A nos fossoyeurs

Nous n’oublierons pas...
vendredi 8 mai 2020

Nous pouvons mourir du COVID-19 mais ne succombons pas à l’amnésie collective.

Indécence

Il faut vraiment avoir du sang-froid pour résister à l’envie de jeter son ordinateur ou déchirer son journal quand JM Blanquer fait une déclaration.
Bouffi d’indécence, la larme à l’œil et la main sur le cœur il vient nous expliquer que la reprise de l’école à marche forcée est dans l’intérêt des élèves les plus défavorisés. Ce n’est pas du culot, ni de la bêtise mais une rhétorique bien huilée digne de « 1984 ».
Comment le technocrate qui a participé au démantèlement des RASED (-5000 postes) quand il officiait dans l’ombre de Darcos peut parler en ces termes ? Comment l’architecte de Parcoursup et des E3C, se permet d’évoquer une « bombe à retardement » à propos du « décrochage scolaire » ? Certainement parce qu’il ne rechigne pas à employer les forces de l’ordre pour faire passer ses réformes et calmer les plus récalcitrants. Sans doute parce qu’il bénéficie de la complaisance des journalistes.

Démantèlement

Mais doit-on se contenter de ces explications ? En guise de réponse, on peut s’appuyer sur l’actualité récente. Roselyne Bachelot est présentée comme une bonne gestionnaire puisque de son temps elle avait fait une provision de masques de protection. Ce qui relève d’une anecdote pourrait ainsi faire passer la responsable du démantèlement de la santé publique pour une bienfaitrice. C’est donc oublier sa responsabilité dans l’adoption de la loi dite HPST, en 2007, entrainant dans son sillon la tarification à l’acte, la suppression de nombreux lits hospitaliers et de postes de soignants. Ces personnels battaient le pavé depuis 18 mois pour réclamer des recréations de postes et des conditions de travail décentes quand la crise sanitaire a éclaté.
On pourrait aussi égratigner Valérie Pécresse qui ergote depuis son poste à la région Ile-de-France mais qui est pourtant à l’origine de la LRU, tombeau des universités.

Ni pardon, ni oubli

La colère peut donc nous animer mais ce qui devrait nous indigner c’est notre capacité collective à oublier. Ce qui devrait nous énerver c’est l’amnistie que confère notre oubli à nos fossoyeurs. « Ni pardon, ni oubli » a-t-on pu lire au début du confinement. Ce « monde d’après » que beaucoup appellent de leurs vœux ne pourra se faire qu’à cette condition.

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mardi 7 juillet 2020

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