Nous sommes tous et toutes des enfants de caissières !

L’accablement des travailleurs, des travailleuses et des laissé·es pour compte ne peut pas rester sans conséquences...
mercredi 8 avril 2020

Le gouvernement vient d’allonger la liste des professions bénéficiaires du dispositif d’accueil en temps de crise. Sans surprise, une fleur est faite aux gendarmes et aux policiers. En faisant ce choix, nos dirigeants montrent clairement quelle est la priorité « sociale » pour eux.
Mais doit-on s’en étonner ?

Quand une crise sociale majeure secoue le pays, le gouvernement règle la situation à coups de flash-ball et de lacrymogène, sans avoir pris la mesure des causes et des motivations de ce mouvement d’ampleur.
Quand la jeunesse et les enseignant-es se mobilisent contre des mesures de tri social orchestrées par un ministre de l’Éducation Nationale arrogant et incompétent, l’État n’écoute pas les revendications et envoie les gendarmes dans les établissements. PNG - 25.4 ko
Quand les personnels soignants tirent la sonnette d’alarme pour dénoncer les manques de moyens dans leur secteur professionnel, le gouvernement envoie la troupe et se fait rattraper par une crise sanitaire.
L’État choisit donc de donner des gages à sa main droite (l’armée, la police) et de s’amputer la main gauche (la santé, l’École) mais il va plus loin encore dans sa gestion autoritaire et patriarcale.
Autoritaire d’abord quand il appelle le peuple à l’union sacrée contre le Covid-19 tout en magnifiant les forces de coercition. Ces dernières ne tarderont pas à montrer l’étendue de leur servilité en laissant la bourgeoisie s’élancer vers les résidences secondaires et en s’abattant sur les banlieues.
Patriarcale ensuite car la lecture de la gestion de crise qui nous est donnée en dit long sur sa vision des rapports de domination. En amont, Macron et sa clique ont affiché un réel mépris face aux revendications de la santé et de l’Éducation Nationale, deux secteurs largement féminisés. Maintenant, ils font le choix d’oublier les caissières - car c’est une majorité de femmes - qui sont en première ligne. Sans les garanties qu’offre la fonction publique (on sait ce qu’est la grande distribution en matière de protection et de droit du travail), elles sont à leur poste pour assurer le lien avec les consommations de première nécessité.
Alors pourquoi cet engagement ne serait-il pas salué par les droits accordés à d’autres professions ?
Ce n’est pas une omission c’est un choix délibéré qui ferme la porte aux doléances d’autres secteurs professionnels : les routier·es, les employé·es d’Amazon, les livreurs, les livreuses, les agent·es des collectivités qui nettoient les lieux d’accueil… La liste de ces oublié·es pourrait s’allonger encore.
Mais on le voit bien ce qui se joue en coulisse c’est d’offrir des garanties à ceux qui seront un rempart contre les révoltes à venir (les concessions faites aux policiers pendant la bataille sur les retraites en attestent) car immanquablement l’accablement des travailleurs, des travailleuses et des laissé·es pour compte ne peut pas rester sans conséquences.


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vendredi 15 mai 2020

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