Bulletin Hebdo Isère du 27 mai 2016

mardi 31 mai 2016

1- La loi travail vue par les médias :

Le bras de fer continue entre le gouvernement et l’intersyndicale opposée à la loi « travail ». Parallèlement, la bataille médiatique fait rage tous les matins à la radio et sur les plateaux télévisés, dans les citations d’hommes politiques ou d’éditorialistes plus ou moins de bon goût... Le site ACRIMED (observatoire des médias) conclue cette semaine : « L’éditocratie unanime : haro sur les grèves ! »

((http://www.acrimed.org/L-editocratie-unanime-haro-sur-les-greves)

Tout y passe, de la classique « prise d’otages » (NDLR : comment nommer autrement ce que fait le Medef bien sûr) à la « radicalisation » (NDLR : ce bon vieux 49-3...) en passant par le « terrorisme social » osé par Le Figaro (NDLR : état d’urgence et tabassage en règle de manifestants, vous aviez compris). Les chiens de garde sont tenaces, nous aussi !

2- En Belgique aussi...

Marrant, les belges subissent en ce moment une réforme présentée par le ministre belge de l’Emploi Kris Peeters qui prévoit notamment l’annualisation du temps de travail avec la possibilité pour les entreprises d’imposer des semaines de 45 heures. La mobilisation de mardi 24 mai, à l’appel des deux confédérations syndicales FGTB et CSC, a rassemblé 80 000 manifestants dans les rues de Bruxelles. Ce n’est qu’une étape pour préparer un mouvement général d’ampleur nationale et unitaire à l’automne prochain. La FGTB appelle d’ores et déjà à une grève nationale le 24 juin prochain. Que veulent-ils ? « Nous refusons que la durée de travail soit calculée sur une base annuelle, voire plus. La semaine de 38 heures serait de facto supprimée. Nous refusons d’être encore plus flexibles, de travailler plus sans aucune compensation ». Salaud d’pauvres !!

3- Stop ou Scop ?

Les salariés d’ECOPLA se battent près de Grenoble pour récupérer leur société en Scop et ont besoin de vous pour continuer cette belle aventure humaine.

Leur plateforme de financement participatif sur Ulule est lancée : https://fr.ulule.com/ecopla-veut-devenir-une-scop/

S’ils atteignent leur objectif de 50.000 €, ils pourront commander de la matière première pour démarrer au plus vite. C’est vital pour eux et la vallée du Grésivaudan !

Suivez-les sur Facebook si ça vous dit : https://www.facebook.com/SCOP-Ecopla-1579617079024806/timeline?ref=page_internal

Les coordonnées de leur association : Les Amis d’Ecopla : les.amisdecopla@gmail.com
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Merci de faire suivre ce message à tous vos contacts (famille, amis, collègues, connaissances…), ce projet doit voir le jour rapidement.


4- Vous ne ferez pas taire Maître Ripert !

Maître Bernard Ripert est un avocat aillant la mauvaise habitude de dénoncer les attitudes autoritaires ou arbitraires des magistrats, les dysfonctionnements de la justice. Condamné à trois reprises à des sanctions disciplinaires, Me Ripert avait déjà été suspendu pendant un an en 2013 pour avoir qualifié une avocate de « roquet » (il a depuis notre estime éternelle...) et dit d’un président de cour d’assises qu’il avait « triché » et « menti ». Autant dire qu’il dérange... Certains magistrats ont juré sa perte et s’acharnent sur lui. Pour preuve, une demande de radiation du barreau, fondée sur des accusations mensongères, sera étudiée ce jeudi 2 juin à la cour d’appel de Grenoble à 9H. À cette occasion, un rassemblement de soutien à Maître Ripert est prévu devant le tribunal.

Maître Ripert est pourtant innocent. Il a été relaxé le 11 mai 2016 par le Conseil de discipline. Qu’à cela ne tienne, dès le 12 mai, les magistrats de la cour d’appel de Grenoble ont décidé (illégalement) de prolonger sa suspension provisoire. Et cette semaine, coup de théâtre ! Me Ripert n’avait pas honoré une convocation à l’hôtel de police prévue vendredi dernier, ce qui a conduit l’autorité judiciaire à utiliser la force ce lundi pour le contraindre à se présenter. La suite ? Un internement en hôpital psychiatrique... rien que ça. Il a été libéré depuis de sa camisole et un rassemblement a déjà réuni 150 personnes mercredi soir devant le Tribunal de Grenoble.

Une pétition, active depuis 2014, est toujours disponible ici : http://www.petitions24.net/grenoble

Pour découvrir un peu plus Maître Ripert, vous pouvez consacrer quelques minutes à ces interviews réalisées par l’inénarrable Richard Monvoisin* : six épisodes (entre 2 et 4 minutes chacun) dont le premier est là : https://www.youtube.com/watch?v=aME51AKlPnw ; les suivants apparaîtront youtubement. Attention, notez que l’épisode 2 n’a plus de bande son donc un détour par là (http://www.dailymotion.com/video/x8plhy_qui-veut-faire-taire-maitre-ripert_news ) est conseillé.
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*espèce trop rare d’universitaire grenoblois « couteau suisse » de l’auto-défense intellectuelle...

5- Les trois mots de la semaine : Code du travail.

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Lendemain de grève, Jean-Toufik doit s’expliquer devant la DRH : « Je suis pas allé bosser car on m’a dit qu’on avait changé le code du travail et j’avais pas envie de me retrouver coincé devant la porte ! »
Code du travail :
Le code du travail français est un recueil de la plupart des textes législatifs et réglementaires applicables en matière de droit du travail et qui concerne essentiellement les salariés sous contrat de travail de droit privé. Le Medef le trouve « trop lourd et désuet » pour faire face à la mondialisation capitaliste. Normal quand on sait que « le monde appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt ! » (Coluche). Mais c’est bien bien le Code du Travail qui a permis aux salariés de faire face au rapport inégal qu’ils entretiennent avec le patronat du fait du lien de subordination inhérent à toute relation salariale.