Journal Académique n°54 Septembre 2009

jeudi 17 septembre 2009

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Journal Académique n°54 Septembre 2009
Journal Académique n°54 Septembre 2009

p. 1 : Edito ...

p. 2 : Loi de mobilité

p. 3 : Loi de mobilité suite

p. 4 : Mutations 2009

p. 5 : Nouvelles du 1er degré

p. 6 : Stage de formation syndicale

P. 7 : Interpro — Salut Momo

P. 8 : SOMMAIRE/ADHESION

Le grand équarrissage

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Alors que l’on essaye d’endormir les foules avec des contes de fées du style « la fin de la crise est toute proche », le chômage, bien réel lui, n’en finit pas de progresser. Depuis un an, c’est presque un million de travailleurs qui se sont vus privés de leurs emplois dans notre beau pays de cocagne. Dans les faits, il n’y a rien qui permette d’espérer un relâchement dans l’acharnement que les classes possédantes mettent à faire payer la crise aux salariés. Il ne faut donc pas s’attendre, dans les mois qui viennent, à un ralentissement des licenciements et aucun secteur ne sera épargné.

A l’éducation nationale, on va continuer à nous administrer un remède de cheval. Après les 13 500 postes qui viennent de disparaître cette année, il est prévu d’en supprimer 16 000 supplémentaires pour la prochaine rentrée. En ajoutant à ces chiffres les suppressions opérées depuis 2007, nous arriverons à un total de 49 400 destructions d’emplois à la rentrée 2010. Beau palmarès en perspective, sauf si bien sûr nous réussissons à y mettre le holà !

Pour atteindre ces objectifs, alors que les effectifs augmentent de 16 000 élèves dans les collèges et de
17 000 dans le premier degré (Le Monde 31/08), notre nouveau ministre, Luc Chatel, ancien dirigeant de l’Oréal, ne fait pas vraiment preuve d’originalité. Il va, comme il l’a annoncé sans fard, continuer tous les chantiers de démolition que son prédécesseur avait lancés. Le bac professionnel en 3 ans sera généralisé ouvrant ainsi la possibilité de diminuer jusqu’à un quart le nombre des collègues dans ces filières. La « réforme » du lycée ensuite, dont un rapport d’audit chiffrait à près de 24 000 le nombre de postes qui pourraient être supprimés, est annoncée pour la rentrée 2010. On doit en connaître le détail dans quelques semaines et ça risque d’être gratiné. Dans le premier degré, ce sont les postes de RASED qui vont continuer à faire les frais de cette politique, par tranches de quelques milliers à chaque rentrée. Enfin la mastérisation des concours dont la mise en place est également prévue pour 2010, en rallongeant d’une année la formation et en supprimant celle du stage en situation fera aussi économiser des milliers de postes. Et comme toutes ces attaques ne seront sûrement pas suffisantes pour combler les déficits creusés au profit du capital, le gouvernement s’est doté pour faire fondre encore plus vite les effectifs de la fonction publique, d’une grosse A.D.F. (Arme de Destruction de postes de

Fonctionnaires) avec la loi dite de « mobilité ». Cette dernière, votée comme il se doit en loucedé le … 6 août, permet tout simplement le licenciement des fonctionnaires (voir article page 2.)

Ces sombres perspectives devraient à elles seules mettre le feu aux poudres. Il est clair qu’en d’autres temps, une seule de ces agressions aurait été suffisante pour faire souffler un vent de révolte dans toutes les salles des profs. Las, il semble bien que le moral des collègues soit dans les chaussettes et qu’une certaine fatalité soit en passe d’anesthésier toute espèce de réaction. Faut-il voir dans cette situation le résultat de la désastreuse impuissance sur laquelle a débouché la stratégie de l’unité syndicale de l’année dernière ? Bien plus que l’absence de la moindre initiative de lutte, c’est dans ses effets démoralisateurs que cette unité de carton-pâte a probablement fait le plus de mal. Après avoir présenté ce gros machin comme l’alpha et l’oméga, le truc qui - c’est sûr ! - allait faire des miracles par son seul effet multiplicateur, il est bien normal que sa piteuse faillite (rappelez-vous les rendez-vous historiques) soit ressentie par beaucoup de travailleurs comme un grave échec. Et pourtant l’ampleur des mobilisations des 29 janvier et 19 mars avait montré qu’il existait une vraie possibilité pour lancer une contre-offensive généralisée du monde du travail. Hélas, c’est sous couvert du maintien de cette pseudo unité, que chaque organisation de ce grand barnum syndical a justifié son inaction avec le résultat que l’on sait.

