Bulletin hebdo Isère du 26 septembre 2016

lundi 26 septembre 2016

« Aux armes, citoyens, mais pas moi »*

1-La lute paye !
Nous en parlions dans le dernier BH, les personnels du collège Vercors qui étaient en grève depuis la rentrée ont obtenu satisfaction. L’administration qui dans un premier temps avait refusé de dégager les moyens supplémentaires réclamés par les grévistes a fini par obtempérer devant le rapport de force créé par ces personnels ainsi que les parents d’élèves.

2-Faites ce que je dis mais pas ce que je fais !
On ne résiste pas à l’envie de revenir sur cette info dévoilée par le canard enchainée. Le monsieur sécurité de LR a utilisé l’entregent de François Fillon pour être dégagé de ses obligations militaires. C’est quand même rigolo qu’un un type qui souffle sur les braises de l’hystérie sécuritaire en réclamant le rétablissement du service militaire se fasse rattraper par la patrouille.Le mythe « bidasse » et le soi-disant brassage social dont il aurait été l’instrument a quand même la vie dure à gauche comme à droite. Pourtant les fils de et ceux qui avait des relations étaient rarement de corvée de chiottes. C’est un peu comme l’image d’Epinal de la blouse à l’école, il n’y a que les autruches qui mettent la tête dans un trou pour imaginer qu’elle gommerait les différences de classe

3-Revalorisations, pièges à cons !
Chers collègues, toi qui attend avec fébrilité ton BH, je t’en conjure ne cède pas aux sirènes de la revalorisation. Comme les créatures mythiques, les projets ministériels (voir PJ) paraissent séduisants mais ils sont destructeurs. En effet les modalités d’évaluation et de notation des personnels n’y sont pas moins nocifs et infantilisants que les actuels. Les agents techniques des collèges et des lycées sont déjà sous la coupe de ces dispositifs où l’entretien professionnel est une épreuve redoutable. Par ailleurs la progression de carrière au mérite n’a rien de transparent et reste le meilleur moyen pour notre employeur de diviser les salariés. Les revendications d’augmentation des salaires sont légitimes mais celles-ci doivent toucher tout le monde sans être une opération de domestication des travailleurs. Ne donnons pas plus de pouvoir aux chefs aux pretextes de récupérer quelques menus subsides. A sud Education, nous continuons de revendiquer l’autogestion et à travail égal /salaire égal...

4- Formation : T’as pris quoi comme stage ? Mc Do ou Total ?
Les enseignants de toute la France ont reçu le lundi 19 septembre 2016 un courrier électronique de Florence Robine, Directrice générale de l’enseignement scolaire au Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche les invitant à s’inscrire aux stages proposés par le CERPEP : « Le Cerpep, Centre d’Etudes et de Recherches sur les Partenariats avec les Entreprises et les Professions, offre aux enseignants de toutes les disciplines et à tous les personnels de l’éducation nationale la possibilité de réaliser une visite ou un stage en entreprise de 1 à 5 jours ». C’est une marque de plus de la collusion du Ministère avec le MEDEF et sa soumission aux attentes des entreprises. La suite en PJ

5-Formation suite : Des miettes dans le clavier.
La ville de Chambéry ayant décidé unilatéralement et sans concertation avec les enseignants d’équiper les classes de la commune de VPI (Vidéo Projecteur Interactif), un certain nombre de collègues se sont retrouvés à la rentrée avec cet appareil dans leur classe sans le début d’une idée de son fonctionnement. Un article du Dauphiné Libéré titrait même début septembre : « A Chambéry les classes sont branchées mais pas les professeurs ». Réagissant sans doute dans l’urgence à ce trait sarcastique, la circonscription de Chambéry 4 a envoyé un mail, le vendredi 16 septembre vers 15h, à toutes les écoles pour annoncer quatre modules de formation à l’utilisation du VPI, dont le premier était prévu mercredi 21 après-midi. La majorité des collègues en ont pris connaissance le lundi 19 matin, soit deux jours avant, se voyant dans l’obligation de bouleverser dans l’urgence l’organisation de leur emploi du temps personnel... Mais là ne s’arrête pas l’histoire : Les trois autres modules de formation seront répartis dans l’année sur le temps de pause de midi (de 11h45 à 13h45), cette formation recevant du coup de la part de nos hiérarques cette jolie appellation de « formation sandwich ». Les collègues devant se déplacer dans une école proche, manger comme ils peuvent, pour certains partir avant pour raison de service de surveillance ou venir en retard à cause des APC... Bref, une formation de haute qualité.Suite aux protestations de certains collègues, plusieurs « améliorations » ont été proposées : la formation se fera dans l’école et le temps du repas préservé. Il n’empêche, cette tentative pour rendre les enseignants réactifs, flexibles, pour leur instiller l’idée que le service doit passer avant le temps libre, a tout d’un ballon d’essai et elle est à rapprocher des nouvelles dispositions pour les évaluations des enseignants : lorsque des points comme la « coopération au sein d’une équipe », ou la « contribution à l’action de la communauté éducative » entreront dans l’évaluation la simple préservation de son temps personnel face à l’envahissement des contraintes professionnelles sera jugée comme contraire à l’intérêt du service.
Face à la multiplication des bricolages qui n’ont pour but que de masquer la pénurie des moyens alloués à la formation, SUD éducation revendique une formation continue de qualité dispensée sur le temps de travail.

6-Le cynisme n’a pas de limites
Pour « sécuriser » les universités, le gouvernement pique dans la caisse d’aide aux personnes reconnues en situation de handicap,
"Pour vous accompagner et apporter des conditions de sécurité renforcées à la rentrée 2016, j’ai demandé et obtenu la prolongation en 2016 d’une mesure technique, celle du taux dérogatoire pratiqué en 2015 pour le FIPHFP (Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans la fonction publique). Ce sont ainsi 30 millions d’euros qui seront dégagés et qui pourront être consacrés à la sécurisation technique ou humaine de nos établissements universitaires"
.Voilà ce qu’a déclaré Najat Vallaud-Belkacem, la Ministre de l’enseignement supérieur, mercredi 31 août, lors de l’université d’été de la Conférence des présidents d’université (CPU).Le gouvernement vient donc de décider de prélever 30 millions d’euros sur le budget du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique afin de financer la sécurité des sites universitaires par la présence de vigiles.Le FIPHFP est financé par les amendes des organismes publics n’appliquant pas la loi : l’obligation d’employer au moins 6 % de personnes reconnues en situation de handicap (selon la loi du 11 février 2005). Ce sont ces dérogations qui vont être prolongées pour que les économies ainsi réalisées financent des vigiles.SUD éducation dénonce le cynisme du gouvernement et de la CPU envers les personnes reconnues en situation de handicap, situation déjà dégradée par les lois dites « Macron » (qui ont allégé les contraintes légales pour les entreprises).
Et dans le même temps le ministère n’en finit pas de se gargariser sur l’inclusion sans y mettre les moyens nécessaires et indispensables.


*l’auteur de cette citation aurait pu être le député des Alpes-Maritimes qui a tenté de se soustraire au service militaire .

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