Journal Académique n°55 novembre 2009

jeudi 19 novembre 2009

p. 1 : édito

p. 2 : édito suite

p. 3 : réforme du lycée

p.4 : AMEN tes papiers

p. 5 : brèves

p. 6 : lutter contre l’échec scolaire

p. 7 : les chiffres des inégalités

p. 8 : Combes, reviens (loi Carle)

p. 9 : interpro

p. 10 : sommaire

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Crève générale

Le H1N1 plus fort que SUD éducation ?

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LE TRAVAIL TUE

Alors que la journée internationale du 7 octobre pour un travail décent se déroulait dans l’indifférence quasi-générale, on apprenait qu’un nouveau travailleur de chez Renault s’était suicidé. Décidément comme dirait Didier Lombard, patron de France Télécom, certaines modes ont la vie dure. On peut lui faire confiance dans ce domaine puisque ces derniers temps 25 de ses employés se sont donné la mort. Si pour une fois les médias se sont emparés de ces drames, c’est qu’il faut bien vendre de la copie. Mais l’actualité les a rapidement poussés à braquer leurs projecteurs ailleurs sans autre forme de procès. Les travailleurs, eux, vont pouvoir continuer à crever en toute tranquillité. Et ce ne sera sûrement pas avec un peu de « transparence », comme le propose l’increvable Darcos que les choses vont s’arranger. Ce que l’on se garde bien de nous dire, c’est que les conditions de travail des salariés de notre beau pays se dégradent depuis 25 ans. Ce constat n’est pas le produit d’on ne sait quel extrémiste excité mais le résultat d’enquêtes menées par le ministère de Travail (1). Et quand on connaît la pudeur de ce dernier sur ce genre de sujet, on imagine ce que la situation doit être en réalité . C’est dans ce contexte qu’il nous faut regarder ces tragédies. Les cas dont nous avons eu connaissance ne représentent que le sommet de l’iceberg des souffrances au travail. En l’absence de statistiques précises sur la question, on comprend facilement pourquoi, on peut quand même essayer de se faire une petite idée de l’étendue des dégâts. On estime, à partir des chiffres sur le suicide en France en 2007, qu’un millier de personnes se sont supprimées pour des motifs d’origine professionnelle ou liés à la perte de leur emploi. Et comme les choses n’ont fait qu’empirer depuis le déclenchement de la crise et que les pressions et harcèlements de toutes sortes sont en progression géométrique dans tous les secteurs, tout est réuni pour que la situation empire.

LE CAPITAL NUIT GRAVEMENT A LA SANTE

Si on veut se faire une idée plus précise de ce qu’endure le monde du travail, on peut jeter un coup d’œil sur les chiffres donnés par la CNAMTS ( Caisse nationale d’assurance maladie). Cette dernière fait état de 1 450 000 accidents du travail indemnisés en 2007, en progression d’à peu près 50 000 par rapport à 2006. Ces accidents ont coûté la vie à 1500 travailleurs.

Bien sûr on voudrait nous faire croire que tout cela est le fruit de la fatalité. Cependant, il est facile de constater que la plupart de ces catastrophes pourraient être évitées si l’obsession du profit ne poussait pas les employeurs à presser leurs employés comme des citrons. C’est ce que reconnaissent plus ou moins implicitement dans leur dernier rapport des institutions au dessus de tout soupçon de subversion comme le BIT (Bureau International du Travail) et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Ces deux vénérables organisations s’alarment de l’explosion des maladies professionnelles et des accidents du travail à travers le monde. Elles appellent même à mettre sur pied une stratégie de prévention pour ralentir leurs progressions. Vue sous cet angle, la question de savoir qui paiera la crise paraît moins académique. La réponse est universelle. Pour maintenir la rentabilité de leurs capitaux, les employeurs vont chercher obstinément à faire baisser le coût du travail. Les recettes sont partout les mêmes. Licencier une partie des effectifs et faire faire le travail par ceux qui restent au mépris de leur santé physique aussi bien que psychique. Et tant pis s’ils crèvent puisque avec l’explosion du chômage, on pourra toujours embaucher de nouveaux exploités à des conditions très dégradées. La crise jette une lumière crue sur la réalité de notre société. La vérité c’est que celle-ci est incapable d’offrir de façon pérenne des conditions décentes de travail à la majorité de la population.

