Bulletin hebdo Isère du 14 novembre 2016

lundi 14 novembre 2016

Du changement qui z’avaient dit !!!

1-Les Zep se bougent !

Dans plusieurs académies, les lycées qui sont les derniers visés par la réforme de l’éducation prioritaire seront en grève le 17 novembre 2017. Les personnels l’ont bien compris ce n’est pas un moratoire de deux ans sur leurs indemnités qui va changer les choses. Cette refonte de l’éducation prioritaire se décline de la même façon de la maternelle à l’université. Il n’y a pas plus de moyens, des établissements fragiles sont sortis des dispositifs REP-ZEP de l’Education Nationale ce qui a des conséquences en terme de politique de la ville. En effet certaines municipalités profitent du redécoupage des ZEP et de l’éviction de certaines écoles ou collège pour revoir les dotations complémentaires : nombre d’éducateurs sportifs, nombre d’encadrant périscolaires etc…
L’existant n’était pas satisfaisant et souvent les primes allouées aux enseignants ne compensaient pas les conditions de travail difficiles au sein des ces établissements mais le plan proposé par le ministère est tout aussi indigent que les mesures prises depuis 2012.Une dure réalité qui ne résiste pas aux chiffres.
Le ministère avait annoncé la création de 60 000 postes mais il n’y aura eu que 35 200 postes vraiment créés depuis 2012 (il faut notamment tenir compte du remplacement des départs à la retraite qui ne sont pas des créations de postes et des 24 000 stagiaires qui sont en fait à mi-temps devant les élèves.)
Au total, sur le terrain, les créations de postes sont en nombre insuffisant : elles ne comblent pas la purge antérieure de 80 000 postes et particulièrement la saignée opérée sur les Rased.
Dans ces conditions la politique ministérielle sur l’éducation prioritaire est une pure escroquerie.

2-Contre le livret scolaire numérique
Un casier scolaire patronal, une standardisation des pratiques, une surcharge de travail
À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.
Simplification des outils d’évaluation ?
Ce LSUN est censé répondre, d’après le ministère, à la nécessité de simplifier les outils de suivi des élèves en les uniformisant sur l’ensemble du territoire pour les rendre plus lisibles et accessibles aux familles, qui pourraient ainsi enfin comprendre ce que font leurs enfants à l’école et ce sur quoi ils sont évalués. Il regroupe deux éléments distincts qui sont néanmoins indissociables : le Livret Personnel de Compétences (les bulletins de fin de cycle) et les bulletins scolaires périodiques (trimestriels ou bi trimestriels). Le LPC regroupe un peu plus d’une quarantaine d’items regroupés en 7 ou 8 domaines. Les bulletins scolaires périodiques regroupent les différentes compétences et « sous-compétences » travaillées correspondant aux différents domaines répertoriés dans les programmes officiels. Compte tenu de la complexité du LSUN et du nombre d’items à évaluer qu’il contient, pour la lisibilité et la simplification pour les familles, on repassera.
Constitution d’un casier scolaire
Le LSUN s’inscrit dans la même logique que le LPC (Livret Personnel de Compétences). Mais en bien pire, puisqu’il intègre dans une même application le livret de compétences du socle commun, les bulletins périodiques des élèves, les différents parcours et attestations, mais aussi des éléments de suivi des élèves en difficulté (Plan d’Accompagnement Personnalisé, Programme Personnalisé de Réussite Educative, suivi RASED) ou à besoins particuliers (ULIS, UPE2A, …). Il participe de la constitution d’un véritable casier scolaire, au service de la normalisation et du profilage des élèves, chère à cette société néolibérale, pour qui seul ce qui est quantifiable et mesurable compte, afin de trier les élèves en leur attribuant une place dans la hiérarchie sociale, justifiant ainsi les inégalités.C’est pour nous totalement inacceptable et parfaitement révélateur d’une volonté d’instrumentaliser l’école pour formater les élèves selon des critères d’employabilité et de traçabilité définis par le patronat. C’est d’ailleurs pour ces raisons que le MEDEF s’est réjoui de la mise en œuvre du LSUN.
Une surcharge de travail pour les enseignant-e-s
Dans le cadre des réorganisations permanentes auxquelles les personnels sont contraints dans l’exercice de leurs missions, ce LSUN va dégrader les conditions de travail des personnels. Sa mise en œuvre constitue une surcharge de travail car il impose entre autre aux personnels des opérations de saisie fastidieuses. Il restreint leur liberté pédagogique et oblige les enseignant-e-s à utiliser un outil sans pouvoir en questionner le sens et l’usage dans leurs pratiques professionnelles. Sous couvert de simplification des tâches, il s’agit d’uniformiser les pratiques pour mieux les contrôler, comme c’est déjà le cas avec l’utilisation des Espaces Numériques de Travail.
Les CHSCT sont compétents pour prononcer un avis négatif sur ce projet, comme ce fût le cas concernant M@gistère après quoi le ministère était revenu sur son caractère obligatoire. Il faut qu’ils s’en saisissent dés maintenant. SUD éducation a contacté les autres organisations syndicales dans cette optique. Utilisons tous les moyens pour refuser cette nouvelle dégradation de nos conditions de travail !
Pédagogie ou injonctions institutionnelles normatives ?
Nous considérons que l’évaluation des élèves ne peut pas relever d’injonctions institutionnelles normatives. Les évaluations et leurs rendus doivent être des outils construits par les enseignant-e-s dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies alternatives et coopératives.
Contre le formatage pédagogique et pour des alternatives aux évaluations normatives imposées par l’institution SUD éducation revendique :
• une évaluation formative plutôt que sommative
• une évaluation dans un cadre pédagogique ne donnant pas lieu à un quelconque fichage de l’élève
• la réduction du temps d’enseignement pour permettre une réflexion collective sur l’évaluation
• Contre le fichage des élèves et la constitution d’un casier scolaire,
• Contre la soumission des pratiques pédagogiques à un formatage institutionnel,
• Contre une nouvelle augmentation de la charge de travail des enseignant-e-s,
La fédération SUD éducation revendique l’abrogation du Livret Scolaire Universel Numérique.

3-le plan remplacement du ministère, un tour de passe-passe de plus
Rue de Grenelle, on aime bien La main à la pâte alors souvent on tente de réinventer l’eau tiède. Le nouveau chantier c’est celui du remplacement. En terme de com’ c’est celui auquel les parents sont le plus sensibles. La difficulté pour les technos du ministère c’est de trouver comment améliorer le système sans que ça coûte un kopek et surtout sans moyens supplémentaires. Mais comme ils ne sont pas à cours de ressources, ils ont trouvé. Optimiser les remplacements en rendant les enseignants plus flexibles. En gros étendre l’aire de remplacement et centraliser la gestion du pool de remplaçants. Autant le dire c’est une fois de plus le terrain qui va faire en faire les frais.
Les sept mesures envisagées sont décrites et expliquées dans le tract joint.

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Documents joints

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