Bulletin mensuel Haute Savoie décembre 2016

mardi 13 décembre 2016
par  Laure

Au sommaire :
1.Alu debout !
2.Des citoyens s’invitent à l’agence BNP-PARIBAS d’Annecy pour dénoncer une banque « voyou » pratiquant l’évasion fiscale
3.Agir : l’évaluation par compétences au collège
4.Le beurre, l’argent du beurre…frais de déplacement des AVS

1) Alu debout !

Avec Charles Piaget, Frédéric Lordon, François Ruffin et les Ecopla, on s’organise le 14 décembre à la Bourse du travail de Grenoble !
Depuis quelques semaines, les Ecopla s’interrogent : « Et si on reprenait l’usine ? Et si on faisait tourner les machines ? Et si on fournissait nos clients ? Et si on se payait tout ça ? ».

Ca ne vous rappelle rien ?
Si : Lip, les années 1970, l’imagination au pouvoir. C’est possible, aujourd’hui et à côté de chez vous.
Mais les Ecopla ne le feront pas seuls : ils ne le feront qu’avec vous. Il ne le décideront donc pas seuls : ils le décideront avec vous.
D’où l’idée de ce mercredi 14 décembre : un genre d’« Assemblée nationale ». Vous en êtes les députés. Le cas Ecopla sera discuté, débattu avec vous. Et ensuite, c’est vous qui voterez. Mais attention : ce vote vous engage. Si vous votez pour que « oui, on reprenne l’usine », ça signifie que, derrière, vous allez tracter dans votre fac, votre boîte, votre asso, que vous serez présents le Jour J, que vous aurez rempli votre voiture avec quatre, cinq copains, que vous amènerez du vin chaud et une guitare pour réchauffer les corps et les cœurs.
Et comme ça, ensemble, nous serons des milliards à Saint-Vincent-de-Mercuze. Et comme ça, ensemble, nous ferons de cette lutte un symbole, celui de travailleurs qui ne plient pas devant la Finance, qui ne cèdent pas à l’impuissance, qui reprennent en main leur destin commun. Et comme ça, ensemble, nous écrirons une page de l’histoire sociale, l’âme fière et le poing dressé.
Sans vous, on ne peut rien.
Avec vous, on peut beaucoup.
Et c’est pour ça qu’à la fin : Ecopla vivra !

RENDEZ-VOUS LE 14 DECEMBRE à 19 h à la bourse du travail de Grenoble. Des covoiturages s’organisent, nous contacter !
Le tract est en pièce jointe

2) Des citoyens s’invitent à l’agence BNP-PARIBAS d’Annecy pour dénoncer une banque « voyou » pratiquant l’évasion fiscale

Voir le lien : http://www.librinfo74.fr/2016/12/des-citoyens-sinvitent-a-lagence-bnp-paribas-dannecy-pour-denoncer-une-banque-voyou-pratiquant-levasion-fiscale/

Aujourd’hui l’ancien ministre du budget et ancien président de la commission des finances, Jérôme Cahuzac, a été condamné à 3 ans de prison ferme (son ex-épouse à 2 ans ferme) ainsi qu’à une inéligibilité de 5 ans, pour avoir dissimulé un compte en Suisse et s’être rendu coupable de fraude fiscale et blanchiment. 200.000 euros de dommages et intérêts sont à payer. On parle de 3,5 millions soustrait au budget de l’État !
Le dirigeant de la banque suisse, ainsi que celui qui a organisé la fraude sont condamnés à un an avec sursis et 375.000 € d’amende. La banque est condamnée, en tant que personne morale, à 1,875 million d’euros d’amende.
Le procès Cahuzac c’est bien la condamnation d’ un homme politique en charge de la lutte contre la fraude, en charge d’appliquer une politique d’austérité rognant sur les dépenses publiques, tout en étant lui-même un fraudeur, qui par « habitude » de dissimuler des sommes de son activité privée, avait perdu tout sens de la réalité sur ce sujet…. C’est aussi la mise en lumière du système de la fraude et de l’évasion fiscale : il passe par les paradis fiscaux, utilisés via les banques et les cabinets privés, au service des plus riches.. et des criminels qui recyclent de l’argent sale… On ne peut que se féliciter de ces peines…. si elles signifient l’amorce d’une vraie lutte contre la fraude fiscale ! La fraude fiscale est de 60 à 80 milliards par an, estimée au niveau européen à 1000 milliards par an. Au-delà de ce cas emblématique, c’est l’ensemble des affaires Luxleaks, Panama papers et aujourd’hui Footleaks qui révèlent l’ampleur de ce « vol organisé » des moyens budgétaires, qui pourraient servir à retrouver des services publics de qualité (respectueux des usagers et de ses fonctionnaires), à engager une transformation sociale et écologique.