L’ETAT PROVOQUE DE GRAVES DEGATS SOCIAUX

Les grands États de la planète, après avoir fait les fonds de tiroir pour sauver la mise aux banques et autres fleurons de l’économie, commencent à présenter l’addition. Aux États-Unis, les belles promesses d’Obama sur la couverture sociale semblent se dissiper au moment même où le nombre de chômeurs et de pauvres s’envole. En France, pour combler les déficits creusés principalement par les exonérations de charges et autres cadeaux fiscaux, le gouvernement s’acharne sur ceux qui sont les principales victimes de la surexploitation. Ce sera de plus en plus compliqué pour se retaper la cerise. Ainsi les forfaits hospitaliers viennent d’être augmentés de presque 20% et un nombre toujours croissant de médicaments sont dé-remboursés. Les pauvres n’auront pas intérêt à tomber malades. De plus, au moment même où le poids qui pèse sur les épaules des travailleurs se fait de plus en plus insupportable, patrons et administrations sont encouragés à faire fliquer leurs employés en congés maladie. Oser proposer une telle mesure au moment même où presque partout les conditions de travail se détériorent à grande allure, est une véritable provocation. Enfin, la proposition la plus abjecte est sûrement celle qui prévoit d’imposer les indemnités des victimes d’accidents du travail. Éric Woerth, l’ayatollah du budget, a eu l’impudence de présenter cela le 23 septembre comme « une mesure de justice ».

SUPPRIMER DES POSTES PEUT PROVOQUER UNE CRISE

A l’Éducation nationale, la potion qu’on essaie de nous faire ingurgiter ressemble à s’y méprendre au cocktail servi ailleurs. On a commencé par la pratique des coupes sombres par paquets de milliers de postes, tout en expliquant que rien n’allait changer. Ensuite, quand les effectifs ont commencé à remonter notamment dans le primaire et depuis peu dans les collèges, on se met à bourrer les classes. Pour combler les trous qui apparaissent désormais un peu partout, on met la pression sur ceux qui restent pour leur faire accepter un max d’ heures sups. Et comme dans le même temps on s’est arrangé pour diminuer les places aux concours et que la quasi totalité des TZR sont sur des postes à l’année, il devient extrêmement compliqué de mettre la main sur un remplaçant en cas d’absence d’un professeur. La fameuse agence promise pour remédier à ce problème a disparu des radars. Mais comme il faut tout de même mettre des enseignants face à nos chères têtes blondes, on recrute des collègues à statuts précaires (contractuels et vacataires) qui pour un travail équivalent seront payés à coup de lance-pierres et livrés pratiquement pieds et poings liés à l’administration. La mort programmée des IUFM et le lancement du lycée light vont encore offrir des pistes pour continuer à faire fondre les personnels. Attention à ce qu’une certaine mode ne gagne pas de nouveaux adeptes dans notre grande maison.

Le caractère mortifère de cette société ne peut-être atténué que quand ceux qui en sont les principales victimes décident de ne plus en accepter la fatalité. C’est seulement sur le terrain de la lutte sociale ouverte que les travailleurs réussiront à limiter l’appétit carnivore du moloch capitaliste. Mais que nos maîtres prennent garde au réveil du colosse assoupi, « les lois de l’évolution sociale agissent avec la puissance irrésistible et l’aveugle cruauté des lois de la nature. » (Georges Plekhanov)

(1) Toujours moins ! D. ANDOLFATTO et D. LABBE, ed. Gallimard 2009

Réforme du lycée : le combat continue

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C’est donc mardi 13 octobre dernier à l’Élysée que l’hyperactif président a présenté ses décisions concernant les grandes lignes de la réforme du lycée. Comme prévu, il s’est essentiellement inspiré des préconisations présentées en juin par le directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings. Le mot réforme commençant à faire peur (et pour cause !), Sarkozy a préféré parler de "réponses rapides à des attentes concrètes".
Dans une opération de communication bien rodée, et docilement relayée le soir même par les médias, « l’égalité des chances » et « l’excellence » ont été glorifiées. C’est le fiston Jean qui va être content !
En attendant les mesures concrètes annoncées pour la rentrée prochaine, et au-delà des nombreuses questions qui subsistent sur certains points de la réforme et sur leurs modalités d’application, ce projet paraît dangereux pour le service public d’éducation, pour les élèves et les personnels.

RÉFORME ET SUPPRESSION DE POSTES !!

Analysons ça de plus près. Car, à moins d’être sous le charme cathodique, comment ne pas réagir au fait que cette réforme s’accompagne de 16 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale ? Difficile par conséquent de croire un ministre qui parle de moyens constants ! Tout porte à penser, au contraire, que la charge de travail va s’alourdir avec des suppléments de cours, d’activités, de travail administratif, d’accompagnement … Sans évidemment de contrepartie salariale. Il faut dire que les déficits publics étant ce qu’ils sont, etc. Rappelons une fois encore que le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, est un ancien de l’Oréal, plus à l’aise dans le management, le marketing et la communication qu’au courant des réalités d’une salle de cours…
Cette réforme est en effet annoncée quelques semaines après la casse historique de la formation professionnelle des enseignants, et s’inscrit dans le dogme de la réduction du nombre de fonctionnaires qui constitue année après année un véritable plan social pour l’école publique à tous les étages de l’instruction et de la formation de la jeunesse. À travers ces « adaptations » à des budgets de rigueur, ce sont les contours d’une école et d’un lycée toujours plus inégalitaires qui se dessinent…
L’ensemble des mesures annoncées est prévu pour la rentrée prochaine, et se décline en quatre thématiques principales :

