Bulletin hebdo Isère du 6 mars 2017

lundi 6 mars 2017

1- QUI VEUT LA PEAU DES RASED ?
Du CAPPEI à la liquidation de l’adaptation...
Le ministère est en train de mettre en place un nouveau diplôme, le CAPPEI, en remplacement des CAPASH et 2CA-SH. Ce diplôme commun aux enseignant-e-s des premier et second degrés, fait disparaître les options (A, B, C, D, E, F et G). La « spécialisation » porte désormais sur le type de poste occupé, avec une formation qui n’offre que 52 heures « d’adaptation au type de poste »(1).
Pour les personnels des RASED, ce nouveau décret annonce la fin des deux missions distinctes jusqu’ici assurées par les maître-sse-s E et maître-sse-s G. Les enseignant-e-s suivront désormais la même formation quelle que soit leur mission au sein du RASED (aide à dominante pédagogique ou aide à dominante relationnelle). Ceci signifie que ces personnels seront interchangeables au sein des pôles ressources.
Cette nouvelle formation et l’ensemble des mesures adoptées dans l’enseignement spécialisé depuis 2013 et la loi de Refondation de l’école nient la spécificité de l’adaptation scolaire qui s’adresse à des élèves qui ne relèvent ni du champ médical ni du handicap. Or, la difficulté scolaire est, pour beaucoup, la conséquence de conditions sociales et concerne en premier lieu les enfants de milieux populaires.
Les élèves en grande difficulté scolaire, au lieu d’avoir des enseignements adaptés à leur situation, sont ainsi renvoyé-e-s à des traitements médicaux ou paramédicaux, ou conduit-e-s vers des structures externes au service public d’éducation. Cette disparition de l’adaptation implique logiquement la liquidation des RASED, des SEGPA, des EREA…
À point nommé, sort au même moment une étude assassine de l’IREDU (institut de recherche sur l’éducation ) sur l’impact prétendument négatif qu’auraient les RASED sur les apprentissages des élèves. En ne se basant que sur des études statistiques réalisées en 1997 par la DEPP (Direction de l’évaluation et de la prospective), sans enquête de terrain dans les écoles, l’institut soutient la politique de destruction des RASED poursuivie depuis 2008 avec 5000 postes supprimés n’ayant jamais été recréés. D’autres études de terrain montrent pourtant l’efficacité des RASED (2) ... lorsqu’ils ont les moyens d’assurer leurs missions.
SUD éducation réaffirme le rôle positif des RASED et la nécessité de l’enseignement adapté. Nous revendiquons la baisse des effectifs des classes spécialisées et des classes ordinaires, du temps dégagé pour le travail en équipe, la restitution des 5000 postes de RASED supprimés, le développement de RASED complets et de proximité.Pour SUD éducation, une école réellement inclusive ne peut être mise en œuvre sans modifications importantes des politiques actuelles, sans repenser la formation, sans concevoir un réel budget à la hauteur des ambitions, sans repenser le cadre global de la société.

(1) Cf notre analyse sur notre site : http://www.sudeducation.org/Le-Cert...
(2) Revue Recherche didactique n°26 – janvier 2017
Ecouter l’enfant, aider l’élève, Jean-Jacques Guillarmé, 2010

