Bulletin hebdo Isère du 6 février 2017

lundi 6 février 2017

« Pour qu’il y ait le moins de mécontent possible, il faut toujours taper sur les mêmes. » proverbe Shadock
On pourrait rajouter et surtout sur les plus faibles…

1-Le démantèlement des Rased continue
Contrairement aux annonces faites depuis depuis 2012, les Rased sont loin d’avoir été rétablis. On pouvait s’en apercevoir à travers la lecture du rapport Pompili qui claironnait l’effort fait dans cette direction mais qui présentait des chiffres en contradiction : 10 583 enseignants E+G en 2008 avant la saignée sarkozyste, 5 866 en 2012, 5872 en 2015 (+6 en 3 ans).Mais en plus de l’enfumage sur la question, la circulaire sur l’aide aux élèves en difficulté (qui devait passer devant le conseil supérieur de l’Education) et sur la formation des enseignants spécialisés entérine la fin des maîtres G. En effet derrière le traitement de la difficulté scolaire et les généreuses déclarations sur l’école inclusive ce texte poursuit sur la pente glissante de la médicalisation de la difficulté en faisant basculer des élèves avec des difficultés dans le champ du handicap ou en ayant recours à des « trousses de secours » inopérantes pour s’attaquer à la grande difficulté scolaire.
Le communiqué de la fédération sud éducation et de la FNAREN sont en PJ.

2-Casse de l’enseignement spécialisé suite…et pas fin dans les EREA ???
Il ne suffit pas de casser la formation des enseignants spécialisés, il faut aussi détruire leurs conditions de travail.
Dans les EREA qui ont subi les suppressions de postes de professeur-e-s des écoles éducateurs/trices (PEE) à la rentrée 2016, les difficultés majeures s’accumulent : augmentation des conseils de discipline, démission d’AED, souffrance au travail des surveillant-e-s et des enseignant-e-s, dégradation du climat scolaire…
C’est dans ce contexte que le ministère a décidé de réécrire la circulaire de 1995 qui décrit les missions et le fonctionnement des EREA. La nouvelle circulaire doit être publiée d’ici mai 2017.
Nuitées assurées par les AED

Le projet de nouvelle circulaire, réaffirme que les nuits doivent être assurées par des AED.
Il donne aux surveillant-e-s la possibilité d’un « accompagnement éducatif ». Remplacer une prise en charge globale à l’internat éducatif par une simple surveillance, c’est méconnaître les publics accueillis et le travail effectué quotidiennement par les PEE. Renforcer la vie scolaire ne suffira pas à encadrer de manière satisfaisante des élèves aux besoins éducatifs spécifiques.
Suppressions des missions et des postes de PEE
L’objectif affiché est de mettre à jour cette circulaire pour qu’elle soit en concordance avec les nouveaux textes sur le handicap et l’inclusion.
Plutôt qu’une mise à jour, il s’agit surtout pour le ministère d’entériner les mesures prises par la note de service d’octobre 2015 de la DRH ministérielle qui introduisait une réorganisation des EREA. Ce qui a entraîné la suppression de 63 postes de professeur-e-s des écoles éducateurs/trices remplacé-e-s par des assistant-e-s d’éducation pour assurer les nuitées, mais aussi des soirées, des repas…
Les PE-éducateurs/trices n’existent plus dans la circulaire ! Tou-te-s les PE travaillant en EREA seraient indifférencié-e-s sous le vocable « enseignant-e-s spécialisé-es. ». Ils/elles pourraient tou-te-s intervenir en dehors des temps de classe.
D’ailleurs malgré les quelques précautions oratoires qui affirment que l’internat éducatif est un élément essentiel des EREA, les parties de la circulaire censées détailler les objectifs de l’internat sont souvent utilisées pour rappeler que les PE doivent en priorité être en classe !
Ce projet montre bien que sous prétexte d’inclusion le ministère a décidé de supprimer purement et simplement cette mission spécifique de PE éducateur/trice.
Augmentation des effectifs
Ce texte vise aussi à aligner les EREA sur la réforme des SEGPA en permettant aux enseignant-e-s de jouer le rôle d’expert-e-s en difficulté scolaire intervenant dans les établissements du bassin. Il ouvre aussi la possibilité d’accueillir plus de 16 élèves par classe en reprenant la formulation utilisée dans la circulaire SEGPA.
Flou total sur les ORS des PEE
Enfin, le flou le plus total règne sur les ORS des ex-PEE. 21 heures maximum d’enseignement pour les professeur-e-s des écoles, mais quid des temps éducatifs ?
En voulant faire disparaître la spécificité du travail des PEE, le ministère crée encore plus de confusion et laisse la main aux académies et aux chef-fe-s d’établissement pour décider des ORS des enseignant-e-s chargé-e-s d’intervenir sur les temps d’internat.
Les grandes différences d’emplois du temps des PEE cette année (entre 21h et 34h hebdo), conséquence directe de la note de service d’octobre 2015, risquent de se voir pérennisées.
SUD éducation dénonce ce projet de circulaire. Il est inacceptable.
Non au démantèlement des EREA et de l’enseignement adapté du second degré.
Oui à son renforcement avec des enseignant-e-s éducateurs/trices spécialisé-e-s formé-e-s et des moyens supplémentaires pour la réussite scolaire de tous les élèves scolarisé-e-s en EGPA.
SUD éducation revendique :
l’abandon de la suppression des postes de PE éducateurs/trices
le versement de l’ISAE ou de l’ISOE aux PE éducateurs/trices d’EREA sans perte indemnitaire
la présence auprès des élèves de personnels formés et qualifiés, ce qui suppose le retour de formations spécifiques qualifiantes et l’ouverture de postes spécialisés
un cadre réglementaire légal garantissant, comme ailleurs, le respect des droits statutaires de tou-te-s les enseignant-e-s exerçant en EREA, quelles que soient leurs missions effectives
le respect des projets des équipes des EREA quant à l’organisation et au fonctionnement de l’internat éducatif.