1°) Le rééquilibrage des différentes filières et séries du baccalauréat est la plus marquante. Pour enrayer le déclin de la série L (littéraire) et lui donner une attractivité nouvelle, il est prévu de la transformer en "filière d’excellence internationale", caractérisée par une connaissance approfondie non seulement du français mais aussi des langues et civilisations étrangères. Pourrait s’y ajouter l’enseignement du droit. Mais pas question de rajouter des heures de cours, plusieurs disciplines verront donc leurs horaires diminuer…

2°) Une orientation "progressive et réversible", permettant "le droit à l’erreur", est une autre thématique forte. Des passerelles permettraient de changer d’orientation en cours ou en fin d’année, grâce à des sessions de remise à niveau. Mais qui va les effectuer, et quand ? Des vacataires pendant les vacances ? Ce même dispositif pourrait réduire les redoublements (ça coûte cher !). Pour cette nouvelle orientation, que le projet veut "plus progressive, plus ouverte, plus juste", les mesures proposées auront des répercussions négatives : une "plateforme numérique", lointaine et impersonnelle (mais moins coûteuse !), se substituera pour les lycéens aux CO-Psy (conseillers d’orientation psychologues), personnels à statut, formés et spécialisés exerçant actuellement dans les établissements secondaires. La possibilité de réorientation en cours d’année peut très vite se retourner contre les élèves et contre les conditions de travail des personnels. Les changements de série risquent d’être plus "subis" que "choisis". Les "sas de compléments de programmes" et "sas de remise à niveau" seront comme toujours insuffisants pour constituer de véritables passerelles qui permettraient de penser des projets de réorientation.
Des "liens permanents" devront être noués entre les lycées, les milieux professionnels et l’enseignement supérieur. Une fois de plus, l’efficacité capitaliste et concurrentielle est le but de l’enseignement.

3°) Un accompagnement personnalisé, destiné à "combler les lacunes, approfondir les connaissances ou donner des méthodes de travail", devra être offert aux lycéens à raison de deux heures hebdomadaires de la 2de à la terminale. Mais rien là encore sur les moyens alloués : ces charges supplémentaires seront-elles intégrées dans les services comme des heures devant élèves ? Rien n’est moins sûr, et il est même probable que certaines de ces heures compteront comme des demi-heures de cours, et/ou seront sous forme d’heures supplémentaires, voire ne seront pas rémunérées du tout, comme c’est le cas de nombreuses tâches qui ont été ajoutées aux enseignants ces dernières années !

4°) L’apprentissage des langues étrangères, l’accès à la culture, et la responsabilisation des lycéens sont trois autres thématiques, que Luc Chatel regroupe sous la rubrique "mieux s’adapter à son époque". Adaptation, gestion, efficacité : l’école va bientôt ressembler à France Telecom ! À l’issue de la terminale, chaque élève doit être "au minimum bilingue, voire trilingue", selon l’Elysée. Voilà qui va rassurer les classes moyennes… ! Mais rien n’est prévu pour les élèves défavorisés. La multiplication des "groupes de compétences" en langues vivantes risque de constituer les nouvelles "classes de niveau", qui sélectionneront les élèves selon leur pratique des langues. Mais aucun allégement des groupes de langues n’est annoncé quand des classes de seconde ont déjà 35 élèves.

PUBLICITÉ OU MENSONGES ?

Les grands caciques syndicaux ont réagi mollement à cette démagogie, quand ils n’ont pas applaudi « des revendications que nous portions » (Gérard Aschieri, SNES) ou des réformes "qui vont dans le bon sens" (Thierry Cadart, SGEN-CFDT). Un rapide bilan donne pourtant des raisons suffisantes de s’inquiéter.
Il est de plus en plus difficile aux élèves issus des classes populaires d’accéder aux études supérieures et aux filières dites « d’excellence ». La démocratisation quantitative n’est pas une démocratisation qualitative.
En effet l’augmentation de la proportion du nombre de bacheliers sur une classe d’âge ne s’est pas accompagnée d’une diminution de la ségrégation sociale. Les chiffres du baccalauréat 2008 soulignent ainsi que près de la moitié des lauréats ont obtenu un bac technologique ou professionnel filières dans lesquelles sont massivement représentées les enfants des classes populaires. La réussite dans le supérieur est aussi plus difficile pour une majorité de ces nouveaux lycéens. Le recul constant de la proportion de fils d’ouvriers et d’employés dans les classes préparatoires aux grandes écoles en témoigne. Cet aspect est renforcé dans les lycées des quartiers populaires par une ségrégation spatiale selon l’aire sociologique de recrutement des lycées. La suppression de la carte scolaire depuis la rentrée 2008 accentue encore cette tendance à la ghettoïsation. Et l’autonomie toujours croissante des établissements va dans le même sens…

Sud Éducation n’envisage aucune convergence avec le gouvernement dont les réformes constituent un habillage à la poursuite des suppressions de postes, à la fragilisation constante des statuts et à la multiplication des situations de travail précaire au sein d’une Éducation nationale qui abandonne sa mission de service public en déléguant, mois après mois, hors de l’école, ce qu’elle doit assurer pour tous. Avec la très grande majorité des personnels, Sud éducation affirme que rien n’est possible pour la démocratisation du lycée sans la restitution des postes supprimés lors des 3 dernières rentrées scolaires, et une refonte profonde et réellement démocratique de l’enseignement secondaire.