Rien d’étonnant donc qu’en cette rentrée des classes la plupart de ceux qui d’habitude roulent des mécaniques soient aux abonnés absents. Qu’on en juge : le SNUipp dans le primaire et le Snes dans le secondaire envisagent de mener une « action préventive » (sic, interdit de rire) avant … la Toussaint (re-sic, là vous pouvez vous lâcher). Quant aux Laurel et Hardy du G8, Chérèque et Thibault, ils se sont faits des papouilles pendant l’université d’été de la CFDT (et oui eux aussi), sans annoncer la moindre perspective. Le leader cédétiste a même confessé à La Croix (29/08) que « les manifestations ont montré leurs limites » et qu’il se demandait « quel élément unificateur trouver » entre un enseignant, une infirmière ou un ouvrier licencié. On croit rêver. La CGT, qui plus souvent que les autres est confrontée à l’impatience d’une partie de sa base, vient de lancer la suggestion d’une journée de mobilisation pour le … 7 octobre. FO et la CFDT ont déjà annoncé qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ce jour là !
Évidemment tout cela n’est pas franchement fait pour transformer les galériens des préaux que nous sommes en véritables warriors de la lutte sociale.
Sud éducation ne partage pourtant pas le pessimisme ambiant. D’abord parce que nous savons que chaque crise est l’occasion pour la bourgeoisie d’essayer de reprendre ce qui avait été concédé pendant les périodes de croissance. Toutes celles du passé ont montré que ce qui avait été arraché de hautes luttes pouvait s’évanouir quand la force pour les défendre faisait défaut. Il n’y a là donc rien qui puisse nous étonner. Ensuite, les très fortes mobilisations de janvier/février en métropole et les longues grèves générales victorieuses des travailleurs antillais au printemps, nous ont démontré que la partie est loin d’être perdue. Enfin nous sommes persuadés que l’exaspération de millions de salariés de ce pays ne pourra manquer tôt ou tard de se traduire dans les luttes. L’expérience nous a appris que la généralisation de celles-ci ne dépend en réalité que de la volonté des travailleurs eux-mêmes. Notre rôle à la fois modeste et essentiel, en tant qu’organisation syndicale, est d’en rappeler la nécessité et de saisir chaque opportunité pour en aider la réalisation. Aujourd’hui plus encore qu’hier « le capital et le travail n’ont plus rien à se dire, ils n’ont plus maintenant qu’à s’empoigner ». ( R. Luxemburg )

Abrogation de la loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels !

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Sous le soleil exactement

Au tout début des vacances scolaires, la loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique a été tranquillement examinée par nos députés ; c’est sûr que les quelques 300 personnes qui s’étaient rassemblées à l’appel sans tambours ni trompettes de la CGT, la FSU, Solidaires et FO devant l’assemblée nationale le 2 juillet ne menaçaient guère la bonne tenue des débats. Très tranquillement, sans surprise et sans tsunami social la loi a donc été adoptée le 23 juillet.

On sait bien que la période estivale est propice aux attaques contre les droits des salariés, et que ceux qui nous dirigent ne craignent guère d’improbables mobilisations ; ils en profitent ainsi pour régler vite fait bien fait les sujets qui fâchent. Les régressions sociales passent donc comme une lettre à la poste … Tout juste y aura t’il eu de rares et maigres rassemblements (quelques centaines de personnes tout au plus dans l’hexagone), tout juste aura-t-on entendu une ou deux brèves ça et là sur ladite loi, presque autant que sur celle instaurant la “ liberté ” de travailler le dimanche ... et ce fut tout. Pour rappel, le projet de loi a été voté par le Sénat en 2008, et Sarko a déclaré l’urgence de ce projet.