3-Après les élèves en difficultés, les élèves allophones
A la rentrée 2014, toutes les classes d’initiation (CLIN) du 1er degré et toutes les classes d’accueil (CLA) du 2nd degré ont été supprimées et remplacées par un dispositif d’inclusion en classe ordinaire : les UPE2A (unité pédagogique pour les élèves allophones [1] arrivant) en application de la circulaire d’octobre 2012. Dans la plupart des académies, cette circulaire ne répond pas aux problèmes qui se posaient dans l’ancien système, auxquels elle était censée répondre : le manque de moyens, les lourds effectifs, l’absence de formation et d’heures de concertation pour les équipes... Par ailleurs, la mise en place est variable d’une académie à l’autre et d’un établissement à l’autre.
Les anciennes structures
La classe d’initiation (CLIN) – 1er degré

Il s’agissait d’une classe réservée aux élèves allophones de 6 à 11 ans. Un-e professeur-e des écoles avait choisi ce poste et avait en charge la classe pour développer l’apprentissage du français langue étrangère et du français langue seconde. L’effectif ne devait pas dépasser 15 élèves pris en charge à la fois.
Lorsque les élèves maîtrisaient suffisamment la langue française, ils et elles pouvaient intégrer partiellement une classe ordinaire à certains moments de la journée, sur certains domaines ciblés : par exemple intégration rapide en EPS, arts plastiques et mathématiques dès que les connaissances de l’enfant le permettaient. Ces emplois du temps étaient personnalisés et faisaient l’objet d’une organisation d’équipe.
Dès que la maîtrise du français le permettait, ils et elles intégraient à temps plein une classe ordinaire pour y poursuivre leur scolarité.
Le ou la professeur-e des écoles pouvait ajuster l’affectation de l’élève selon son niveau scolaire, ce qui lui laissait le temps nécessaire pour trouver ses marques dans un nouveau système scolaire. Les élèves pouvaient rester en CLIN un à deux ans selon leurs besoins spécifiques (apprentissage du français, de la lecture, d’un nouvel alphabet...)
Les classes d’accueil (CLA et CLA-NSA) – 2nd degré
Les classes d’accueil pour élèves non scolarisé-e-s antérieurement (CLA-NSA) regroupaient au maximum quinze élèves allophones (sauf cas exceptionnel).
Les classes d’accueil pour élèves scolarisé-e-s antérieurement (CLA) étaient des structures « souples » qui devaient permettre aux enseignant-e-s de n’avoir pas plus de 15 élèves en charge à la fois.
Ces élèves bénéficiaient de 26 heures de cours par semaine dans les différentes disciplines adaptées à leurs difficultés.
L’objectif était de leur donner les moyens d’intégrer une classe ordinaire au bout d’un an mais, une fois en classe ordinaire, ces élèves continuaient à bénéficier d’heures de suivi, en particulier en français, pendant au moins 2 ans.
Qu’est-ce qu’une UPE2A ?
L’institution conçoit l’UPE2A comme une unité - et non plus une classe - où les élèves viendraient uniquement prendre des cours de français : les élèves allophones sont directement affecté-e-s dans une classe ordinaire en fonction de leur âge et donc sans prise en compte de leur niveau scolaire. A cela s’ajoute une obligation d’articuler l’apprentissage du français à l’enseignement moral et civique. Dans ce cadre, la maîtrise de la langue devient un instrument de normalisation et de régulation au service de la morale républicaine ! Bien entendu il n’y a désormais plus aucune référence à un nombre maximum d’élèves par groupe puisqu’il ne s’agit plus d’une classe...
Dans le premier degré
Le/la professeur-e des écoles chargé-e de l’UPE2A, prend en charge les élèves pour un apprentissage spécifique du français, mais le groupe classe n’existe plus en tant que tel. Or ce groupe est un espace sécurisant et une force pour l’enfant qui peut prendre le temps de s’intégrer dans cette nouvelle école et ce nouveau pays : conditions nécessaires pour entrer dans les apprentissages.
Dans le second degré
En dehors de modules dans certaines disciplines jugées prioritaires (français, mathématiques, anglais), dans beaucoup d’établissements aucune prise en charge spécifique n’est prévue pour accompagner l’intégration de ces élèves dans les établissements !
Les parcours migratoires sont très différents d’un enfant à l’autre : conditions d’arrivée en France, niveau de scolarisation... La culture et la langue du pays d’accueil ne s’ingurgitent pas mais se vivent ! L’UPE2A ne peut se résumer au seul apprentissage du français !
Alors que le gouvernement ne remplit déjà pas son obligation de scolarisation de tou-te-s les élèves migrant-e-s [2], avec la disparition programmée des CLIN et des CLA le ministère réussit à faire des économies de postes sur le dos des élèves étrangers/ères, sous prétexte d’inclusion et d’une nécessité d’être « imprégné-e » de culture française pour qu’ils/elles « s’intègrent » mieux.
Nos revendications en PJ

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