AMEN tes papiers !

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Camarades mécréants, amis païens,

La terre ne tourne plus rond ! D’aucuns parleront sans doute de miracle : Sud éducation se voit dans l’obligation de voler au secours de l’évêque de Lourdes. Pourquoi ? Mais parce que les flics du coin ont jeté leur dévolu sur les pauvres pèlerins.
« Amen tes papiers » qu’ils leur disent…

Monseigneur Jacques Perrier expliquait ce dimanche 11 octobre en postambule de la messe qu’il souhaitait être joint par les clandestins par courrier. Il leur enverra ses prières par voie céleste et l’eau bénite par voie postale. Il leur déconseille le pèlerinage, les routes (et surtout les trains) ne sont pas sûrs ! Il faut dire que depuis le début de l’année, sur les 1140 personnes arrêtées en ces pieuses contrées de Pyrénées Atlantiques, 340 ont été reconduites à la frontière.

Le converti Besson n’a décidément aucun scrupule. Pour faire du chiffre, tous les moyens sont bons. Après la sortie des écoles, l’entrée de la grotte de Bernadette Soubirou !

Salaire au mérite

Dominique Le Mèner, député UMP, a présenté vendredi 30 octobre devant l’assemblée nationale, un rapport concernant la « revalorisation » du métier d’enseignant …
Dans la droite ligne du rapport Pochard de 2008, Le Méner suggère de « clarifier » les missions des enseignants (y intégrer tout ce qui ne relève pas de l’enseignement, les « tâches nouvelles » des enseignants) et propose de revaloriser le métier par une meilleure reconnaissance de la « performance pédagogique réelle de l’enseignant et de récompenser celle-ci ». En clair, verser « des rémunérations complémentaires » à ceux « dont l’action pédagogique est jugée exceptionnelle ».
Il faudra bien évidemment évaluer les acquis des élèves, mais cela ne peut suffire à estimer la « valeur ajoutée individuelle » de chaque enseignant … Pour ce faire, deux pistes sont évoquées par le charmant De Méner : « mettre en œuvre une évaluation moins formelle et plus qualitative, conduite conjointement par le chef d’établissement (ou le directeur d’école) et l’inspecteur » ou « apprécier la valeur ajoutée « collective » de l’établissement, en évaluant ce qu’il a apporté de plus à ses élèves par rapport à des établissements comparables ».
Le salaire au mérite revient donc par la petite porte … aux États-unis, ce système, introduit dans plusieurs états depuis 2006, s’étend sous l’administration Obama ; ce dernier n’hésite pas à dire qu’« « Il est temps de commencer à récompenser les bons professeurs, cessons de trouver des excuses aux mauvais » .

Pour plus d’infos, voir le rapport De Méner :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2010/a1968-tiv.pdf
et l’article de Libération du 4 novembre sur le système américain :
http://www.liberation.fr/monde/0101601048-etats-unis-pour-les-profs-la-carotte-ou-le-baton

Des patrons pour les collèges

« Réforme du collège : les idées chocs de Copé » … c’est sous ce titre prometteur que l’on pouvait découvrir les propositions de François Copé pour réformer le système éducatif, dans une interview du Parisien datée du 22 octobre …

Quelques extraits savoureux : « Chaque établissement doit avoir un minimum de liberté de mise en oeuvre locale, en fonction de sa situation. Et il ne faut pas craindre l’expérimentation. » ou plus loin « Il faut mettre en place une vraie politique des ressources humaines pour les professeurs. Aujourd’hui, la gestion des ressources humaines, à l’Éducation nationale, c’est la combinaison d’un ordinateur et des syndicats. On ne peut plus continuer comme ça. Il faut déconcentrer cette gestion, au minimum au niveau du rectorat. D’autre part, il faut donner aux chefs d’établissement une vraie liberté de recrutement pour qu’ils puissent constituer leur équipe. »

Copé lance donc le débat, à travers son club, Génération France, « 0% petites phrases, 100 % d’idées » (quelle comm …) Hum, ça donne pas envie tout ça ??

« Génération France lance des débats en produisant des idées originales et audacieuses. Notre objectif est de servir de défricheur pour la droite, et de préparer la réélection de Nicolas Sarkozy en 2012. »

A quand donc Copé Ministre de l’Éducation Nationale ?

