Liquidation programmée de l’ASH et privatisation du handicap

vendredi 13 novembre 2009

Qu’en est-il vraiment ?

La loi de 2005 prévoyait la scolarisation des enfants et adolescents handicapés dans les écoles ordinaires.

Sud éducation, qui s’est longtemps battu contre leur exclusion, approuve cet engagement mais estime qu’il ne peut se concrétiser qu’avec tous les moyens matériels et humains indispensables or après avoir licencié massivement, en juin 2009, les auxiliaires de vie scolaire placés auprès de ces élèves parce qu’ils arrivaient au terme de leur contrat, l’administration se révèle aujourd’hui bien incapable de les remplacer par autant de nouveaux contractuels. Il en est de même pour les EVS (emplois vie scolaire) très souvent appelés à compenser le manque d’AVS. Ainsi, les conditions de scolarisation des élèves handicapées sont déplorables.
Il n’est pas étonnant que le recrutement de ces auxiliaires soit aussi déficient. En sont certes la cause les lourdeurs administratives et les aberrations de calendrier du recrutement qui ne correspond pas à celui de la rentrée scolaire mais, plus profondément, l’absence de statut de ces travailleurs précaires, la quasi-inexistence de leur formation, leurs conditions de travail difficiles et leur rémunération indigente.

La faillite d’un système.

On le voit clairement les ambitions de la loi de 2005 ne se sont pas matérialisées par des améliorations notables de la condition des porteurs de handicap en revanche la démagogie et la communication du gouvernement ,en la matière, ont été sans failles.
Aujourd’hui le cynisme est donc poussé à son extrémité puisque l’Etat par l’intermédiaire du ministère de l’Education nationale reconnaît son incapacité à assurer l’accompagnement des personnes handicapées et délègue cette mission à des associations ainsi que les financements afférents. (B.O du 22/10/2009 -circulaire n° 2009-135 du 5-10-2009 sur la continuité de l’accompagnement scolaire des élèves handicapés)

Quels sont alors les raisons de la colère ?

En agissant ainsi l’Etat alimente avec des fonds publics des associations relevant du secteur privé. Quand on sait avec quelle envie les associations qui gravitent autour de l’enseignement privé lorgnent sur les missions propres ou périphériques de l’Education nationale, il n’ y a pas de quoi être rassuré. La première étape dans un processus de privatisation consiste bien souvent à externaliser des missions autrefois dévolues à des opérateurs publics.

Mais le pire est sans doute à craindre dans la déréglementation que connaît aujourd’hui le secteur du travail social. En effet la convention collective 66, clé de voûte de secteur est aujourd’hui livrée en pâture aux réformateurs zélés qui introduisent la rentabilité et la concurrence dans le domaine social. Les fameuses associations auxquelles fait référence le B.O du 22/10/2009 vont donc se livrer à une bataille sans merci pour s’arroger la prise en charge de l’accompagnement du handicap sur le dos de l’usager ou du travailleur assurant cette fonction, car pour être rentable et concurrentiel, il n’y a pas de mystère, il faut tailler dans le gras.

Et le pire reste à venir…

Dans le même temps, la disparition des Iufm laisse planer un sérieux doute sur la pérennité du collège ASH, les formateurs n’ayant pour l’instant aucune idée (encore moins de garanties…) sur leur avenir pour la rentrée 2010.

Qui assurera alors la formation des enseignants spécialisés ou accueillant des élèves porteurs de handicap ?

La réponse est-elle à chercher dans la politique de l’inspection académique de l’Isère qui ne prévoit aucun départ en stage de formation Capa-SH pour l’an prochain et qui laisse les enseignants volontaires se former seul ou dans le cadre d’un cursus allégé dispensés par les équipes de circonscription ASH ?

Enfin la banqueroute de certaines maisons du handicap finit d’obscurcir ce triste tableau. En effet à Paris, en Seine et Marne et dans d’autres départements les MDPH ont assigné au tribunal administratif L’Etat qui n’a pas respecté ses engagements en matière de financement et qui laisse courir un grave péril à ces institutions.

L’expérience nous apprend à nous méfier car une fois de plus la tendance dans ce genre de situation est de trouver un partenaire privé s’encombrant de moins de convention pour assurer les missions autrefois dévolues à l’Etat.

Le plan espoir-banlieue en est une parfaite illustration. La substitution de cabinets de coaching aux pôles emploi est un échec en terme de coûts et de résultats. La jeunesse de banlieue est aujourd’hui confinée à des désillusions que de sinistres marchands d’espoirs ont su auparavant instrumentaliser.

Il y a donc une mobilisation et une prise de conscience globale sur le handicap à construire si on ne veut pas livrer cette question au marché et à ses bonimenteurs.


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