ULIS COLLEGE : LE RAS LE BOL

Lettre à la DASEN de l’Isère
lundi 11 mars 2019
par  PY

Depuis quelques années, c’est le grand n’importe quoi dans les dispositifs ULIS collège de l’Isère.
Il est urgent d’améliorer les conditions de travail.
Les enseignants coordonnateurs demandent donc l’application de la circulaire de 2015 avec un retour à un effectif de 10 élèves par unité maximum.
Ils demandent également une seconde AESH par dispositif ULIS, afin de favoriser les inclusions dans les classes ordinaires.

Enseignant.e.s coordinateur.rice.s d’ULIS collège de l’Isère
c/o adresses académiques des signataires

Grenoble, le 4 mars 2019

Mme HENRY
IA-DASEN de l’Isère
Copie à Mme RANCHY
Conseillère chargée de l’adaptation scolaire et de
la scolarisation des élèves handicapés
M. GLANDU et M.DOURTHE
IEN-ASH Isère Nord et Sud

Madame,

Le BO du 21-8-2015 précise au sujet des Ulis dans le second degré que : « Le nombre d’élèves qui bénéficient du dispositif au titre d’une Ulis collège ou lycée ne dépasse pas dix. [...] L’IA-DASEN peut également augmenter l’effectif d’une Ulis donnée si la mise en œuvre des PPS des élèves le permet.
Les critères de modulation du nombre d’élèves bénéficiant de l’Ulis s’appuient sur les temps de présence effectifs dans le dispositif et les temps d’inclusion scolaire en classe ordinaire ainsi que sur les projets personnalisés de scolarisation."
Au fil des années, nous avons vu augmenter nos effectifs de façon constante pour atteindre au moins quatorze !
Or, contrairement à ce qu’indiquent les textes officiels, les temps d’inclusion de nos élèves en classe ordinaire ont stagné voire régressé.
En effet, le nombre d’élèves ayant des niveaux cognitifs de cycle 2 en fin de collège (certains même ayant des notifications pour une orientation en IME) ainsi que d’élèves en difficulté sociale, affective, psychologique ou présentant des troubles du comportement et de la conduite est croissant.

Les conséquences sont :
- des élèves en réelle souffrance lors des inclusions du fait d’un écart cognitif s’accroissant au fur et à mesure de leurs années au collège et ce malgré les efforts d’adaptation de la plupart de nos collègues,
- des élèves aux besoins spécifiques et éducatifs tellement différents qu’ils nécessitent non plus des adaptations par groupes de besoin mais des adaptations individuelles que ne permettent pas de tels effectifs,
- des enseignant.e.s en classe ordinaire qui nous demandent, au vu du nombre croissant dans leur classe d’élèves à BEP (élèves avec un PPS, PAP, PAI, PPRE, migrants,...), de limiter ou d’interrompre en cours d’année l’inclusion de nos élèves dont ils ne peuvent gérer ni les écarts de niveau cognitif, ni les besoins spécifiques, ni les troubles du comportement,
- enfin, nous, enseignant.e.s coordinateur.rice.s qui ne pouvons plus accomplir notre mission correctement.

Dès la fin août et toute l’année durant, nous passons nos soirées et week-ends à la mise en place des emplois du temps individualisés, la rédaction des geva-sco, l’organisation de mini-stages et de stages en entreprise, la constitution des PPO...
Nous assurons l’enseignement de 21 heures avec souvent 21 configurations différentes d’élèves.
Les regroupements à 10 élèves ou au-delà sont majoritaires. Dans la même heure, nous devons par exemple construire la notion de catégorisation des problèmes pour des élèves de niveau de début de cycle 2, assurer la compréhension du théorème de Thalès d’un élève de 3ème qui passe le DNB pro, aménager un contrôle sur les séismes en 4ème d’un élève qui vient le refaire en regroupement car il n’a presque rien su faire durant l’heure en inclusion, aider à la compréhension d’un cours en anglais ou en histoire parce que le collègue nous a expliqué que sans cette aide, l’élève inclus était trop « en décalage »...et tout cela en gérant les troubles du comportement éventuels de certains.
Nous tentons de répondre aux sollicitations d’aide d’une trentaine de collègues puisque l’accroissement de nos effectifs a eu pour corollaire l’accroissement du nombre de classes dans lesquelles nos élèves sont inscrits. Nous gérons donc la coordination de 6 à 9 équipes éducatives et sommes invité.e.s à autant de conseils de classe.
Nous veillons avec les CPE, enseignant.e.s et les AED à l’intégration et à la participation des élèves de l’ULIS aux activités éducatives, culturelles et sportives et au projet d’établissement. Nous organisons des sorties scolaires spécifiques au dispositif.
Nous recevons, écrivons ou appelons les familles, les éducateurs, les psychologues, les orthophonistes, les neuro-psychologues...ou encore les chauffeur.e.s des taxis du CG.
Et comme une journée a plus de douze heures, nous nous connectons encore à l’ENT, gérons des dizaines de mails quotidiens de nos collègues enseignant.e.s, AED, CPE, chefs d’établissement ou encore des secrétaires qui nous font suivre toutes les informations envoyées aux PP de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème,...

Il nous est devenu impossible de gérer une telle charge de travail de coordination et d’enseignement sans mettre à mal notre équilibre personnel et familial. Avant tout, nous ne sommes plus en mesure d’assurer pour tous nos élèves leur bien-être, la meilleure progression possible et leur préparation à une orientation en adéquation avec leur choix et leurs possibilités.

Enfin, nous tenons à vous informer de notre totale solidarité avec les personnels AESH qui subissent des bas-salaires aggravés par des temps incomplets imposés. De plus, les temps d’autoformation et de coordination avec les autres membres de l’équipe éducative ne sont pas rémunérés. Ces moments doivent être compris dans le temps de travail des AESH qui doivent voir leur salaire augmenter.

Au vu de la réalité exposée ci-dessus, nous demandons donc l’application de la circulaire de 2015 avec un retour à un effectif de 10 élèves par unité. Nous demandons également une seconde AESH par dispositif ULIS, afin de favoriser les inclusions dans les classes ordinaires.

Les syndicats SNES, PAS, SGEN, Sud Éducation, FO et UNSA dont un certain nombre d’entre nous sommes adhérent.e.s sont informés de notre démarche et nous soutiennent dans notre action collective.

Nous vous remercions d’avance de votre réponse à toutes et tous via nos adresses mails académiques et vous prions de croire, Madame, en notre profond attachement à un service public d’éducation de qualité.

Les 27 enseignant.e.s coordinateur.rice.s d’ULIS collège de l’Isère signataires


Documents joints

Lettre collective ULIS collège à DASEN (...)

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