Pour un syndicalisme de lutte

Deux Dominique, Andolfatto et Labbé, dont le fond de commerce universitaire est d’analyser le syndicalisme de notre beau pays, viennent fort à propos de pondre un ouvrage subtilement intitulé « Toujours moins ».(1) Même s’il est difficile de savoir vers quel genre de syndicalisme le cœur des auteurs penche, cet opuscule au titre évocateur n’en contient pas moins une série d’informations qui ne peut pas nous laisser indifférents. L’essentiel de leur argumentation tourne autour du constat que les grosses machines syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC), vivent de mieux en mieux (budget en hausse, sièges fédéraux flambants neufs, augmentation du nombre de permanents, avantages matériels divers …), avec de moins en moins de syndiqués. Et cerise sur le gâteau, elles obtiennent ce résultat tout en désertant de plus en plus le terrain des luttes. Les secrets de cette prouesse nous sont largement exposés dans ce petit brûlot. Au fil des pages on découvre incrédule les nombreuses sources de financement qui alimentent les caisses de ces syndicats. Pour faire court et vous laisser le plaisir de le découvrir par vous-mêmes, on peut dire que l’essentiel de ces fonds proviennent de ceux contre lesquels sont censées lutter ces organisations. Sachez chers lecteurs qu’il n’y a pas seulement dans ce domaine les valises de billets utilisées par le regretté Gautier Sauvagnac au temps de sa splendeur à la tête de l’UIMM, pour « fluidifier le dialogue social » comme dirait l’autre (2), les entreprises et les collectivités locales n’hésitent pas à mettre la main à la poche. Centres de formation bidons et comités d’entreprise sont également mis à contribution pour alimenter le tonneau des danaïdes de cette nouvelle forme de syndicalisme. Le tout permettant comme le disent les auteurs de faire fonctionner ces machines avec « une tête plus grosse que le corps ». La consanguinité est poussée tellement loin dans certain cas que selon les auteurs les travailleurs de certaines entreprises ont vu leur sort se détériorer après la création d’une section syndicale. Ce livre, même en dépit des faiblesses inhérentes à ce genre de pamphlet, est de salubrité publique. Sa lecture ne peut que pousser tout travailleur conscient de la nécessité de l’affrontement social à chercher à rompre avec des pratiques et des organisations qui les privent inexorablement des moyens de se défendre.

(1) D. Andolfatto et D. Labbé « Toujours moins ! » Gallimard 2009
(2) Formule utilisée par Gautier-Sauvagnac himself

Lutter contre l’échec scolaire

Plan Jeune et Livret Vert ou comment lutter contre le décrochage scolaire selon Hirsh et Sarkozy

Le 29 septembre à Avignon, Nicolas Sarkozy annonçait les grandes lignes de son Plan jeune. Il reprenait en fait les propositions que Martin Hirsh, Haut commissaire à la jeunesse, avait concoctées l’été dernier dans son Livre vert intitulé « Refonder la politique en faveur des 16-25 ans entre 2010 et 2015 ».
Constatant les taux élevés du chômage des jeunes et du décrochage du système scolaire (130 000 jeunes sortent chaque année de la formation initiale sans diplôme, soit 1 jeune sur 5) un certain nombre de mesures sont préconisées pour lutter contre l’échec scolaire et garantir que chacun soit orienté en fonction de ses compétences dans tel ou tel cursus de formation, en vue de s’insérer professionnellement :

* Création d’un service public de l’orientation tout d’abord, compétent pour l’orientation tout au long de la vie : « le système d’orientation doit être revu de fond en comble. Un service public de l’orientation, connecté à l’école mais pas dépendant de l’Education nationale doit être créé. Ce service public, associant la région, l’Etat et les partenaires sociaux (…) doit contribuer au décloisonnement des filières, à la possibilité de réorientations, à la revalorisation de filières professionnelles et techniques ».

* Hirsh veut instaurer également un « droit à préparer sa vie active » entre 16 et 18 ans à travers le développement de l’autonomie : concrètement, cela signifie le renforcement du lien entre formation et vie active (contrats d’apprentissage, de professionnalisation, pré recrutement par les entreprises, renforcement des devoirs des jeunes dans le cadre du CIVIS –contrat d’Insertion dans la Vie Sociale- , service civique volontaire etc.) Les sénateurs viennent d’ailleurs d’adopter le 23 septembre le projet de loi orientation-formation, assouplissant les modalités d’entrée en apprentissage et autorisant l’entrée des jeunes dans les centres de formation (CFA) à 15 ans au lieu de 16.

* Enfin, autre mesure « phare » du dispositif jeune et de la réforme de la formation professionnelle, chaque jeune disposera d’un livret de compétences (le fameux livret de compétences mis en place au collège depuis la rentrée) qui le suivra tout le long de sa formation. … initiale puis professionnelle. Ca ne mange pas de pain (c’est peu onéreux !) mais surtout cela contribue à renforcer l’idéologie qui sous-tend les réformes : la logique des compétences.

