Nous n’avons pas besoin de chef-fes dans nos écoles !

Non à la loi Rilhac
vendredi 5 novembre 2021

La proposition de loi « créant la fonction de directrice ou de directeur d’école » dite « loi Rilhac » a été votée à l’Assemblée nationale en deuxième lecture le mercredi 29 septembre. Elle vise à donner au directeur ou à la directrice « une délégation de compétences de l’autorité académique » et « une autorité fonctionnelle ». Ce changement profond des missions et du statut des directeurs et directrices aboutirait à un véritable bouleversement du fonctionnement de l’école publique.

Ce que cela signifie concrètement

Le directeur ou la directrice aura le pouvoir d’imposer les choix de formations, de décider seul-e, pour finir, de l’organisation de l’école. Il-elle aura un droit de regard sur les pratiques pédagogiques des enseignant·es, sur la validation de leurs projets, sur leur « manière de servir ». Il-elle pourra aussi recruter nos collègues, comme le prévoit l’expérimentation lancée par le président de la République à Marseille, qui pousse à son terme la logique de la loi Rilhac. Tout est envisageable, puisque nous ne saurons pas, avant que la loi soit votée, ce qui se cache derrière la délégation de compétences. Les conclusions du Grenelle nous en donnent une petite idée, mais ce sera précisé plus tard par décret par le ministre.

Il est totalement illusoire de croire que cette loi facilitera le fonctionnement des écoles. Car être chef·fe ne diminuera pas le temps de travail des directeurs et directrices, mais dégradera le relationnel avec les équipes, en passant d’un fonctionnement démocratique et collectif avec un rôle d’animateur·trice et de coordinateur·trice de l’équipe enseignante à un fonctionnement vertical et directif.

Pourquoi introduire un.e chef.fe dans l’école ?

C’est le résultat du nouveau management et
c’est tout simplement pour renforcer les exigences venues d’en haut : le ou la directrice servira de courroie de transmission entre le ministre et les enseignant.es.
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Des conditions de travail insupportables

Bien sûr, la situation actuelle est loin d’être satisfaisante. Les directeurs et directrices manquent de temps pour échanger, se concerter, réfléchir avec leurs collègues, sont de plus en plus isolé·es et font face à une avalanche de tâches administratives plus ou moins utiles. Depuis des années, leurs tâches s’alourdissent (augmentation du nombre d’interlocuteurs et interlocutrices, place du numérique, injonctions administratives diverses et variées).

Le 21 septembre 2019, notre collègue, Christine Renon, mettait fin à ses jours et dénonçait ces conditions de travail insupportables.
Depuis, nous ne pouvons que constater que malgré les promesses d’allègement et de simplification, c’est l’inverse qui se produit. Cette nouvelle loi ne fera qu’aggraver encore la situation.
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Quelle solution ?

La solution, ce n’est pas de renforcer la coupure entre les collègues d’une même école, mais de donner plus de moyens humains, plus d’enseignant.es, plus de temps pour gérer la direction. C’est de permettre une prise en charge collective par l’équipe de la gestion de l’école et bien sûr aussi de faire disparaître toute les tâches inutiles ou qui ne doivent pas incomber à la direction (PPMS, élections…).
Le fonctionnement démocratique de l’école, où les décisions sont prises collectivement au sein du conseil des maîtres et des maîtresses est une richesse, il doit être préservé.

Cette loi ne résoudra aucun problème mais modifiera en profondeur le fonctionnement des écoles, en le dégradant et en introduisant cette politique de management bien connue dans le secteur privé, destructrice de nos savoir-faire et de nos conditions de travail.

Nous mobiliser !

Pour obtenir le retrait de cette proposition de loi, qui doit repasser en deuxième lecture au Sénat à partir du 20 octobre, il faut nous mobiliser.

Le 7 octobre, une tribune de 50 directeurs et directrices, rejoints depuis par plus de 2320 collègues, est parue sur le site du Café Pédagogique.

Il faut faire plus, il faut réagir à cette attaque et obtenir la suppression de cette loi.

SUD éducation propose et prépare des outils pour cela :
- Appels à la grève, le 19 octobre ou plus tard.
- Rassemblements le 20 octobre, jour du vote de la loi au Sénat.
- Meeting avec des personnalités proches de l’école.
- Votation symbolique dans les écoles.
- Lettre explicative pour les parents.
- Motion du conseil des maîtres et des maîtresses.
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Tract SUD vs Rilhac

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