Maintenant la loi est donc définitivement votée et a été publiée au Journal Officiel le 6 août ; il ne nous reste donc plus qu’à nous mobiliser pour en obtenir l’abrogation …
Philosophie générale : employabilité et approche par les compétences

La lecture du Rapport annuel sur la fonction publique dont la synthèse est parue fin juillet, et qui s’appuie notamment sur ladite loi de mobilité est édifiante. En ce début du XXIème siècle, alors que la société bouge, que l’économie a besoin de flexibilité et de mobilité (car celles-ci sont des garanties d’augmentation de la productivité et des profits), les quelques 5,3 millions d’agents de la Fonction publique, sans compter les emplois aidés, qui représentent quand même 21 % de l’emploi total en France, doivent eux aussi vivre avec leur temps, donc être mobiles, et pour cela “ pérenniser leur employabilité ” : si un métier devient obsolète, et que d’autres émergent, il va bien falloir s’adapter, dans la Fonction publique comme ailleurs. Dans les trois fonctions publiques, on développe donc des répertoires des métiers et des compétences nécessaires. On travaille à personnaliser la Gestion des Ressources Humaines en renforçant l’accompagnement individuel des agents.

Cela fait plusieurs années que l’on expérimente sur les chômeurs les parcours personnalisés, les bilans de compétence, la mobilité vers des boulots forcés sous peine de suppression des allocations … la fameuse règle des droits et des devoirs. Après que les plus précaires en aient été les cobayes, le même discours managérial a été distillé au fur et à mesure des lois de régression concernant les autres salariés, et en particulier ceux de la fonction publique -RGPP, mobilité etc. (…)
“Créer des garanties pour faciliter la circulation des hommes et des compétences. ”

La loi vient donc à point pour résoudre les “obstacles juridiques, financiers et culturels” qui empêchent la mobilité des fonctionnaires. Dame !

Au sein des trois fonctions publiques, (d’État, hospitalière et territoriale) et entre elles aussi, la garantie de cette mobilité passe par l’accompagnement personnalisé des agents : “ mieux recruter, mieux former –personnaliser le développement de compétences-, mieux évaluer –fixation d’objectifs et appréciations des résultats de chacun-, mieux rémunérer en adaptant la politique salariale aux objectifs de personnalisation et de performance … ” Il s’agit de “ décloisonner les corps ”, de “ faire mieux en personnalisant la gestion, mieux pour les services et mieux pour les agents. ” Mieux pour les services, c’est bien évidemment faire avec moins, (cf. le feu d’artifice des suppressions de postes) en pressant ceux qui restent comme des citrons pour qu’ils deviennent plus flexibles et mobiles, et que leur employabilité sans cesse actualisée leur permette d’être réorientés professionnellement si besoin.

Les projets abondent d’ores et déjà dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, certaines expérimentations ont eu lieu en 2008-2009 dans le Nord Pas de Calais par exemple ou en Picardie pour réorganiser “ la mobilité fonctionnelle ” interministérielle ou inter fonctions publiques dans un même bassin d’emploi.

La loi de mobilité introduit des changements de fonds : à titre expérimental (pour une durée de 5 ans), l’article 14 introduit la “ possibilité ” de cumuler des emplois à temps non complet dans les trois versants de la Fonction publique. Ainsi un fonctionnaire d’État pourra (s’il donne son accord … pour l’instant), exercer un mi-temps dans une administration d’état et un autre mi-temps dans une collectivité territoriale. Liberté, liberté chérie… On sait que la liberté si chère à nos dirigeants se paie cher en terme de contrepartie : ce qui est en jeu ici, c’est la fameuse garantie d’emploi. Car le développement de l’employabilité et donc de la mobilité va évidemment de pair avec la politique d’économie (de suppressions de postes) orchestrée par la RGPP. Et on imagine bien que cette mobilité sera forcée lorsqu’il deviendra urgent d’accélérer les économies : soit tu t’adapteras et tu changeras de boulot, soit tu complèteras ton boulot en cumulant plusieurs activités, soit tu le perdras. Sur les récalcitrants pèsera donc bien la menace de la perte de leur poste …

