Bulletin hebdo Isère du 17 octobre 2016

lundi 17 octobre 2016

1-Boycottons les APC

Un combat de SUD éducation depuis 2008
Les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) instaurées par la réforme Peillon des rythmes scolaires sont les héritières directes du dispositif d’Aide Personnalisée (AP). L’AP avait été mise en place lors de la précédente réforme des rythmes scolaires initiée par Darcos en 2008. En supprimant le samedi matin et deux heures d’enseignement hebdomadaire pour les élèves, Darcos ne voulait pas faire cadeau de ces heures aux enseignant-e-s. Il a introduit dans les obligations de service des PE 60 heures annualisées pour un dispositif d’aide personnalisée que nous avons immédiatement combattu. Un mouvement de « résistance pédagogique » s’est développé en 2008, notamment à travers des actions de désobéissance qui consistaient entre autres à ne pas faire l’AP et à résister au démantèlement des RASED. SUD éducation n’a pas tergiversé et a apporté nationalement et sur tout le territoire son soutien à cette résistance, en agissant pour sa généralisation et en soutenant les enseignant-e-s. Nous n’avons pas attendu l’automne 2016 pour agir.
En 2008 comme en 2016, objectif : asphyxier les RASED
Hier comme aujourd’hui, le ministère explique que ces dispositifs d’AP ou d’APC apportent l’aide directe suffisante aux élèves en difficulté en les comparant avec l’offre des nombreuses officines privées qui se sont inscrites dans ce créneau, hautement lucratif, de l’aide personnalisée et que la véritable mission des RASED est circonscrite à la très grande difficulté scolaire. Les RASED ont complètement été démantelés par la suppression de 5000 postes sous la présidence Sarkozy. Malgré les engagements la main sur le cœur du candidat Hollande, ils n’ont pas du tout été restaurés depuis. Et leurs missions sont dénaturées dans les « pôles ressource » de circonscription qui font disparaître les missions de prévention et de remédiation des RASED pour les réduire à des missions de diagnostic et d’expertise qui ne profitent que très marginalement aux élèves étant donné l’absence de moyens alloués.
Un dispositif inefficace et stigmatisant
Le discours démagogique en direction des parents et de la société vend l’aide personnalisée comme la panacée universelle pour résoudre les difficultés des élèves. Pourtant, ainsi que l’ont confirmé de manière unanime les chercheurs et chercheuses ayant contribué au récent rapport du CNSECO sur les inégalités scolaires, ajouter dans ces conditions des heures dans la journée d’école à des élèves qui n’en peuvent déjà plus, notamment à cause des deux dernières réformes des rythmes, cela est non seulement inutile mais souvent contre-productif, malgré tous les efforts que font les enseignant-e-s pour tirer quelque chose de ces injonctions institutionnelles.
Le temps de travail des PE explose
En moyenne, les enseignant-e-s du primaire travaillent plus de 44 heures par semaine. Et les professeur-e-s des écoles débutant-e-s travaillent plus de 52 heures par semaine. Alors oui, la réduction du temps d’enseignement effectué par les PE est une urgence. Les 108 heures sont largement dépassées, même sans faire les APC. Les temps de réunion et de rencontres se multiplient. L’accueil des élèves avant la classe n’est décompté d’aucune des obligations réglementaires de service. Boycotter les APC, c’est encore travailler trop !
Les APC, une composante de la réforme des rythmes scolaires
SUD éducation n’a pas renoncé à son combat contre cette réforme des rythmes scolaires dont les APC ne sont qu’une dimension. Cette réforme ne présente aucun bénéfice ni pour les apprentissages des élèves ni pour les conditions et la qualité du périscolaire. Nous en exigeons toujours l’abrogation et revendiquons une tout autre réforme pour l’école publique.
La fédération SUD éducation appelle à boycotter les APC et à construire un mouvement revendicatif pour :
 La restitution des 5000 postes des RASED et le développement de RASED complets et de proximité partout, dans le respect des missions des trois spécialités (maître-sse-s E et G, Psy), à l’opposé de la logique des « pôles ressources »
 La diminution du nombre d’élèves par classe, des programmes dont les contenus laissent du temps à la manipulation, l’expérimentation, la recherche, la possibilité d’un réel travail en équipe et la mise en place de pédagogies coopératives
 La réduction du temps de service des PE : 18 heures d’enseignement et 6 heures de concertation et de travail en équipe, la différenciation entre le temps de travail des PE devant élèves et le temps d’enseignement pour les élèves et plus de PE que de classes dans toutes les écoles
 L’abrogation de la réforme des rythmes scolaires, la suppression des APC, une tout autre réforme pour l’école publique.