2- LA REPONSE DU BERGER A LA BERGERE !
Communiqué du collectif national RASED

RASED : un enjeu d’avenir
Alors que les textes réglementaires instituant la nouvelle formation spécialisée (CAPPEI) sont sources d’interrogations pour les enseignant-e-s spécialisé-e-s et les psychologues de l’éducation nationale des RASED, l’IREDU publie une étude, basée sur des données d’il y a 20 ans, qui remet en cause leur efficacité.
L’enquête s’appuie sur les résultats à des évaluations réalisées dans le cadre du panel 1997 de la DEPP (direction de l’évaluation et de la prospective) en CP et CE2 et sur le taux de redoublement d’une cohorte d’élèves entrée en CP en 1997. Vingt ans après, la question du redoublement a évolué rendant anachronique les conclusions portées sur ce sujet. Rien n’est réellement convaincant dans cette étude de l’IREDU qui multiplie les corrélations hasardeuses sans engager les analyses rigoureuses qui seraient nécessaires pour évaluer l’efficacité des RASED. A défaut, les hypothèses des chercheuses et chercheurs sont loin de s’imposer.
Les RASED comme les autres dispositifs de l’éducation nationale ont vocation à être évalués. Leur efficacité a déjà été interrogée dans d’autres rapports, avec des conclusions bien différentes que celles affirmées de manière très péremptoires dans ce rapport méthodologiquement discutable. Une étude parue en janvier 2017 dans Recherches en didactique (n°26) tire des conclusions allant à l’encontre de l’étude des analyses de l’IREDU. Elle souligne un impact positif des RASED sur les résultats en mathématiques. L’étude de Jean-Jacques Guillarmé de 2010, quant à elle, concluait à une meilleure efficacité des aides spécialisées par rapport aux aides personnalisées.
Une évaluation sérieuse du dispositif RASED, quantitative et qualitative devrait par ailleurs prendre en compte les 5000 postes supprimés entre 2008 et 2012 soit un tiers des effectifs alors que seulement 200 postes ont été recréés depuis. Rappelons que ces suppressions ont conduit à un affaiblissement notoire des RASED des écoles en limitant leurs possibilités de répondre favorablement aux demandes d’aides.
Si la réussite des élèves en difficulté se joue dans la classe, elle doit s’appuyer sur l’expertise professionnelle des enseignant-e-s spécialisé-e-s et des psychologues des RASED. Leurs actions ont lieu en concertation avec l’enseignant-e de la classe et dans un lien étroit avec la famille. Ce nécessaire apport des RASED, à la fois pédagogique, rééducatif et psychologique, serait d’autant plus efficace que leurs moyens seront restaurés et abondés à la hauteur des besoins.
En s’adressant aux rectrices et recteurs le 7 février dernier, parlant des RASED dans le cadre de la préparation de la rentrée, la ministre a dit : "Là où les RASED sont incomplets, je vous demande de recréer des postes".
Chiche !
Le Collectif national RASED, le 24 février 2017
Les membres du Collectif RASED
Association française des psychologues de l’éducation nationale (AFPEN)
Fédération nationale des associations de Maîtres « E » (FNAME)
Syndicat des enseignants (SE-UNSA)
Solidaires Unitaires Démocratiques Éducation (SUD éducation)
Association des groupes de soutien au soutien (AGSAS)
Fédération nationale des Rééducateurs de l’Éducation nationale (FNAREN)
Syndicat national des personnels de l’inspection (SNPI-FSU)
Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE)
Confédération Générale du Travail Éducation Nationale (CGT Educ’Action)
Syndicat national unitaire des instituteurs, des professeurs des écoles et des PEGC (SNUipp-FSU)

3- CUI-CAE : HALTE AU TRAVAIL GRATUIT
Depuis la mise en place de l’annualisation des contrats CUI-CAE, SUD éducation dénonce cette pratique comme étant illégale. La justice nous donne raison, encore 3 victoires aux prud’hommes ! Le ministère reconnaît aujourd’hui son erreur. Alors pourquoi l’annualisation persiste t elle dans certaines académies ? SUD éducation demande une nouvelle audience au ministère et agit localement pour mettre fin à cette pratique abusive.
Depuis la mise en place de l’annualisation des contrats CUI-CAE, SUD éducation dénonce cette pratique comme étant illégale.
Pour ces contrats de droit privé, le code du travail s’applique. Les semaines basses ne peuvent pas être de 0h. Les semaines de vacances sont des semaines de fermeture de l’établissement. C’est donc l’article L.3141-29 qui s’applique. Il stipule que :
« lorsque qu’un établissement ferme pendant un nombre de jours dépassant la durée des congés légaux annuels, l’employeur verse aux salariés, pour chacun des jours ouvrables de fermeture excédant cette durée, une indemnité qui ne peut être inférieure à l’indemnité journalière de congés ».
Cet article du code du travail, qui est toujours en vigueur, prévoit donc une indemnité au moins égale au salaire pendant les périodes de fermeture des établissements qui dépassent la durée des congés payés légaux.
La justice nous donne raison, encore 3 victoires aux prud’hommes dans le 91 !
Le conseil des prud’hommes d’Évry, dans un jugement du 7 novembre 2016, a reconnu l’annualisation de CUI-CAE faite par le rectorat de Versailles (26h effectuées sur 36 semaines pour une rémunération sur la base de 20h) comme abusive et a condamné ce dernier à payer le rappel de toutes les heures complémentaires sur toute la durée du contrat.
Au passage l’État perd encore 28 500€ pour ces 3 jugements, le cadre du contrat CUI-CAE n’étant par ailleurs pas respecté non plus pour l’obligation de formation et l’accompagnement du retour à l’emploi !
Le ministère reconnaît aujourd’hui son erreur
Contrairement aux propos qui nous avaient été tenus en audience en 2014, le ministère a reconnu récemment que la modulation permet des semaines « hautes » et des semaines « basses », mais qu’elle implique un temps de travail moyen de 20 heures sur l’ensemble des 36 semaines travaillées de l’année scolaire – ce qui n’est pas le cas avec l’annualisation, qui débouche sur des semaines de 24 heures hebdomadaires, voire de 26 heures, durant les 36 semaines travaillées de l’année scolaire.
Enfin ! Le ministère reconnaît donc que les CUI-CAE ne peuvent pas travailler au-delà du temps de travail spécifié sur leur contrat sous prétexte de compenser les semaines de congés scolaires.
Il s’engage à « sensibiliser » le réseau des gestionnaires de CUI-CAE. Il avait donné des instructions dans ce sens dès la rentrée 2016 aux inspecteurs d’académie.
Alors pourquoi l’annualisation persiste t elle dans certaines académies ?
SUD éducation appelle tous les personnels concernés à se réunir pour discuter d’une action commune afin de mettre fin au travail gratuit et pour demander le paiement des heures complémentaires effectuées.
Si vous êtes sous contrat CUI-CAE et que votre temps de travail est annualisé (22h, 24h ou pire encore 26h effectuées payées 20h), contactez le syndicat SUD éducation de votre département.
SUD éducation demande une nouvelle audience au ministère et agit localement pour mettre fin à cette pratique abusive.