Cette fraude fiscale sera utilement combattue à plusieurs conditions :
- que les moyens humains, juridiques, financiers soient véritablement donnés aux administrations fiscales pour lutter efficacement contre la fraude fiscale : or c’est plus de 36.000
emplois qui ont été supprimés aux finances publiques depuis 2002...et cela continue…
- qu’une véritable lutte politique contre les paradis fiscaux soit engagée au niveau européen et international, (reporting public, interdiction des sociétés offshore, poursuite des banques, cabinets d’affaires...)
- qu’une réelle politique de pénalisation de la fraude soit menée, là aussi en donnant les moyens de sa détection aux services spécialisés des douanes, de l’administration fiscale et de la justice. Ce n’est pas les faucheurs de chaise qu’il faut juger, c’est l’évasion fiscale qu’il faut condamner !

Solidaires appelle à se mobiliser le 9 janvier prochain à Dax pour dénoncer
la poursuite de Jon Palais « faucheur de chaise » et à continuer à lutter
contre les vrais délinquants de l’évasion fiscale !

3) Agir : l’évaluation par compétences au collège

L’évaluation par compétences propose l’inversion des priorités de l’école : former les salariés (précaires), éduquer les citoyens et, en dernier lieu, instruire (peu) l’individu. Elle génère une surcharge de travail pour l’enseignant, inhérente au dispositif lui-même et un fichage numérique détaillé de la jeunesse par l’intermédiaire du livret scolaire unique (LSU). Bien sûr quelques blagues sont sorties du type : cet Outil de Diagnostic et de Statistique des Troubles de la Scolarité « permet enfin aux parents de suivre leur enfant ! ». Sommes nous assez désespérés pour croire ce genre conditionnement ?
En parallèle au LSU, les dirigeants annoncent la construction de 33 nouvelles prisons (1), le TES (Titres électroniques sécurisés = fichage biométrique) de l’honnête population française (2) … et l’étape suivante (3) … Que faire ? Peut être que « La seule façon de te sauver toi-même, c’est de lutter pour sauver tous les autres. » (4)
Oui les professeurs connaissent leurs élèves et souhaitent de tout cœur leurs réussites mais non le fichage numérique d’êtres humains n’est pas responsable. Des résistances se mettent en place, refus de compléter le LSU, utilisation des sigles pour rentrer les noms des évaluations de compétences. Créons et dénonçons ce renforcement du contrôle social sur les élèves, les enseignants et les établissements.
Oui nous vivons dans un état fascisant mais ce n’est pas encore un régime fasciste avec la peine de mort, l’interdiction de livres, l’emprisonnement des personnes pour leurs idées …
Aujourd’hui, d’après les textes officiels, on peut refuser l’évaluation par compétences (sauf au dernier trimestre de 6ème et de 3ème ).
Dans nos établissements, construisons une voie de solidarité, d’autogestion et de liberté.
Pour ceux qui aiment la précision : La circulaire 2016-058 du 14 avril 2016 précise « en cours de cycle, les modalités de l’évaluation sont laissées à l’appréciation des équipes ». On peut choisir notre façon d’évaluer et dire non aux classes sans notes, aux validation de compétences dites « transversales », aux applications spécifiques … L’article 6 du décret 2015-1929 (5) précise : « Le livret scolaire est renseigné : […] par les professeurs concernés, sous la coordination du professeur principal » en fin de cycle (dernier trimestre de 6ème et de 3ème) à partir des évaluations effectuées, sous la forme choisie par l’enseignant, tout au long du cycle »
Rappel : le chef d’établissement n’a pas à intervenir dans l’évaluation des élèves, c’est la liberté pédagogique des enseignants ! La loi lui demande de « veiller au bon déroulement du contrôle des connaissances des élèves ». Pour les compagnons qui ne refusent pas l’inspection sachez que seul l’Inspecteur pédagogique de la discipline est habilité à donner un avis (que l’on a le droit de ne pas partager, tout en l’acceptant et en le respectant pour ce qu’il est) sur le contenu et la forme de l’évaluation des enseignants. . Le conseil pédagogique et le conseil d’administration n’ont pas à définir l’évaluation des élèves. Le conseil pédagogique est « consulté » sur « la coordination relative au suivi des élèves et notamment aux modalités d’évaluation des acquis scolaires ». Art. L.912-1-1 du code de l’éducation « La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. Le conseil pédagogique prévu à l’article L.421-5 ne peut porter atteinte à cette liberté. »
Construisons une alternative aux décisions imposées de façon rigide et autoritaire. Liberté et action intelligente. Créons et inventons !

(1) http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/10/06/97001-20161006FILWWW00103-construction-de-33-nouvelles-prisons-valls.php
(2) Exigeons l’abandon du fichier monstre http://fichage.wesign.it/fr
(3) https://www.youtube.com/watch?v=Ec5o_sI4cA8
(4) Nikos Kazantzakis
(5) https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2015/12/31/MENE1531422D/jo

4) Le beurre, l’argent du beurre…

Non contente de les exploiter, l’Education nationale s’ingénie à multiplier les turpitudes contre les précaires.La dernière infamie consiste à envoyer les AVS sans les défrayer pour les déplacements. Sans doute que la portion de SMIC qui leur est allouée est jugée trop grasse. Nous contacter si vous êtes dans ce cas.


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