Logique des compétences : des directives européennes à la loi d’orientation de 2005

Selon les directives européennes en matière d’éducation et de formation professionnelle, « les compétences clés sont essentielles dans une société fondée sur la connaissance et garantissent davantage de souplesse de la main d’œuvre. La flexibilité de celle-ci lui permet de s’adapter plus rapidement à l’évolution constante du monde caractérisé par une plus grande interconnexion. Elles constituent également un facteur essentiel d’innovation, de productivité et de compétitivité, et contribuent à la motivation et à la satisfaction des travailleurs, ainsi qu’à la qualité du travail. »
Nos gouvernants veulent une formation initiale qui permette d’acquérir un minimum éducationnel commun, c’est à dire les compétences nécessaires pour trouver un emploi ou poursuivre une formation. En France, la loi Fillon de 2005 pose à travers le socle commun de connaissances au collège les bases d’une école à deux vitesses, de laquelle une grande partie sortiront avec les compétences nécessaires pour alterner boulots précaires, chômage, formations courtes et non qualifiantes …

Nécessité d’une main d’œuvre adaptée au marché du travail

Aujourd’hui encore, n’en déplaise aux naïfs ou aux idéalistes, l’école continue donc à jouer pleinement son rôle de ventilation sur le marché du travail d’une main d’œuvre répondant aux besoins des employeurs et de l’économie. Celle-ci a évolué pour devenir une économie nettement polarisée : nécessité d’un côté d’une main d’œuvre hautement qualifiée, de l’autre d’une main d’œuvre non qualifiée caractérisée par sa polyvalence, son adaptabilité, sa flexibilité. On est passé d’une logique de certification, de qualification (un diplôme qui oriente vers tel ou tel emploi, logique qui prévalait dans la période de plein emploi de l’après-guerre) à une logique de compétences. D’où le socle commun, l’acquisition a minima de compétences transférables dans moult jobs ; le livret de compétences qui en découle instaure une nouvelle forme d’évaluation qui porte autant sur les compétences scolaires qu’extra scolaires (vie collective, autonomie, initiative.) Car le futur employable que l’école doit former doit avant tout y acquérir des compétences en termes de savoir-être (« ouverture aux autres, curiosité, créativité, respect de soi et d’autrui », « autonomie et initiative, compétences sociales et civiques »), en gros, il doit avoir appris à être un bon et obéissant citoyen, développé l’esprit d’entreprise …
Bref, l’école ne doit pas faire en sorte que toutes et tous aillent le plus loin possible, car si tel était le cas « les qualifications scolaires ne seraient plus associées, même vaguement, à la structure des emplois » écrivait Thélot en 2004.

Derrière la lutte contre l’échec scolaire, des réformes au service de l’économie

Ce qui motive donc la lutte contre l’échec scolaire et les initiatives qui en découlent, ce sont les injonctions économiques, accompagnées du renforcement de la méritocratie (cf. les cagnottes expérimentées dans certains lycées professionnels). Il faut lutter contre l’échec scolaire, car le système doit laisser le moins de personnes de côté, non pas par « humanisme » ou souci égalitaire, mais parce qu’il lui est vital d’intégrer, selon ses modalités, les individus sur le marché du travail.
Les évolutions de l’école, (aujourd’hui la prévalence de la logique des compétences) répondent aux évolutions économiques : l’école poursuit son rôle de reproduction des classes sociales, elle continue à être « machine à produire des corps dociles » reproduisant du même coup les inégalités (on peut lire à ce propos les rapports de l’Observatoire des inégalités, voir page suivante)

Les chiffres des inégalités ...

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1 % des ouvriers et 5 % des employés disposent d’un diplôme supérieur à Bac + 2 contre 60 % des cadres supérieurs.

La transmission du diplôme n’est pas mécanique, mais ceux qui viennent de milieux peu qualifiés doivent faire des efforts plus importants pour réussir. Les deux tiers des enfants d’enseignants et plus de la moitié des enfants de cadres sont titulaires d’un diplôme supérieur ou égal à Bac+3, contre 10 % des enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs. Ces derniers représentent à l’inverse 60 % des individus qui disposent d’un diplôme inférieur au Bac ou qui n’ont pas de diplôme.

84 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus des catégories sociales défavorisées.

Les catégories sociales les moins favorisées sont très largement sur-représentées dans les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) qui accueillent les collégiens présentant des difficultés scolaires "graves et durables" (100 000 élèves sur 3,2 millions).
Les enfants d’ouvriers, d’employés et des sans-activité représentent 84 % des élèves en difficulté alors qu’ils constituent la moitié des jeunes qui suivent un enseignement général. Les enfants d’enseignants et de cadres en représentent 2 %, soit dix fois moins que leur part dans l’enseignement général. Les enfants de cadres moyens (les professions intermédiaires) ou d’artisans et commerçants sont eux aussi nettement sous-représentés.
Les inégalités sociales face à l’école se construisent dès l’école maternelle et primaire. Elles sont donc déjà marquées à l’entrée au collège où elles s’accentuent. Le système français est marqué par son académisme, des évaluations fréquentes et des enseignements précoces. Autant d’éléments qui pénalisent ceux qui disposent des plus faibles atouts familiaux.

