Enseignement et numérique : attention danger

mercredi 2 décembre 2020

Le numérique dans l’école de la confiance est à la mode, il l’est encore plus avec le confinement, partiel ou complet. Présenté comme la solution miracle, le numérique s’impose dans nos pratiques. Reprenons la main sur nos réalités d’enseignement : le numérique à tout prix n’est ni une solution, ni un remède miracle … et pourrait bien se retourner contre l’enseignement.

Lors de ce deuxième confinement, les établissements scolaires, avec l’aval du rectorat, doivent penser les cours en demi-groupe ou en faisant tourner les classes sur plusieurs semaines. Il semble donc tout naturel de s’engouffrer à nouveau dans la brèche du numérique pour assurer le « distanciel » afin de ne pas « priver les élèves ». Il est stupéfiant de voir comment certains mots s’inscrivent rapidement dans notre vocabulaire, sans que nous y prenions garde, c’est que certaines pratiques aussi s’imposent sans que nous y prêtions attention. Mais, prenons le temps de nous arrêter une minute pour réfléchir à ces injonctions si « naturelles ».
Nous savons que notre cher ministre prône l’école du tout numérique. Il a d’ailleurs organisé les « états généraux du numérique » les 4 et 5 novembre prochains à Poitiers. Le confinement est donc une porte ouverte directe vers la numérisation de l’école, voulue par « les décideurs ». Soyons lucides, ce que nous acceptons de faire maintenant en matière de numérisation de notre travail servira à imposer le tout numérique de demain.
Or, celui-ci pose de très nombreuses questions. Si l’on regarde l’article « Enseigner avec le numérique au XXIe siècle » sur le site du gouvernement, on ne peut qu’être inquiet :
. imposition du numérique à toutes les échelles, sans demander l’avis de qui que ce soit,
. pseudo-facilité du numérique pour accomplir nos tâches d’enseignant, en les standardisant au passage, mais pour nous en rajouter combien ensuite (mails à lire la veille pour le soir, cahier de texte, explosion du temps de travail, suivi à distance …),
. ordinateurs qui se substituent à un enseignement vivant qui se construit ensemble et réduisent l’apprentissage à des procédures à suivre plutôt qu’à de la réflexion et de l’esprit critique
. ordinateurs qui substituent à l’enseignement spécialisé une pseudo-inclusion sans véritable moyens
. ouverture au stockage des données en vue de sélectionner les élèves,
. ouverture de l’Éducation nationale à des entreprises privées qui fournissent un matériel que nous ne maîtrisons pas et qui viennent influer sur le fonctionnement des établissements et les programmes,
. exploitation humaine et implications écologiques (énergétiques, infrastructures, déchets ...)
… la liste est encore longue.
Certes, il y a des aspects pratiques et il serait difficile de se passer des ordinateurs aujourd’hui, mais nous devons faire attention aux conséquences de l’utilisation du numérique avec les élèves. Les études sont claires, trop d’écran nuit à la santé et à certaines fonctions cérébrales. Le glissement vers le tout numérique à déjà bien commencé, sans que nous en mesurions les conséquences car nous percevons difficilement les conséquences « à distance » de nos yeux, et cela s’accélère et s’impose aux détriment de nos libertés.
Pour SUD éducation, l’objectif est de garder les écoles et établissements ouverts en vue justement de permettre un réel enseignement en classe plutôt que son ersatz numérique. Des effectifs allégés peuvent permettre d’éviter, au maximum, de passer par le numérique car ils permettent davantage de se préoccuper de chaque élève et limiter les effectifs permettra sans doute d’éviter de fermer les établissements.
D’autre part, SUD éducation revendique immédiatement le recrutement massif de personnels titulaires plutôt que l’achat d’un matériel coûteux et dont l’usage intensif s’avère dangereux pour les personnels et les usagers.

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