2-Ils sont où les 60 000 postes ?
Le ministère a annoncé que la promesse de création de 60 000 postes serait tenue. Mais il n’y aura eu que 35 200 postes vraiment créés depuis 2012, tout compris (1er et 2nd degrés, enseignement agricole, supérieur et non enseignant-e-s et même pour le privé). En effet il faut tenir compte du remplacement des départs à la retraite qui ne sont pas des créations de postes et des 24 000 stagiaires qui sont en fait à mi-temps devant les élèves.
Au total, sur le terrain, les créations de postes sont en nombre insuffisant :
elles ne comblent pas la purge antérieure de 80 000 postes,
elles ne ne permettent pas d’absorber les hausses démographiques,
elles ne permettent pas d’endiguer les problèmes de recrutement, avec 17 % des postes du second degré non pourvus aux concours, et plus particulièrement dans les 9 disciplines déficitaires comme les mathématiques ou les lettres modernes, 
elles n’empêchent pas le manque de remplaçant-e-s de s’aggraver avec une généralisation du recours aux contractuel-le-s (y compris dans le 1er degré, marqué aussi en cette rentrée par un recours massif aux listes complémentaires) pour pallier à un manque de postes pourtant largement prévisible, et ce au détriment de la mobilité des personnels,
elles ne permettent pas de recréer des postes pour les RASED et encore moins d’en créer de nouveaux.
Un nombre insuffisant pour faire baisser les effectifs des classes, ce qui aurait dû être une priorité pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignant-e-s et réduire les inégalités territoriales.
Nous exigeons des créations de postes à la hauteur des besoins avec :
Une réduction du nombre d’élèves par classe en école, collège et lycée
Plus d’enseignant-e-s que de classes dans toutes les écoles
La diminution du temps de service hebdomadaire des enseignant-e-s 

3-Prolo-bachot-Boulot
Ce n’est pas un scoop mais c’est ainsi que pourra se décliner l’avenir d’un gosse de prolo grâce à cette merveilleuse avancée que sera la sélection en master. On le sait bien ils sont peu à arriver au niveau master mais c’était déjà trop. La dissuasion économique instaurée par la LRU n’était pas suffisante alors notre ministre NVB et ses amis de la Conférence des Présidents d’Universités ont concocté un truc qui va permettre d’éliminer la plèbe des amphis. Plutôt que de mener une politique de généralisation de l’accès à l’université, le PS s’inscrit en droite ligne dans la loi Pécresse et préfère bricoler l’existant. Pas question d’investissement de masse, priorité aux économies d’échelle : regroupement des services et des UFR .Forcément à un moment ça coince et il y a trop d’étudiants alors il vaut mieux exclure ceux qui sont sortis de leur condition sociale. La stratégie est simple en cas de refus d’accès à un master le candidat aura trois « master »solutions de repli du genre « Bilboquet au Vanuatu », « Piedocutérapie rituelle en Bosnie centrale » etc…On le voit bien comme l’affirme notre ministre au sujet des réformes engagées depuis 2012 par le PS, la ségrégation scolaire n’a qu’à bien se tenir. 

4-Projet de réforme de l’évaluation des enseignants

Soumission à la hiérarchie et gestion managériale

Méfiez-vous des charlatans qui en font la propagande, vous allez déguster. Sud éducation ,la CGT et F.O ont écrit à NVB pour exprimer leur crainte et leur désapprobation.
La suite est à lire dans le document joint avec une belle affiche.

PDF - 109.7 ko
PDF - 472.2 ko
PDF - 472.2 ko