La réécriture de l’article 36 du statut général qui stipulait qu’en cas de suppression de son emploi, le fonctionnaire était affecté dans un emploi de son corps d’origine au besoin en surnombre provisoire, est claire comme de l’eau de roche : désormais un fonctionnaire de la FPE dont le poste est supprimé doit être réorienté (article 7) et il peut être affecté (même provisoirement) dans un emploi de la FPT ou de la FPH à l’initiative de l’administration. Et “ lorsque le fonctionnaire a refusé successivement trois offres d’emploi public fermes et précises correspondant à son grade et à son projet personnalisé d’évolution professionnelle, et tenant compte de sa situation de famille et de son lieu de résidence habituel […] dans ce cas, il peut être placé en disponibilité d’office ou, le cas échéant, admis à la retraite.” C’est bien là la possibilité du licenciement pur et simple.

L’article 20 permet de recruter des contractuels pour remplacer des fonctionnaires “ momentanément ” indisponibles pour une durée maximale d’un an. Rien de bien nouveau peut-être. Mais quand il n’y aura pas de recrutements possibles de non-titulaires, les administrations pourront faire appel aux agences d’intérim … On pense évidemment, pour l’EN, à la fameuse Agence Nationale pour le Remplacement (ANR) imaginée par Darcos, qui doit être mise en place en 2009-2010. Les TZR coûtent trop cher : payer quelqu’un à ne rien faire parfois pendant quelques jours et quelques semaines, c’est de l’argent gaspillé. Et évidemment, les plus précaires sont les plus mobiles et les plus à même de couvrir à moindres frais des besoins à court terme. Évidemment, car ils n’ont guère le choix : il leur faut bien accepter des conditions de travail dégradées, le cumul de plusieurs boulots à différents endroits s’ils veulent tout juste survivre.

Parce qu’on le vaut bien …

Il n’est guère difficile de prévoir à quelle sauce nous allons être mangés dans l’Éducation nationale : ça a déjà commencé … Certainement on exigera de nous d’être flexibles quant à la matière que l’on enseigne si l’on est prof, la réduction des moyens qui entraîne la multiplication des services sur plusieurs établissements nécessitera une plus grande mobilité physique … (on pense aux agents administratifs de gestion par exemple qui doivent gérer de plus en plus d’établissements, aux assistantes sociales partagées entre 3 ou 4 bahuts etc.) La pression qu’instaure la loi par l’introduction concrète de véritables sanctions sera d’autant plus incitative.

Le rapport sur la FP évoque aussi à plusieurs reprises le traitement régional des besoins répertoriés dans les bassins d’emploi. Rien de très réjouissant donc : car le tout s’accompagnera du développement des emplois précaires, plus adaptés au souci d’économie et de gestion à court terme et à flux tendu desdits besoins (cf. l’ANR.)

L’heure est grave. Certes, la grippe A focalisera les attentions à la rentrée ; ce serait bien toutefois de ne pas parler que de ça, et de considérer ce qui nous attend si nous ne nous mobilisons pas : il ne s’agit pas tant de défendre nos acquis (la garantie de nos emplois) parce que ce sont des acquis que n’ont pas d’autres salariés, mais de mettre en perspective quelles garanties un emploi, quel qu’il soit, doit procurer, (en termes de salaire, de droits) ; de rappeler que les dépenses publiques ce n’est pas de l’argent gaspillé mais un investissement social qui profite à la collectivité et pour lequel il n’est pas question de compter.

Il s’agit de repartir des besoins collectifs, de ce qui constitue le bien commun (santé, éducation, fluides …), de ce que la société doit procurer à tous pour plus d’égalité, pour contrer la logique de profit et de management individuel qui gouverne l’ensemble des réformes.