4-QUAND LES DASEN PIOCHENT DANS LES EFFECTIFS DE PE POUR CREER DES POSTES D’INSPECTEURS.
Non, non ce n’est pas une blague dans plusieurs départements nos camarades ont eu la surprise de voir des créations de postes d’inspecteurs pris sur les effectifs de PE.
Tout ça en dit long sur la caporalisation à la quelle est soumise notre profession.
A-t-on vraiment besoin de celui dont le boulot consiste à faire un copier-coller sur une grille d’évaluation et qui dans le meilleur des cas n’a pas pris une classe depuis 10 ans ? Et d’ailleurs quand ils en avaient une, on espérait souvent qu’ils aillent avoir ailleurs (mais les bons conseilleurs sont souvent les mauvais payeurs.).
A-t-on besoin de ces girouettes qui vent debout vont venir morigéner les collègues pour vendre la pédagogie bleue soutenue par le pouvoir en place, puis 5 ans après et des fermetures de postes en sus vont défendre la pédagogie orange reniant au passage ce qu’ils avaient soutenu fermement lors de la précédente mandature ?
Non vraiment, on a besoin de gens qui font leur boulot et qui la plupart du temps le font en dépit des modes, et qui sont bienveillant avec leurs élèves.
Que penser de ces caciques qui déboulent dans les classes de collègues expérimentés pour leur expliquer
qu’ils sont dangereux, qu’ils font mal leur travail d’enseignant ?
Qu’est-ce qu’ils proposent en terme de formation continue à part des digests (qui souvent ne le sont pas) de bouquins que les collègues savent parfaitement décrypter, ou pis encore une indigente exégèse des évaluations.
Pour certains ce boulot est devenu une vraie galère loin des aspirations qui les ont guidées vers l’enseignement. Mais ce ne sont pas les rames qui les accablent ce sont qui manient le fouet.
Pourtant ces derniers devraient se méfier car ce ne sont pas leurs coups qui font avancer le navire, ce sont les galériens. Ceux-là devraient aussi se rappeler qu’ils sont plus nombreux et qu’ils ont une force collective pour se soutenir mutuellement face à ce qui n’est pas acceptable.
A Sud éducation on porte haut et fort nos revendications auto-gestionnaires et on pense que l’urgence n’est pas à engraisser la hiérarchie mais à mettre des moyens sur le terrain.

5- LES RENDEZ-VOUS DE LA SEMAINE

1) Lundi 6 mars, dès 17h, parvis de la mairie de Grenoble, rassemblement contre l’austérité municipale
(https://www.facebook.com/events/1732795417035745/)

2) mercredi 8 mars, dès 15h40, félix poulat, grève et manifestation pour la journée internationales des luttes des femmes
(https://www.facebook.com/events/1302407139892014/)

3) samedi 11 mars, 13h30, arrêt de tram grand place, marche pour le droit au logement (https://www.facebook.com/events/366408967079700/)


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