Reprise du 2 novembre ? Ras le bol du mépris total, nous appelons à la mobilisation dès la rentrée !

dimanche 1er novembre 2020

En cette rentrée scolaire de novembre, nous, personnels de l’éducation nationale, nous sentons déjà angoissé.es et débordé.es par les multiples injonctions autoritaires auxquelles nous sommes confronté.es. Ce gouvernement nous ment continuellement et notre employeur méprise les syndicats et salarié.es en général. Il tient un discours de fermeté tout en improvisant lors de sorties médiatiques, en se contredisant, en étant incompétent... Enfin, le double État d’urgence - sanitaire et sécuritaire - nous envoie sur le front du travail en nousdemandant de nous incliner devant les choix du gouvernement et du capital : "TRAVAILLE, CONSOMME ET FERME TA GUEULE".

Gardons notre esprit libre et répondons collectivement et fermement à ces attaques.
Avant d’évoquer le fond nous le disons clairement, nous avons des droits et devons les exercer  : droit de réunion, droit de faire des AG, droit de se mettre en retrait, droit de se mettre en grève…. Plus ces droits seront exercés collectivement, plus ils auront un impact positif sur nos conditions de vie et de travail aujourd’hui désastreuses. D’ailleurs l’intersyndicale nationale CGT, FO, FSU, SNALC, SUD éducation exprime que Face à l’impréparation du ministère, il faut défendre la santé des personnels et des élèves. ( communiqué intersyndical).

Stoppons la surenchère haineuse pour respecter la mémoire de notre collègue Samuel Paty

L’assassinat de Samuel Paty a soulevé l’indignation par la violence de l’acte commis, que notre syndicat condamne fermement. Le déchaînement médiatique et politique qui s’en est suivi nous impose de prendre un recul analytique, pour sortir de mécanismes de haine et de vengeance. Les tensions graves qui divisent notre société prennent leurs sources dans l’exploitation économique capitaliste qui a amené à de multiples oppressions sociales, raciales et de genre. Des réactions identitaires autoritaires de type islamiste se sont installées dans ce terreau de domination, avec des manipulations politiciennes évidentes. Pour sortir de ce cercle vicieux d’oppression, la seule attitude viable est de revenir à une attitude de fraternité et de lutte contre ces multiples dominations sociales. Nous appelons donc à sortir d’une opposition binaire axe du bien / axe du mal qui risque de pousser certain.es de nos élèves à des positionnements identitaires en réaction aux oppressions vécues par ailleurs. Faisons vivre les solidarités, luttons pour nos services publics, nos libertés fondamentales attaquées, et contre le racisme et le sexisme qui gangrènent notre société. Ce sera la meilleure manière de faire reculer lesautoritaires et réactionnaires de tout bord.
Les prescriptions et injonctions venant de la hiérarchie quant à ce que devons dire aux élèves sont pour nous inacceptables. D’une part parce que l’institution - avec les dérapages du ministre - alimente la division et la stigmatisation. D’autre part parce qu’il revient bien en premier lieu aux enseignant.es de décider quand et comment aborder ces sujets complexes avec les élèves et en fonction de leur âge. Donner une même consigne autoritaire pour parler à chaque élève de la maternelle à l’université de cette charge émotionnelle et politique est une aberration intellectuelle et pédagogique.

SUD éducation appelle les enseignant.es à faire usage de leur liberté pédagogique en se réunissant le temps qu’ils.elles estiment nécessaire pour échanger et produire une analyse collective, qui pourra nourrir nos pratiques.

Contre le tout sanitaire et sécuritaire, l’école doit rester un lieu d’apprentissage vivant.