Vers le règne de l’arbitraire

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Dès décembre 2008, le ministère a mis en place un service « Info mobilité », censé apporter une aide personnalisée aux enseignants de l’EN dans la formulation de leurs vœux de mutation.
Puis, en mars 2009, ladite cellule mobilité annonçait le projet d’affectation des enseignants dans le cadre du mouvement inter-académique, avant même la tenue des commissions paritaires …

Le ministère a ainsi instauré l’externalisation de l’une des missions du service publique de l’éducation, un prestataire privé étant chargé de communiquer les résultats des mutations aux personnels. Résultat, nombre d’erreurs, de rectifications, et les collègues ont eu bien du mal à savoir sur quel pied danser. La « mobilité » des enseignants est sans aucun doute un marché juteux et le recours à « prestataires privés » pour la gérer bien plus économique que les services administratifs … Cela n’augure rien de bon pour la suite, et les mutations 2010, si rien n’est fait pour contrer cette amorce de gestion individualisée des situations faisant fi du contrôle exercé par les syndicats sur la gestion des personnels, se feront dans la même lignée.

Rebelote lors des muts intra dans l’académie de Grenoble.
Alors que les CAPA ont pour rôle de contrôler que les règles communes soient bien respectées, et que les syndicats et les représentants qui y siègent sont là pour défendre les droits du personnel, l’annonce des projets d’affectation avant la tenue des commissions a chamboulé les règles jusqu’ici en vigueur.

Dès lors que le rectorat avait annoncé des mutations, effectuées parfois au mépris du respect des barèmes pour en réaliser plus, et donner l’illusion d’une certaine fluidité d’un mouvement rendu particulièrement rigide dans un contexte de suppressions massives de postes, il a été difficile voire impossible de rectifier le projet du rectorat et de rétablir un juste traitement des demandes de mutation : alors que selon les règles établies jusqu’ici, dans le respect des barèmes, certaines mutations n’auraient pas dû avoir lieu, le rectorat a tenu à modifier son projet le mois possible, et un certain nombre de mutations effectuées sans garantie de règles équitables ont ainsi été entérinées lors des CAPA. Résultat, des collègues ont muté alors qu’ils ne l’auraient pas dû, et d’autres se sont vus privés d’une mutation à laquelle ils avaient droit selon leur barème.
Bref, le barème est devenu indicatif, et le rôle des syndicats (contrôler, corriger et améliorer les projets de l’administration) complètement obsolète.

Sud éducation défend le paritarisme non pas pour défendre sa chapelle, mais dans un souci égalitaire : tous les enseignants doivent être logés à la même enseigne, et leurs demandes de mutations examinées dans le respect des barèmes, de sorte qu’elles se déroulent dans la transparence, selon des règles clairement déterminées, et non pas arbitrairement.

Si ces règles devaient à nouveau être ignorées, Sud éducation posera la question de la légitimité de siéger lors des commissions paritaires 2010.

Evaluations

Contestées par la profession, les spécialistes de la pédagogie et les parents d’élèves, les évaluations ont cristallisé une partie du rapport de force avec le ministère de l’Éducation Nationale l’an passé. Ce passage en force n’est pas anodin, elles permettent de justifier les réformes elles aussi passées au forceps ces dernières années. Le ministère ne recule devant rien pour les imposer y compris devant le ridicule. Si Sud éducation est farouchement opposé à la culture de l’évaluation on relève néanmoins que l’élaboration de ce dispositif n’est plus confié comme auparavant à des équipes pluridisciplinaires (pédagogues, statisticiens, sociologues) mais à la DGESCO dont l’approche des questions de l’éducation relève plus de la gestion, de la communication que de l’analyse. L’objectif devient donc assez clair ; avec l’assouplissement de la carte scolaire, les évaluations vont permettre le classement des établissements et les garanties officielles ne résistent pas à la connaissance du terrain où l’on connaît la perméabilité des informations. Sans consignes syndicales claires et unitaires appelant au boycott ou au sabotage, il y a fort à parier que ce dispositif va s’installer dans une routine mettant en péril l’intégrité d’une institution promise au démantèlement.

