Vaincre le capitalovirus

Des responsabilités à établir et des réformes à combattre
jeudi 23 avril 2020

Confiné-e-s, enfermé-e-s, assigné-e-s à résidence nous n’en restons pas moins prêt à en découdre dès que cette période propice à la réflexion sera terminée.
La partie ne s’annonce pas facile face à un capitalisme qui tend à s’adapter et à profiter de toutes les situations pour toujours plus asseoir son emprise sur nos vies.

Cette crise sanitaire est un nouveau prétexte pour Macron et le néolibéralisme pour continuer son projet politique de destruction du bien commun. Sa première intervention télévisée pour annoncer le confinement en est symptomatique : plutôt que de dévoiler un grand plan de sauvetage et de pérennisation de l’hôpital public en pleine agonie, Macron annonçait des mesures conséquentes pour « sauver l’économie »...

La diffusion du virus, s’est accompagnée de la propagation d’une angoisse et d’une peur généralisée dont le gouvernement s’est vite servi pour proclamer le 23 mars 2020 une série d’ordonnances et de lois instaurant "un état d’urgence sanitaire". Macron avait raison, il est en guerre mais pas contre le virus, comme l’a montrée la piètre et chaotique gestion des stocks de masques, de médicaments et de moyens, mais bel et bien contre les travailleurs et les travailleuses les plus modestes de ce pays : semaine de travail pouvant aller jusqu’à 48h, imposition des RTT et des congés payés, diminution de l’amplitude de repos entre deux journées de travail, flexibilisation du travail de nuit, etc...

Macron est également en guerre contre les femmes qu’il considère, comme ses prédécesseurs, comme une main d’œuvre corvéable et inférieure quant au traitement. 80% des salariés mobilisés en première ligne dans cette crise sanitaire, sont des salariées (infirmières, aides soignantes, caissières, livreuses, employées de grands groupes comme Amazon…). Bien avant le confinement, plusieurs milliers d’entre elles étaient en lutte (notamment dans le secteur hospitalier) pour une amélioration de leur statut et une hausse des salaires qui soit à la hauteur du travail fourni. Le gouvernement ne leur a offert que du mépris... « Ils comptent leurs sous, nous compterons nos morts », voilà ce que disait une banderole dans la manif des soignantes parisiennes en décembre.

"Le monde de demain est à construire", entend on ici et là. Blanquer, qui n’avait pas attendu l’arrivée d’une pandémie pour lancer son opération de privatisation et de destruction du secteur public d’éducation, a saisi l’occasion pour achever le travail : télétravail dans lequel un grand nombre de collègues se sont jetés tête baissée sans se rendre compte qu’ils-elles étaient elles-eux mêmes en train de se passer les chaînes de leur futur exploitation, disparition (momentanée ?) des épreuves du Baccalauréat jusque là symbole républicain concluant les études secondaires et du Diplôme National du Brevet, démagogie dans la gestion de cette épidémie ("Nous sommes prêts ! Nous travaillons étroitement avec le CNED qui peut assurer plus de 5 millions de connexions.")...

Blanquer fait semblant de découvrir qu’il existe des inégalités sociales en France et que tous les enfants n’ont pas de parents pour les aider dans leur travail scolaire, n’ont pas une connexion internet à la maison, n’évoluent pas tous dans un environnement calme et propice aux apprentissages… De fait, si on ne veut pas pénaliser cette catégorie d’élèves, le Bac et le DNB 2020 doivent être attribués à tou-te-s les élèves afin qu’ils ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la fracture numérique et du déterminisme social. Hier nous nous battions contre les E3C, nous ne pouvons accepter aujourd’hui d’octroyer le Bac en prenant en compte le contrôle continu ou même le livret scolaire.

A l’orée d’une nouvelle ère trois questions se posent :

  • Qu’est ce qui nous a précipité dans une telle situation et qui en sont les responsables ?
  • Voulons nous nous enchaîner au tout numérique que la hiérarchie tend déjà à nous imposer (nous avons déjà eu un aperçu du danger que cela représente avec les copies numérisées) au point que demain l’administration nous enjoigne à "faire classe" depuis notre domicile lorsque nous aurons un enfant malade, une jambe cassée ou lors d’une grossesse ? Blanquer a d’ores et déjà annoncé la tenue d’Etat Généraux du Numérique en septembre et ce n’est pas pour parler Tétris ...
  • Et enfin voulons-nous remettre en marche la machine folle du capitalisme pour poursuivre le massacre de la planète et des droits les plus élémentaires ?
     

    Une chose est sûre : au sortir du confinement, il y aura des responsabilités à établir et des réformes à combattre et nous, travailleurs et travailleuses de l’Éducation, comme d’autres pans de la société, nous ne pourront pas nous exonérer de participer à toutes ces luttes. Foutons une bonne fois pour toutes une raclée à ce capitalovirus !

Pétition : Plus Jamais Ça, signons Pour Le Jour D’après

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Sud éduc Grenoble - capitalovirus

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