Bien sûr, maintenir l’école ouverte est préférable au fait de tenir les élèves "à distance" de ce qui peut enrichir leur quotidien. La question est bien plutôt : "quelle école" voulons-nous ?
Si le médical n’est pas notre domaine, nous sommes en première ligne pour juger de nos conditions de travail et des conditions d’apprentissages décentes.
Depuis le confinement de mars 2020, les nouveaux fonctionnements de l’école sont imposés encore plus fermement par le gouvernement d’un point de vue uniquement sécuritaire et sanitaire. Leur but est que l’école garde les élèves pour que leurs parents puissent continuer à (télé)travailler et faire tourner la machine économique, mais cela sans considération sur les effets pédagogiques, cognitifs, psychologiques ... de toutes les mesures prises. Les personnels doivent, eux, s’adapter sans cesse à des mesures restrictives (enseigner avec un masque, changer de salle en permanence...). Nous attirons l’attention sur le fait que la succession de modifications conduit à un épuisement de plus en plus marqué : les personnels n’arrivent plus à récupérer ni physiquement ni psychologiquement !
Et des questions se posent quant aux conséquences pour les élèves amené.es à circuler pour venir à l’école et au sein de l’établissement (dont l’EPS), il faudra rester assis.e à sa place en classe toute la journée, en contradiction avec les possibilités d’apprentissages entre élèves. Alors que l’école est le lieu des apprentissages des langues qui passe par la visualisation de la bouche, que va provoquer la généralisation du port du masque pour les plus jeunes dès 6 ans ?
Aujourd’hui comme hier, la première revendication doit être de disposer de temps de concertation dans les équipes afin d’appréhender collectivement notre situation. Il s’agit d’aller vers l’autogestion la plus complète possible : ni gestion de la pénurie, ni gestion dans l’urgence où l’on nous somme de nous adapter ! Et lors de toute modification importante de l’organisation du travail, il faut banaliser un temps d’au moins un ou deux jours pour se réorganiser avant de reprendre dans des conditions de travail plus saines et moins anxiogènes.
Ensuite, avec l’accroissement des inégalités, revendiquer une réduction des effectifs par classe est plus que jamais d’actualité.

Évidemment, ces mesures sanitaires à l’école nous questionnent également sur la véritable attention que le gouvernement porte à la santé des personnels de l’éducation et des élèves. Nous rappelons la mise en danger que le ministère met en place en ne délivrant que 2 à 5 masques par personnel, voire pire en délivrant des masques DIM potentiellement toxiques distribués par dizaines de millions, notamment dans l’académie de Grenoble, et que le ministère est en train de retirer. Il n’est pas acceptable non plus que les protocoles dérogatoires soient imposés et/ou adoptées sans limite dans le temps ! Face à ces choix politiques dangereux, à nous de décider et de nous organiser, notamment pour la construction des protocoles sanitaires et de conditions de travail viables, d’exercer notre droit de retrait, voire notre droit de grève collectivement.

Nous obliger à travailler implique la reconnaissance de tous les droits qui y sont liés et qui ont été gagnés par nos luttes : autorisation d’absence pour les personnels à risque, droit de retrait en cas de mise en danger, télétravail seulement si accord de l’agent, droit de grève, droit de manifester ...
En clair, le droit syndical continue de s’appliquer ! voir préavis de grève jusqu’au 15 novembre. qui court jusqu’à la rentrée.

Nous appelons aussi tous nos collègues à utiliser leurs droits syndicaux pour ne pas se laisser diviser et pouvoir construire des réponses communes. Les réunions d’information syndicale dans les établissements peuvent se tenir, ainsi que tous les temps de formation syndicale, il est nécessaire de se réunir, de décider et d’agir collectivement. Au maximum, nous devons mettre en place des outils de communication en présentiel et distanciel afin de penser à tout le monde. Le syndicat est un outil de lutte et d’autogestion qui nous permet de participer à construire la société et l’école que nous souhaitons, ce qui est encore plus indispensable en ces périodes troublées.

Nous précisons enfin que les conditions de travail étaient affreuses, déjà avant cet enchaînement. C’est pourquoi un collectif de directeurs et directrices d’école de Grenoble et banlieue, fâché-e-s, épuisé-e-s, s’est organisé pour pouvoir échanger et mettre en place quelques actions, notamment d’envoyer des fiches SST (au moins 23 ont déjà été envoyées) et de prendre rendez-vous avec le médecin de prévention.

SUD éducation académie de Grenoble reste mobilisé pour répondre à vos questions et pour vous accompagner dans cette période difficile.
N’hésitez pas à nous contacter et nous donner des informations sur vos conditions de reprise.
Bon courage à tou.tes, ne restez pas seul.e et organisons-nous collectivement.

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SUD éducation Grenoble - reprise 2 novembre

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