Aide personnalisée

Mesure phare des réformes engagées par X. Darcos, elle en reste l’une des plus redoutables Les discours post électoraux et lénifiants tenus par les grandes organisations syndicales qui ont contribué à assouplir la résistance organisée avec l’ensemble de la communauté éducative en dissimulent mal les conséquences désastreuses. Les Rased sont démantelés petit bout par petit bout. Les conditions de travail se sont dégradées notamment à cause la flexibilité horaire qu’impose la mise en place de ce dispositif. Enfin malgré les efforts de communication du ministère à ce sujet, cette aide est inefficace et inopérante dans le traitement des difficulté scolaires. Les origines en sont multiples et nécessitent des interventions variées qui ne peuvent se réduire à du rabâchage. Enfin parmi les ratés du dispositif, il est à noter que la mise en œuvre de cette aide personnalisée a considérablement varié entre deux académies voire entre deux circonscriptions, exposant les personnels à l’arbitraire le plus total.
Il est donc plus que temps de mettre hors d’état de nuire un système qui produit de la souffrance dans les équipes et chez les élèves.

L’avenir de la maternelle

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Les déclarations fracassantes de X. Darcos reprises avec guère plus de subtilité par N. Morano ne sont pas de nature à apaiser les craintes quant à l’avenir de l’école maternelle. Il ne s’agit pas de pures spéculations : les collectivités locales sont sollicitées pour mettre en place des jardins d’enfants censés les accueillir jusqu’à l’age de 5 ans, se substituant au passage aux deux premières années de maternelle et avec l’appui des textes officiels qui ne font désormais valoir le droit à la scolarité qu’à partir de cet âge. Des ATSEM en formation un peu partout sur le territoire nous ont fait remonter les pressions, l’insistance de la part des organismes formateurs pour les orienter dans cette direction. En plus de la disparition de dizaines de milliers de postes, cette offensive sur la maternelle en dit long aussi sur l’idéologie sous-jacente : disqualification des savoirs pré-élémentaires, échec assuré pour les enfants dont l’entrée en maternelle est vitale pour le restant de leur scolarité, privatisation avancée du secteur de la petite enfance, atteinte au travail féminin.
Le combat pour le maintien de la maternelle relève d’une logique de société qui en tant que telle nécessite la mobilisation de tous ses acteurs .

Rassemblement Jeudi 17 septembre 2009 à partir de 17h

devant l’Inspection Académique des Bouches-du-Rhône
23, bd Charles Nédélec, Marseille 1er
(Métro St Charles)

www.soutienerwanredon.org
soutienerwaredon@gmail.com

Erwan Redon, professeur des écoles désobéisseur à Marseille, est convoqué de nouveau devant une commission disciplinaire (CAPD) le 17 septembre .
Après une 1ère CAPD le 7 juillet dernier qui n’ a débouché sur aucune sanction, l’Inspecteur d’Académie (IA) des Bouches-du-rhône n’a pas hésité à reconvoquer Erwan le 27 août. Erwan étant absent ce jour-là, les syndicats ont refusé de siéger. Qu’à cela ne tienne, Erwan est reconvoqué le 17 septembre à 15h. Il n’est plus question cette fois d’insuffisance professionnelle mais de faute professionnelle. Les sanctions encourues vont du blâme à la révocation ! L’IA qui se défendait de reprocher à Erwan ses positionnements politiques se contredit ici puisque c’est bien la désobéissance de cet enseignant en résistance qui constitue le motif de cette nouvelle CAPD, alors même que le tribunal administratif a donné raison à Erwan cet été en sommant l’administration de lui rembourser les prélèvements de salaires subis pour non respect du cadre de l’aide personnalisée. L’acharnement de l’Inspection Académique des Bouches-du-rhône à l’encontre d’Erwan Redon a assez duré … Le comité de soutien à Erwan appelle à se rassembler le 17 septembre devant l’Inspection Académique pour le soutenir et demander l’annulation de toute procédure disciplinaire à son encontre.