Les inégalités d’accès aux différentes filières
L’admission au baccalauréat dans une série plus ou moins prestigieuse est liée en partie à l’origine sociale, comme le montre la comparaison des pourcentages d’admis au baccalauréat en 2002 à celui des élèves entrés en 6ème en 1996.
Si le système scolaire était équitable, le pourcentage d’admis dans les différents baccalauréats devrait être le même que celui qui est observé en classe de 6ème. Or, les enfants de cadres supérieurs représentent 13,8 % des élèves de 6ème mais constituent 24 % des admis au baccalauréat toutes séries confondues (soit une surreprésentation de 1,7 : résultat du rapport entre les 24 % d’admis au baccalauréat et les 13,8 % des classes de 6ème), et 40,2 % des admis au baccalauréat S (soit une surreprésentation de 2,9).
Les enfants d’ouvriers, qui représentent 31 % des élèves de 6ème, ne représentent plus que 18,2 % des admis au baccalauréat (soit une sous-représentation cette fois de 1,7) et 11,4 % des admis au baccalauréat S (soit une sous-représentation de 2,7). Au bout du compte, les fils de cadres ont 2,9 fois plus de chances que les ouvriers d’avoir leur bac et 8 fois plus d’obtenir un bac S !

Combes, reviens !!

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Le brave Émile Combes se retourne dans sa tombe : il y a un siècle, il menait la fronde républicaine contre l’Église, mais aujourd’hui, on continue à multiplier les cadeaux à l’enseignement privé, du primaire à l’université… Deux exemples … 

LA LOI CARLE : ENCORE UN CADEAU AU PRIVÉ !

Cette loi doit son nom au sénateur UMP de Haute-Savoie, et porte un nouveau coup à l’école publique et au principe de laïcité. Le texte adopté par les députés, qui avait déjà été voté au Sénat le 10 décembre 2008, oblige les mairies à financer les écoles privées d’autres communes si leurs résidents ont choisi d’y scolariser leurs enfants, mais seulement dans quatre cas : lorsque les parents peuvent prouver que la capacité d’accueil de la commune de résidence est insuffisante, pour des raisons médicales, en cas "d’obligations professionnelles" des parents si la commune "n’assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants", ou bien encore lorsqu’un frère ou une soeur de l’enfant est déjà scolarisé hors de la commune.

Le hasard a voulu que le plus grand silence entoure le vote de la loi à l’Assemblée nationale le 28 septembre dernier…

Cette loi honteuse concernerait 400 000 élèves en France, et pourrait coûter 500 millions d’euros aux communes ! Et Luc Châtel de parler « d’apaisement et d’équilibre » !... En fait, cette loi va poser de gros problèmes de budget pour les petites communes, qui vont devoir prendre en charge les frais de fonctionnement d’établissements qui ne relèvent pas de leur territoire, tout en continuant à payer pour leurs écoles qui se dépeuplent !! Encore une application du principe « privatisons les bénéfices, socialisons les pertes »…Et l’UMP de justifier ce nouveau privilège exorbitant par la « volonté de garantir la parité de financement entre les établissements publics et privés »… qui pourtant ne repose sur aucun texte ni aucun principe… La liberté d’enseignement invoquée par certains n’implique aucunement de financement public. Être enseigné dans une école hors contrat ou sous contrat simple, ou enseigné à domicile c’est la même liberté d’enseignement avec interdiction de financement public. La Loi Carle fait donc primer l’intérêt particulier sur l’intérêt général en favorisant la scolarisation dans les écoles privées. Elle va faire augmenter les dépenses d’éducation. La banlieue paiera pour la ville, les communes rurales seront pénalisées avec un risque fort d’exode scolaire.
Une saisine a été déposée au Conseil constitutionnel : affaire à suivre, parmi les méandres du déferlement médiatique …
LE MASTER-VATICAN

C’est aussi dans la plus grande discrétion que le 16 avril 2009 Saint-Nicolas Sarkozy a passé un décret qui contribue un peu plus à affaiblir l’école publique et laïque. Depuis cette date, l’État du Vatican peut permettre aux établissements catholiques de délivrer des licences et des masters, alors que l’attribution des diplômes d’enseignement supérieur est le monopole de l’État depuis 1880 !... Et tout ça « grâce » au traité de Bologne de 1999, prévoyant l’harmonisation européenne des diplômes de l’enseignement supérieur. Finies les équivalences, tout devient automatique et immédiat, que ce soit dans les matières profanes ou « canoniques ». C’est un nouvel assassinat des valeurs laïques, dans le plus grand silence parlementaire puisqu’il n’y pas eu de débats !

