucher sur une « insertion » qui tient largement du mirage. Et parmi ceux qui bénéficient de ces nouveaux contrats AESH, beaucoup démissionnent plutôt que de se voir imposer l’annualisation et une dégradation des conditions salariales. En définitive, le résultat de cette « professionnalisation » annoncée est la multiplication des contrats pour une même mission : CUI, AESH et même AED !

La seule solution pour garantir l’égalité des droits pour les personnels, comme pour assurer des conditions d’apprentissages décentes pour les élèves en situation de handicap, est que les missions d’accompagnement d’élèves en situation de handicap ne soient exercées que dans le cadre d’emplois statutaires de la fonction publique.
SUD éducation revendique ainsi la titularisation immédiate et sans condition de tou-te-s les personnels actuellemet en poste AESH et AVS et l’arrêt du recrutement de personnels précaires pour couvrir ces missions.

Parce que la précarité des accompagnant-e-s est inacceptable pour eux et elles comme pour les élèves, parce que cette situation pèse sur les conditions de travail de tout le monde, la fédération SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à :
*organiser dans les départements des Assemblées générales des personnels, autant que possible dans un cadre intersyndical, pour organiser la journée de grève et de mobilisations du 4 novembre
*se mettre en grève le 4 novembre et se rassembler devant les DSDEN des différents départements
*poser des perspectives de construction et d’élargissement de la mobilisation, et élaborer des revendications unifiantes autour de l’enjeu de la titularisation de toutes et tous sans condition.

ESPé-rance : S’organiser pour sortir de la galère !

Vous l’ignorez peut-être mais l’ESPé déconne à fond… Si une formation préparant au métier d’enseignant et CPE est nécessaire, la mise en place des ESPé s’est réalisée à la va-vite et surtout avec un budget insignifiant au regard des besoins…

Alors que le ministère prétend garantir un parcours adapté à toutes et tous, en réalité cette réforme ne sera parvenue qu’à fragiliser un peu plus les jeunes enseignantEs et CPE en faisant peser principalement sur leurs épaules le poids de la formation : volumes horaires intenables, nouvelles certifications imposées, parcours de formation inadaptés… A cela s’ajoutent de nombreux dysfonctionnements qui ne font qu’aggraver les conditions de travail des enseignantEs et CPE stagiaires. Visiblement à l’Education nationale, il faut souffrir pour être forméEs.

A l’ESPé de Grenoble, de nombreux dysfonctionnements aberrants ont été constatés l’année dernière par les étudiantEs. Nous avons été contraintEs de passer à l’action par des journées de grève, perturbant le fonctionnement de l’ESPé durant plusieurs semaines devant l’autisme de l’administration, dans le simple but d’être réellement écoutéEs. Des améliorations ont pu être arrachées mais le bilan reste très mitigé.

Ne perdons pas de vue que des difficultés locales ne sont que le résultat d’une politique d’austérité visant à réduire les coûts et à soumettre l’Education nationale aux logiques du marché (ex : techniques managériales…).

La réforme d’autonomisation des universités, la réforme de mastérisation, la réforme de la formation du personnel d’enseignement, la territorialisation, la réforme du lycée et maintenant la réforme du collège 2016 ne sont qu’un ensemble cohérent afin de démanteler le service public d’éducation et le statut de fonctionnaire. La logique de ces réformes n’est évidemment pas dans l’intérêt des usagerEs, encore moins du personnel mais bien de réduire les coûts de fonctionnement. Leurs conséquences directes sont de baisser la qualité du service public, l’augmentation des inégalités à tous les niveaux et l’aggravation des conditions de travail.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est urgent de s’organiser collectivement et de contrer ces logiques capitalistes.

Vous trouverez en pièce jointe le tract complet.

Évaluation CE2 : le retour !

Après avoir rendu facultatives les évaluations nationales de CE1 et de CM2 mises en place sous la précédente mandature, le MEN a décidé de remettre en œuvre des évaluations diagnostiques obligatoires en début de CE2.
S’il y a donc obligation à faire passer ces évaluations, nous tenons à préciser que le protocole reste au bon vouloir de l’enseignant : choix des items, nombre d’items, … tout ceci sera décidé par les équipes pédagogiques. En aucun cas, vous ne pouvez recevoir d’injonctions d’IEN concernant ce protocole. De la même manière, aucune « remontée » des résultats n’est prévue par le texte encadrant ces nouvelles évaluations.
Pour SUD éducation ces évaluations sont incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous revendiquons. Avec cette disposition, le MEN introduit une pseudo liberté dans la mise en œuvre de évaluations, en prévenant par avance toutes les critiques de formatage et de restriction de liberté pédagogique, mais en vain car :

- On sait comment cette artificielle « liberté » va se traduire sur le terrain avec l’instauration d’un pilotage départemental ou de circonscription, accompagné de directives qui restreindront et contraindront les possibilités de choix des enseignants.

- Une fois de plus, aucun temps institutionnel spécifique n’est prévu pour la préparation, la correction et la collecte des résultats de ces évaluations.
Dans un contexte d’austérité budgétaire, où les RASED sont décimés, les effectifs des classes de plus en plus importants, ces évaluations censées remédier aux difficultés des élèves, ne servent qu’à stresser et stigmatiser socialement un peu plus les élèves et leur famille.

Cet outil contribue à la standardisation des pratiques de classe, à la restriction de la liberté pédagogique des enseignants et il instaure des outils de mesure de résultats qui permettent de mettre en concurrence les écoles, les enseignants et les élèves.

Si vous souhaitez recevoir le bulletin mensuel sur votre adresse perso, envoyez un mail à sudeduc74@sudeducationgrenoble.org


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