Formation syndicale les 16 et 17 novembre 2009

Sud éducation Grenoble organise les lundi et mardi 16 et 17 novembre un stage de formation syndicale, au local de Sud éducation, 12 bis rue des trembles, 38100 Grenoble, ouvert à tous les personnels, titulaires ou précaires, adhérents ou non …
Pour rappel, chaque fonctionnaire ou agent non titulaire, syndiqué ou non syndiqué, peut bénéficier de 12 jours de formation syndicale par an, fractionnable à volonté (une journée minimum).
La demande doit être faite au plus tard un mois avant le stage, par la voie hiérarchique, auprès de l’autorité compétente (recteur, inspecteur d’Académie…).
A défaut de réponse expresse au plus tard le quinzième jour qui précède le stage, le congé pour formation est réputé accordé.
Les décisions exceptionnelles qui le refuseraient doivent être motivées par les nécessités de fonctionnement du service et communiquées avec le motif à la commission administrative paritaire qui suit.
L’administration peut demander, après le stage, une attestation émanant de l’institut de formation. Elle ne peut exiger ni convocation ou autre document, ni d’information sur l’objet de ce stage.

Alors pas d’hésitation, vous voulez connaître vos droits, en apprendre un peu plus sur l’histoire du syndicalisme… inscrivez-vous !

Au programme : droits syndicaux, boîte à outils juridiques, boîte à outils militants ; hier, aujourd’hui, demain, le syndicalisme dans l’éducation nationale ; précaires, quels sont vos droits ?

Comment s’inscrire ?

En adressant au chef d’établissement dans le secondaire ou inspecteur d’académie dans le primaire, une demande écrite selon le modèle suivant au moins un mois avant la date du stage. En cas de problème, prévenir le syndicat.
En avertissant le syndicat de sa participation afin qu’il établisse la liste d’émargement nécessaire à l’établissement des attestations de présence.

Ci-dessous, un modèle de lettre à reproduire avec les renseignements nécessaires …


Ici, le ...

Mme/M. le Recteur s/c du chef d’établissement
ou Mme/M. l’ Inspecteur d’Académie

Mme/M. … (prénom, nom, fonction, affectation) demande à bénéficier d’un congé pour formation syndicale de tant de jours, en application de la loi n° 82-997 du 23 novembre 1982 et du décret n° 84-474 du 15 juin 1984, en vue de participer à la session de formation qui se déroulera du lundi 16 novembre au mardi 17 novembre 2009 à Grenoble, 12 bis rue des trembles, 38100 Grenoble, sous l’égide de l’I.N.F.A (Institut National de Formation et d’Application du centre de culture ouvrière, 3 rue de Metz. 75010 Paris.)

Signature


3 octobre : votation citoyenne contre la privatisation de la poste

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Le gouvernement veut faire adopter par le Parlement un projet de loi transformant La Poste en société anonyme. Il s’agit du premier pas vers la privatisation du service public postal. Alors que l’avenir du service public concerne tous les citoyens,
Un cadre unitaire très large s’est constitué il y a plus d’un an pour refuser la privatisation de La Poste. Au sein de celle-ci, tous les syndicats s’y opposent et appellent à une journée de grève le 22 septembre. Regroupant plus de 50 organisations, partis politiques, associations et syndicats, le Comité national contre la privatisation de La Poste s’est fixé comme objectif l’obtention d’un référendum sur l’avenir du service public postal. Sarkozy a décidé d’ignorer cette demande et de passer en force en faisant adopter le 29 juillet le projet de loi par le Conseil des ministres avec l’intention de le faire passer devant le Parlement avant la fin de l’année. Le comité national a donc décidé d’organiser une consultation populaire sur le sujet. C’est pourquoi, une votation citoyenne aura lieu le 3 octobre. Il s’agit par là d’obliger le gouvernement à reconsidérer sa position pour engager un véritable débat public sur l’avenir du service public postal. De nombreux contacts ont été pris, notamment avec les associations d’élus, et des maires s’engagent les uns après les autres à organiser ces consultations sur le territoire de leur commune.