Benoît XVI a maintenant autorité pour pouvoir dire ce qui est vrai ou faux. On se croirait revenu une théocratie moyenâgeuse…

Quelques esprits (diaboliques) ont déposé un recours devant le Conseil d’État…

Et si demain, après les catholiques, d’autres croyances tout aussi sectaires demandaient les mêmes privilèges ?

LE COMBAT POUR LA LAÏCITÉ N’EST PAS TERMINÉ 

« Je veux l’État laïque, purement laïque, exclusivement laïque. En matière d’enseignement, l’État n’est pas et, ne peut pas être autre chose que laïque »

(Victor Hugo)
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Non aux expulsions !

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Depuis plusieurs semaines, les expulsions des logements, des centres d’hébergement se sont accélérées.

Qui se fait expulser ? Celles et ceux qui ont des difficultés pour payer leurs loyers, c’est à dire les personnes à petits revenus – les salarié-e-s au SMIC, à temps partiel non choisi, des chômeur(euse)s , des personnes au RSA, des jeunes, des squatters, des Roms, des personnes sans papiers, des retraité(e)s, des personnes vivant en foyer d’hébergement d’urgence.

Ainsi, les institutions et les pouvoirs publics mettent en concurrence les différentes catégories de pauvres pour justifier leurs pratiques d’expulsion. Déshabiller les uns pour habiller les autres, c’est inacceptable !

Se loger c’est un besoin fondamental, c’est un droit constitutionnel ! Expulser, mettre à la rue des femmes, des hommes, des familles, c’est l’échec du droit fondamental à un logement digne. Les politiques et les institutions veulent justifier leur irresponsabilité en faisant croire que ce serait la faute des « mauvais payeurs ». Mais face à l’augmentation des charges – qui découle de la privatisation des fournisseurs d’énergie (EDF, GDF, etc.), des terres et bâtiments publics-, à l’augmentation des loyers, alors que la précarisation des emplois, des salaires, les délocalisations, les fermetures d’entreprise et les licenciements se multiplient, beaucoup ne peuvent plus faire face financièrement.
Car ni les logements neufs (qui pourtant poussent), ni les constructions et rénovations en économie d’énergie ne sont destinés aux faibles revenus. Les promoteurs, les institutions publiques, les propriétaires spéculateurs y compris les bailleurs sociaux mettent sur le marché des logements de plus en plus chers et laissent des logements, des bâtiments à l’abandon. C’est les réalités de la plupart des classes modestes de la société aujourd’hui. La demande de logement ne fait qu’augmenter et l’offre reste non adaptée.

Si vous êtes concerné-e-s , que ce soit par votre situation et/ou celle de vos proches , de vos voisins et voisines contactez les associations comme Défends-Toit pour faire connaître les adresses des logements et bâtiments vacants et vides depuis plus de deux ans près de chez vous !

Défends-Toit :
téléphone 06-33-72-79-31
mail defends-toit@boum.org.

Sud éducation est pour l’arrêt de toute expulsion, y compris en dehors de la trêve hivernale et se bat :

POUR LE RELOGEMENT IMMEDIAT DANS DES LOGEMENTS DECENTS, DIGNES ET ADAPTES AUX BESOINS !
POUR LA RECONNAISSANCE DE L’ETAT DE NECESSITE FACE A LA CRISE DU LOGEMENT !
POUR L’APPLICATION DE LA LOI DE REQUISITION !
POUR LE MAINTIEN DANS DES LOGEMENTS TANT QUE DE VRAIES SOLUTIONS NE SONT PAS TROUVEES !
POUR LE BLOCAGE ET LA BAISSE DES LOYERS ET DES CHARGES !
POUR LA MISE EN CHANTIER DES PLANS DE RENOVATIONS ET LA CONSTRUCTION DE LOGEMENTS A LOYERS TRES SOCIAUX EN ECONOMIE D’ENERGIE !

La lutte des sans-papiers

Dans la morosité ambiante, la lutte des sans-papiers tranche singulièrement avec le manque de perspectives d’actions et de revendications. A Paris et en région parisienne, ils sont presque 5000 à tenir des piquets de grève devant leurs lieux de travail. Salariés d’entreprises du nettoyage, du bâtiment, ils ont décidé d’investir l’espace public pour faire valoir leurs droits. Leur combat est à la croisée de plusieurs questions sociétales. Il s’adresse en premier lieu au ministère de l’intérieur en faisant de leur la régularisation une condition vitale face l’insécurité quotidienne dans laquelle la politique du chiffre les maintient. C’est aussi un bras de fer engagé avec leur patron et le patronat en général qui se satisfait de leur précarité pour leur imposer des conditions de travail effroyables et des salaires de misère. On notera au passage qu’ils sont souvent employés dans de grands groupes côtés au CAC 40, proches du pouvoir et bénéficiant de ses largesses. Et plus que tout ces travailleurs font de la grève l’outil indispensable pour créer un rapport de force et obtenir des droits.


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