Rentrée 2009/2010 - Bilan des réformes

dimanche 13 septembre 2009

Plus d’un an après leur mise en place, les réformes Darcos semblent désormais faire partie du paysage. Pourtant un front inédit et de grande ampleur rassemblant les parents d ‘élèves, les chercheurs et une grande partie de la profession avait clairement affiché son hostilité à ces réformes.

Qu’importe, le ministère de l’Education a maintenu le cap manifestant au mieux du mépris pour les revendications au pire une brutalité qui porte désormais la marque de l’UMP dès qu’il s’agit de régler les conflits sociaux.
Le verdict de classe condamnant les ouvriers de Continental ou bien plus près de notre secteur professionnel, François de Lillo directeur ariégeois opposé à base-élèves qui vient d’apprendre son déplacement par lettre d’huissier appuient ce triste constat.

Pour Sud Education, les motifs de mécontentement restent donc inchangés et ce ne sont pas les quelques aménagements négociés en catimini qui amendent la philosophie globale de ce projet.

Les faits viennent étayer les craintes que nous fondions au printemps 2008.
La casse des Rased , corollaire de l’aide personnalisée et des stages de remise à niveau est en marche. Certes le coup de massue est plus diffus qu’annoncé mais lorsqu’il s’agira de faire un bilan chiffré ce seront bien des milliers de postes fermés et le traitement de la difficulté renvoyé à des dispositifs inopérants. Le ministère se garde bien de communiquer sur l’impact de ces mesures lui qui est si friand d’évaluations.

Mais que doit-on attendre d’un gouvernement et d’un ministère qui en pleine crise nous promettent que la reprise est au coin de la rue ? De l’honnêteté certainement pas, de l’intox assurément.

Les évaluations nationales sont de ce point de vue assez représentatives des techniques de manipulations à l’œuvre dans l’Education nationale. M.Darcos et M.Châtel n’ont pas été très prolixes sur les méthodes et les outils d’analyse des résultats des évaluations. Et pour cause. La DEPP (direction de l’étude et des prospectives), une équipe pluridisciplinaire composée de sociologues, de pédagogues et de statisticiens est en cours de restructuration (c’est le vocable pour utilisé pour liquidation). La mission est donc confiée à la DGESCO (direction générale de la scolarité) dont la vocation première est la gestion des effectifs et la communication du ministère. Autrement dit, on confie à une équipe parfaitement incompétente mais rompue à créer des écrans de fumée, l’analyse des résultats.
Cela semble d’une frivolité inouïe pour une mesure phare sensée changer la trajectoire de l’échec scolaire. Mais en haut lieu on n’est plus à une malhonnêteté près dès qu’il s’agit de dresser les foules contre le système éducatif afin de mieux le démanteler et de livrer pieds et points liés au privé.
Ce ne sont pas des chimères.

Le feu vert donné au développement des jardins d’enfants en concurrence de la maternelle, l’inflation de formation destinées aux assistantes maternelle afin qu’elles se spécialisent pour opérer dans ces nouvelles structures sont désormais une réalité.

Et que dire maintenant de la faillite de certaines MDPH (maison départementale des personnes handicapées,voir article du monde du 26/08/09)...
Les MDPH s’occupent notamment de l’orientation des élèves porteurs de handicaps mais aussi de leur accompagnement matériel : prise en charge de certains soins, services ambulatoires, matériel mis à disposition.
Elles sont placées sous la tutelle de l’Etat et des collectivités territoriales .Ces dernières dans le cadre de la décentralisation ont vu leurs compétences augmenter mais surtout leurs charges. Tant et si bien que l’offre d’un département à l’autre peut être variable. Peut-on raisonnablement comparer le budget d’un département comme la Creuse avec celui des Hauts-de-Seine (18000 euros/hab pour le premier 73000 pour le second).En dépit des efforts consentis par certains départements, il y a donc rupture d’équité sur le territoire dans la question du handicap.
Aujourd’hui certaines MDPH sont condamnées à faire appel à des bailleurs privés pour survivre ou ont assigné l’Etat à payer ses dettes et à assurer ses engagements (Finistère, Seine-et-Marne, Paris, Ardennes).
Il s’agit purement et simplement de la privatisation des services publics.

Et que dire enfin de la destruction de la formation des enseignants. A Sud éducation nous avons longtemps milité pour la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité et ce nouveau coup porté aux personnels et aux statuts est accablant.
Il n y pas à être leurré par les mesures transitoires accompagnant cette réforme. A terme les individus formés et titulaires d’une qualification reconnue au niveau européen seront employables et constitueront un vivier docile et flexible à souhait pour des établissements de plus en plus autonomes et placés sous la férule d’un petit potentat (EPEP, EPLE, etc…).

Alors qu’attendons nous ?
Un signe des états majors syndicaux, ceux-la même qui s’alignent sur le ministère notamment lors des discussions sur la masterisation ? Ceux qui se languissent à la porte du ministère et qui arborent 400 euros pour les évaluations comme un trophée et qui s’enorgueillissent d’être des partenaires crédibles ? Assurément non.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons.

Alors organisons-nous, unissons-nous à la base pour porter nos revendications et faire reculer ce qui apparaît comme inéluctable.


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