Le service public appartient à toutes et à tous, montrons le en participant à la votation citoyenne !

Pour en savoir plus, voir :
http://www.appelpourlaposte.fr/spip.php?article16
http://www.solidaires.org/article26436.html

Lettre ouverte à Mme Bachelot, Ministre de la santé

Avant les vacances, vous fustigiez les Français et les médecins sur les soi-disant abus des arrêts maladies ! Aujourd’hui, vous faites une campagne sur les risques d’une pandémie grippale et vous nous assurez de la volonté de prévention de votre ministère et de vous même.

Si tel est le cas, n’est-il pas temps d’interdire toutes les formes de pressions, de sanctions et de répressions à l’endroit des médecins, des salariés, en particulier précaires, des entreprises privées, intérimaires et publiques pour les inciter à se reposer dès les premiers signes d’un état grippal, évitant ainsi les transmissions dans les transports, les entreprises et les administrations ?

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes ne peuvent plus bénéficier des assurances complémentaires et ne bénéficient pas de la CMU du fait du plafond trop bas de cette couverture. N’est-il pas temps de modifier cet état de fait, et de permettre aux personnes qui ne consultent plus, de retrouver le chemin des cabinets médicaux et des laboratoires d’analyse ? En effet, les soins dès les premiers temps de la grippe éviteront les aggravations et les « c’est rien, c’est un rhume, on verra plus tard si ça s’aggrave », période de contamination potentielle.

Aujourd’hui, vous avez diminué les moyens hospitaliers, dégradant les conditions d’accueil dans les services d’urgence où, souvent, nous sommes renvoyés vers les médecins de ville ; vous avez supprimé les structures de proximité, les centres de santé et autres dispensaires ne permettant pas l’accès aux soins des personnes à faibles revenus ; vous avez diminué les aides pour le maintien à domicile. Ne serait-il pas judicieux de rétablir ces moyens, de les renforcer ? Ces aides permettront, entre autres, aux parents de pouvoir se reposer s’ils sont atteints de la grippe dès les premiers jours.

Enfin, de plus en plus de personnes, de familles, se contentent de patates, riz et pâtes pour leurs repas et ne peuvent plus couvrir leurs besoins fondamentaux du fait de l’amputation de leurs budgets familiaux : frais générés pour les logements du fait de l’augmentation des loyers et des charges ; baisse des revenus des ménages, du fait de la précarisation accrue et des licenciements. Pourtant, un bon équilibre alimentaire permet de renforcer les défenses naturelles et de mieux résister aux virus. Allez-vous inciter vos collègues à prendre des mesures pour une meilleure alimentation dans les cantines sans discrimination financière pour les enfants ?

N’est-il pas temps d’envisager d’augmenter le SMIC et de mettre en place les moyens de sortir de cette précarisation et de cette flexibilité des revenus, des salaires par des mesures sécurisant les parcours professionnels ?

En souhaitant voir mes remarques prises en compte, veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes meilleures salutations.
Un personnel contractuel

Salut Momo

Nous avons la douleur de vous annoncer la disparition brutale de notre camarade Mohamed TOURKI. C’est à l’occasion de la lutte pour le réemploi et la titularisation des non titulaires, il y a une quinzaine d’années, que nous avons croisé sa route. Momo, comme le surnommaient affectueusement ses proches, est vite devenu l’un des animateurs les plus engagés du collectif des MA. Tous les camarades qui l’ont connu à cette époque et qui ont partagé son engagement se souviennent de sa bonne humeur, de son énergie et du courage dont il faisait preuve dans les actions parfois très dures que nous avons dû mener. Momo ne supportait pas les injustices. C’est cette allergie commune et viscérale qui l’a conduit à participer à la création de notre syndicat. Depuis quelques années, il militait au lycée du Grésivaudan à Meylan.

Nos pensées vont à sa famille, à sa compagne et à ses deux enfants.

Dans le souvenir de nos vies, il occupera la place qu’on réserve aux amis, aux vrais, à ceux sur lesquels on a toujours pu compter.


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mardi 26 juin 2018

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